
Les frasques de Patricia
Chapitre 2
1- Le diner
Cela fait exactement une semaine que je reçois un à deux textos du même numéro inconnu tous les jours. Les deux premiers jours c’était «j’espère que vous n’êtes pas en train de chercher qui je suis? Vous le savez déjà… la vie est courte profitez» ou encore «Respirez un bon coup le temps n’attend pas».
Je ne savais que penser mais un truc est sûr, je n’allais pas me rabaisser à répondre à ces jeux de gamins. À partir du 3ième jour, j’effaçais sans même prendre la peine de les lire. À quoi bon les lire je n’allais pas y répondre. Si le ou la concerné(e) voulait me parler, il ou elle sait ou me joindre apparemment. Bien évidemment, Stéphanie ne l’entendait pas de cette oreille pour elle, il fallait que je réponde ça n’allait rien me couter et surtout je saurai enfin qui est l’inconnu. Mais bon je refuse de renchérir et c’est mon choix.
Ah oui je vous avais dit que je devais aller chez ma sœur, ce week-end. Avec du recul, je ne sais plus si c’était une bonne idée mais bon vous aller m’aider sans doute à me décider la dessus.
Ma sœur habite à Québec, me voilà vendredi soir prendre la route pour 5 heures avec comme motivateur Arafat, Debordo (chanteurs ivoiriens) sinon le sommeil est assuré. Après deux poses café sur la route, j’arrive saine et sauve mais tellement fatiguée que je ne rêve que de dormir. À peine arrivée, ma sœur entre deux bâillements me dit :
Fabi : demain pardon faut te réveiller tôt on doit faire les courses, il y’a des gens qui viennent manger à la maison aussi tu vas m’aider.
Moi : ah ça non je ne suis pas venue pour faire la bonne hin. Nounou si tu veux mais affaire de bonne je ne suis pas dedans. D’ailleurs tu m’as invité je vais m’asseoir comme les autres.
Fabi : mais tu fais rire hin qui t’a demandé ton avis même?? J’ai sommeil je t’ai attendu il est minuit bientôt donc à demain.
Vous voyez les grandes sœurs? Le droit d’ainesse c’est devenu dictature? Tellement claquée je ne réponds même pas.
Samedi matin 10h, je sens que le soleil est au zénith. La chipie vient d’ouvrir les rideaux.
Moi : Orrr tu étais sérieuse? J’ai sommeil fabi, j’ai conduit seule hier soir pardon une heure et puis je t’aide?
Fabi : tu ne sais même pas il est quelle heure? Et puis tu dis une heure? Lèves toi pardon il est 10h passé… Si tu ne te lèves pas j’appelle Dylan et sa batterie ils vont s’en charger…
Je ne réponds même pas. Elle ne va pas oser elle n’est pas folle. On n’est pas au camp militaire à ce que je sache. Je la vois sortir de la chambre. À peine je sens mes paupières s’alourdir à nouveau que j’entends un tambourinement prêt à réveiller les morts.
Merdeeeeee elle a osé!!!! Je le vois avec sa touffe et son petit sourire tout content ce qui n’est pas mon cas mais alors la pas du tout.
Moi : Oh craaapppp … Dydy viens vois tata laisse la batterie s’il te plait… Viens!
Il n’a pas l’air de m’écouter du tout. Il est à fond dans son massacre sonore. Ma sœur a gagné, je n’ai pas la force de lutter et le sommeil même s’en est allé face à son plus grand adversaire : le BRUIT. Je me lève tant bien que mal prête à lui enlever cette chose des mains.
Moi : Bonjour mon petit monstre
Dylan : Tata
Moi : oui mon cœur ça va?
Dylan : Oui (suivi d’un charabia dont il est le seul à comprendre. Sa mère aussi à tendance à croire qu’il dit des choses audibles mais bon…).
Fabi: (en rentrant dans la chambre) Ayii tu n’as pas dis tu va dormir dans une heure? (avec tant de malice) Je te laisse et tu te réveilles? Qu’est ce qui n’a pas marché?
