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Couverture du roman Les Mensonges du Destin

Les Mensonges du Destin

Pour sauver son héritage, Lena contracte un mariage blanc sans jamais croiser son époux. Un an plus tard, cet inconnu exige le divorce par message avant même leur première rencontre. Révoltée, elle refait sa vie chez Horizon Dynamics auprès du puissant Damian Knight. Elle ignore que son patron énigmatique est l'homme qu'elle a épousé. Alors qu'il refuse désormais de la libérer, Lena succombe à son charme, sans savoir que Damian dissimule un secret qui pourrait tout briser.
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Chapitre 1

Lena observait la grande bâtisse devant elle, son cœur lourd de doutes et d'incertitudes. Les murs de pierre grise du manoir des Grayson semblaient imposants, presque oppressants, comme une prison silencieuse prête à l'engloutir. Elle inspira profondément, serrant dans ses mains les documents juridiques qu'elle tenait. À l'intérieur de ces papiers se trouvait la fin d'une partie de sa vie et le début d'une autre, tout aussi incertaine.

Le dernier souhait de son grand-père résonnait encore dans son esprit. Il avait toujours été l'une des seules personnes à comprendre Lena, à la guider avec douceur mais fermeté. Sa santé déclinante avait imposé ce mariage arrangé, un acte désespéré pour sauver leur héritage familial en déclin. Et c'est ainsi qu'elle se retrouvait ici, devant une porte qu'elle n'avait jamais franchie, prête à épouser un homme qu'elle n'avait jamais rencontré.

Elle s'arrêta devant la porte d'entrée et regarda son reflet dans la vitre. Son visage semblait pâle, ses grands yeux bleus fixaient la jeune femme qu'elle ne reconnaissait plus vraiment. Était-ce là la vie qu'elle voulait mener ? Un mariage sans amour, un sacrifice pour une famille qui attendait d'elle ce geste ultime ?

Le claquement soudain de la porte en bois massif la fit sursauter.

« Mademoiselle Lena, ils vous attendent à l'intérieur. »

Le majordome se tenait devant elle, impeccablement vêtu d'un costume noir, l'air grave. Il ouvrit la porte plus grand, l'invitant à entrer. Lena hocha la tête et prit une dernière inspiration avant de franchir le seuil.

Le salon principal du manoir des Grayson était aussi imposant que l'extérieur : des murs ornés de portraits de famille, des chandeliers suspendus au plafond, et un silence solennel qui pesait dans l'air. Au centre, une grande table en bois sombre sur laquelle étaient disposés des dossiers et des contrats. Autour, trois hommes étaient assis. Son avocat, un représentant de la famille Grayson, et un autre homme qu'elle ne connaissait pas.

Mais l'homme qui aurait dû être là, son futur mari, était absent. Tout avait été si précipité qu'elle n'avait même pas eu le temps de le rencontrer. La famille Grayson avait fait les arrangements nécessaires, disant que son absence était due à des circonstances imprévues, mais Lena ne pouvait s'empêcher de trouver cela étrange.

« Mademoiselle Lena, » commença l'avocat avec un ton formel. « Nous allons procéder au mariage par procuration. Votre futur époux, monsieur Adrian Grayson, n'a pu être présent, mais il a signé tous les documents nécessaires. »

Lena acquiesça, sa gorge nouée. Adrian Grayson... un nom qui lui était inconnu jusqu'à récemment. Elle n'avait que de vagues informations sur lui : un homme d'affaires puissant, héritier de l'empire Grayson, mais toujours discret, presque secret. Comment avait-elle pu se retrouver dans cette situation, unie à un homme dont elle ignorait tout ?

« Je comprends, » murmura-t-elle finalement.

L'avocat poussa quelques papiers vers elle. « Il vous suffit de signer ici, et ici. Cela officialisera le mariage. »

Ses mains tremblaient légèrement alors qu'elle attrapait le stylo. C'était donc ainsi que cela se passait ? Aucune cérémonie, aucun échange de vœux, pas même un regard partagé avec l'homme qui serait désormais son époux. Lena sentit une vague de tristesse l'envahir, mais elle chassa rapidement cette émotion. Ce mariage n'avait rien à voir avec l'amour. C'était un acte de devoir, un sacrifice pour maintenir son grand-père en paix, pour protéger ce qui restait de leur nom.

