
Les tourments de l'Amour
Chapitre 2
L'avion atterrit à l'aéroport de New-York aux environs de cinq heures du soir. Mourad, l'homme qui l'avait accompagné l'installa dans une voiture et alla récupérer ses bagages. Une fois dans le coffre, il enfourcha le volant sans un mot jusqu'au centre-ville. Malgré le fort trafic l'homme du désert stabilisa la voiture trente minutes plus tard devant un grand immeuble. Toujours avec le même respect il lui ouvrit la portière en effectuant une petite révérence. Cora fut contraint de sortir malgré ses nausées mais son malaise se dissipa fasse la vue panoramique qui s'offrait à elle : New-York et son couché du soleil. L'empire state building était toujours aussi impressionnant elle se trouvait au cœur.
Son cerveau fit vite de la ramener à la réalité lorsque Mourad lui fit signe d'entrer. Pourquoi était-elle-la ?
_ Que faisons-nous ici Mourad ? Ramenez-moi dans mon ancien quartier.
_ Ce sont les ordres du cheikh madame, dit-il avec son accent typique. Je dois vous mettre en sécurité.
Elle croisa les bras sur sa poitrine refusant de bouger. Il rebroussa chemin et lui tendit une enveloppe dans laquelle elle sorti une clé et une lettre de Zayn d'après l'écriture. Cora y lu des mots qui l'acheva.
« Je t'offre cet appartement en compensation du temps passé ensemble et cette somme d'argent que je transfèrerai sur ton compte privé dans trois jours.
Puisque je n'ai pas pu te rendre heureuse, je te souhaite beaucoup de bonheur ton enfant. Il a intérêt a bien s'occuper de toi.
Zayn el Rahman »
C'était donc comme ça qu'il mettait un terme à leur histoire ? Il la rémunérerait pour lui avoir pris son innocence ? Pour avoir tout quitté pour le suivre ? Pour l'avoir aimée comme personne ne le pourrait jamais ? Une larme solitaire roula sur sa joue mais elle fit vite de l'essuyer rageusement. Elle remit tout en place et rendit l'enveloppe à l'homme :
_ Dites à sa majesté que je me débrouillerai pour me trouver un logement.
_ Mais mademoiselle vous êtes...
_ Je vous dis adieu Mourad, coupa-t-elle. Je prendrais un taxi.
Il baissa la tête, résigné.
_ Mademoiselle permettez-moi de vous conduire à un hôtel. Vous avez tant fais pour moi et pour ma famille, c'est le moins que je puisse faire.
_ Vous ferez mieux de rentrer chez vous. Fatima doit vous attendre.
_ Elle sera furieuse si elle sait que je...laissez-moi vous conduire. Je ne partirais pas d'ici tant que vous n'aurez pas accepter.
Elle regagna le véhicule ne voulant pas faire plus d'histoire.
[...]
Après une bonne nuit de sommeil, Cora longeait les rues de la ville, journal en main, consultant les petites annonces à la recherche d'un emploi. En effet, elle avait refusé tout aide financière de Zayn et le peu d'économie qu'il lui restait pouvait la faire tenir deux mois tout au plus. Et dire qu'il y a à peine 2 jours, elle n'avait pas de soucis financiers, pensa-t-elle ironiquement.
Après plusieurs recherches infructueuses, la jeune femme se dirigea vers une boutique de fleurs dont la propriétaire cherchait une vendeuse à plein temps.
_ Bonjour Madame, je viens pour l'offre d'emploi, dit-elle avec enthousiasme.
La vieille dame la regarda d'un air désolé.
_ Désolée ma petite, mais le poste est déjà pris.
_ Oh... souffla-t-elle déçue. Merci quand même.
Cora sortit de la boutique, déçue, avec l'impression que le sort s'acharnait sur elle. À chaque fois la place était déjà prise. Elle décida de prendre une pause, se paya un sandwich au jambon et s'assit sur un banc près d'une aire de jeux pour enfants. En mâchant lentement son déjeuner, elle regardait les enfants jouer et sourit intérieurement.
Son esprit la projeta trois ans plus tard, courant comme ces femmes après son fils ou sa fille, et ces simples pensées lui redonnèrent de la force.
Quelques minutes plus tard, la jeune femme reprit les recherches plus motivé que jamais. En passant près d'une horlogerie de luxe elle vit dans le parking un homme âgé étaler sur le sol suffoquant.
_ Oh mon dieu, souffla-t-elle.
Il faisait un malaise ! Elle accourut vers lui et essaya de l'amener sur le banc en face du parking.
_ Monsieur ? Qu'est-ce qu'il vous arrive ? Paniqua-t-elle.
_ La boite à gants... dans la boite... à gants.
Le vieil homme pointait du doigt une jeep grise. Elle se dépêcha vers celle-ci, et fouilla dans la boîte à gants. Cora trouva enfin la boite une boîte de comprimés, la prit avec une bouteille d'eau et retourna rapidement près de lui.
Après qu'il se soit remis de son malaise, la jeune femme demanda pour la dixième fois :
_ Vous voulez que j'appelle une ambulance ? Vous sentez-vous encore mal ? Vous voulez encore un peu d'eau ?
Le vieil homme rit.
_ Pour la dixième fois mon enfant, non !
_ Je... pourquoi ne pas avoir pris vos médicaments à temps ? C'est dangereux, j'ai eu une peur pour vous !
_ Je vais bien maintenant, mais pas assez pour conduire. Pouvez-vous me ramener chez moi ? demanda-t-il en toussant.
_ Pas de problème monsieur, dit-elle en l'aidant à se relever.
Ils commencèrent les présentations:
_ Je suis Cora Alexander, ravie de vous rencontrer Monsieur...
_ Mccalister. Grant Mccalister, et c'est moi qui suis ravi de vous avoir rencontré. Si vous n'aviez pas été là, je serai sûrement mort à l'heure qu'il est. Merci infiniment
_ J'ai fait ce que tout être humain aurait fait monsieur, pas la peine de me remercier.
_ Que puis-je dire mon enfant ? Vous étiez au bon endroit au bon moment.
Elle le fit monter à l'arrière de la voiture et grimpa au volant.
En cours de chemin, la jeune femme lui raconta comment elle avait eu son permis dans le but de détendre l'atmosphère. Évidemment, c'était une histoire très stupide et, comme elle l'avait prévu, le vieil homme explosa de rire.
La mâchoire faillit se décrocher lorsque le manoir apparût sous ses yeux. C'était une bâtisse ancienne du style victorien dont la face en pierre blanche. Si elle n'avait pas vécu dans un château, elle aurait sans doute pris ses jambes à son cou. Avant même que la voiture ne fut garée, une très jolie jeune fille aux cheveux blonds ondulés coupés court et ses grands yeux bleus accoururent vers eux :
_ Papa ! Où étais-tu ? demanda-t-elle les larmes aux yeux, j'étais très inquiète.
Elle devait avoir dix-neuf ans tout au plus.
_ Ce n'était pas la peine de te faire du souci ma chérie, je suis allé faire une petite balade et j'en ai profité pour t'acheter une montre, dit-il en lui offrant une boîte.
Elle la prit.
_ Pourquoi tu n'as pas dit à Bernard de t'accompagner ? Ta santé est fragile, et si tu avais eu un malaise ? Le docteur t'a dit de te reposer.
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