Elle signa les papiers en silence.

Le représentant de la famille Grayson, un homme d'âge mûr à l'air sévère, lui tendit une enveloppe scellée.

« Monsieur Grayson vous a demandé de lire ceci une fois le mariage finalisé, » dit-il avec une froideur calculée.

Lena prit l'enveloppe sans dire un mot, la glissant dans son sac à main. Quoi qu'il puisse contenir, elle savait que ce ne serait pas un message d'amour. Peut-être des instructions, peut-être une note formelle expliquant les raisons de son absence.

« Félicitations, mademoiselle... ou devrions-nous dire madame Grayson, » ajouta l'avocat avec un sourire poli mais sans chaleur.

Elle hocha la tête mécaniquement. « Merci. »

Le reste de la rencontre se passa dans un flou. Des échanges formels, des signatures, des papiers... Tout semblait tellement irréel. Ce n'est que lorsqu'elle se retrouva à nouveau à l'extérieur, dans l'air frais de l'après-midi, qu'elle réalisa pleinement ce qui venait de se passer.

Elle était mariée. Mariée à un homme qu'elle n'avait jamais rencontré. Un homme qui, jusqu'à ce jour, n'était qu'un nom sur un bout de papier.

Les pensées de Lena se bousculaient alors qu'elle marchait lentement vers sa voiture. La lettre dans son sac pesait lourdement. Que pouvait bien lui dire Adrian ? Pourquoi ne s'était-il pas présenté ? Cette absence semblait bien plus calculée qu'un simple contretemps.

En arrivant chez elle, dans le petit appartement qu'elle louait en attendant de trouver mieux, Lena posa son sac sur la table et regarda l'enveloppe pendant de longues minutes. Une part d'elle-même hésitait à l'ouvrir. Elle craignait ce qu'elle pourrait y découvrir, des mots qui pourraient rendre cette situation encore plus étrange qu'elle ne l'était déjà.

Mais sa curiosité prit finalement le dessus.

Elle déchira doucement l'enveloppe et déplia le papier à l'intérieur. L'écriture était soignée, droite, presque impersonnelle.

** »Lena,**

Je m'excuse de ne pas avoir pu assister à notre mariage. Les circonstances de ma vie actuelle m'ont empêché de me rendre disponible. Ce mariage, comme vous le savez, est une alliance de convenance. Nous avons chacun nos propres vies et il est important de les respecter. Je ne vous demanderai jamais rien, et j'attends de vous la même considération. Nous n'avons pas besoin de nous rencontrer. Vous êtes libre de vivre comme vous l'entendez, tant que nos deux familles sont satisfaites des arrangements.

J'espère que vous comprendrez la nature de cette situation.

Adrian Grayson. »

Lena relut la lettre plusieurs fois, ses mains tremblantes. Une alliance de convenance. Aucune rencontre. Aucun échange, ni aujourd'hui, ni jamais.

Elle s'assit, abasourdie par l'ampleur de la froideur et de la distance qui transparaissait dans ces mots. Qu'avait-elle espéré, au fond ? Qu'il serait différent ? Qu'il essaierait au moins de faire semblant ?

Leurs vies resteraient séparées, chacune dans son propre coin du monde, reliées uniquement par un bout de papier.

Une larme roula sur sa joue, mais elle l'essuya rapidement. Il était hors de question de se laisser abattre. Ce mariage n'avait jamais été synonyme de bonheur, elle le savait depuis le début. C'était un accord, un contrat, rien de plus.

Mais malgré tout, une part d'elle-même, aussi infime soit-elle, avait espéré autre chose.

Lena replia la lettre, la rangea dans son sac, et se redressa. La vie devait continuer. Elle avait une nouvelle page à écrire, même si celle-ci commençait dans l'obscurité la plus totale.

« Très bien, Adrian Grayson, » murmura-t-elle pour elle-même. « Si c'est comme ça que tu veux jouer, alors soit. Je n'ai pas besoin de toi. »

Elle se regarda une dernière fois dans le miroir de l'entrée, son reflet montrant une femme déterminée à ne pas se laisser abattre. Elle avait survécu à bien pire dans sa vie. Ce mariage, cet homme, n'étaient qu'un obstacle de plus.

Lena sortit de son appartement, prête à affronter ce qui viendrait ensuite, le cœur lourd, mais l'esprit résolu.

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