Je la toise et ne relève même pas ses propos. Elle a la chance j’ai Dydy dans les bras quoi. Je vais juste aller prendre ma douche et faire ces courses avant qu’elle ne trouve une autre farce.
J’ai bien trainé dans la douche, son cœur est mal chaud il est midi quand je suis prête. Je suis toute contente de l’avoir bien fait c****.
Après 4h de courses, je suis éreintée pendant que j’ai l’impression que la chipie est animée par une pile électrique. C’est impossible de marcher dans un supermarché pas un magasin de vêtements et avoir autant de peps.
Moi : attend tu as quoi et puis tu es contente comme ça la?
Fabi : comment ça?
Moi : depuis matin on marche dans le supermarché. Je suis épuisée limite morte. Toi tu es contente comme si on était en train de te faire un massage?
Fabi : hannn loool tu sauras très bientôt ma chère.
Bon apparemment la nouvelle qu’on doit m’annoncer mets du baume au cœur. Je vais patienter alors. Je n’ai pas vraiment le choix de toute façon. Ma sœur est étrange quand même. Une fois arrivée à la maison, elle me dit :
Fabi : tu peux aller te reposer hin ton réveil n’a pas été facile… rattrape tes heures de dodo perdues… en plus tu as des cernes
Moi : toi tu me caches quelque chose de pas net. D’aller me coucher tu vas cuisiner toute seule???
Fabi : oui tu as dit tu es fatiguée non? Et puis tu es mon invitée aujourd’hui. Profite du moment le temps que Dydy est sorti avec son papa sinon tu ne pourras plus dormir. Les invités sont prévus pour 19h donc tu as un bon 3-4h de sieste. Files…Je vais venir te réveiller en douceur promis!
Sans rechigner, je me dirige vers la chambre pour profiter de mon moment de répit. Je dors profondément avant de me réveiller de mon propre chef. Je regarde à ma montre il est 18h moins 10. On reçoit apparemment des invités donc je vais prendre ma douche et au moins faire la table s’il n’est pas trop tard. Une fois prête, je sors vérifier si tout est fini.
Je suis éblouie par ce que je vois. Ma sœur n’a pas fait dans la dentelle. Elle a dressé la table des rois. Elle pourrait recevoir Obama dans cette atmosphère. La salle à manger est plongée dans une atmosphère pire que romantique. La nappe toute blanche avec que des accessoires de couleur or. Elle a même sortie les chandeliers de surcroit la pièce est surplombée par une odeur de cannelle. Mon dieu je suis fière de son travail. Restée dans mes pensées :
Fabi : tu aimes?
Moi : (en sursautant) mais tellement… wow im speechless…
Fabi : contente alors que ça te plaise tu es prête?
Moi : oui oui
Fabi : Moi je vais aller prendre ma douche. Tout est prêt. Il n’y a plus rien à faire juste regarde le rôti au four je ne veux pas qu’il devienne sec. Verse la marinade toutes les dix minutes.
Moi : pas de soucis.
Assise devant la télé, me tournant réellement les pouces, Mr et Mme sont dans la chambre en train de s’apprêter. J’espère vraiment que ces invités sont des personnalités parce que trop de cinéma par ici. En me levant pour faire savoir que je m’ennuie, j’entends la sonnerie retentir. Je me dirige vers la porte pour l’ouvrir. Dans l’œil de bœuf bien évidemment je vois une jeune femme que je ne connais pas.
Moi (en ouvrant la porte) : Bonjour
La demoiselle : Bonjour… Tu dois être la petite sœur de Fabienne?
Moi : Oui oui entrez… Je suis Patricia…
La demoiselle : Mon dieu on aurait dit des jumelles, ta sœur et toi.
Moi je suis Sylvia
Moi : Enchantée mais entrez ne restes pas au seuil de la porte avec tout ce que ma sœur a prévu pour vous. Ça serait un gâchis de ne pas y gouter (en voulant refermer la porte…)
Sylvia : Euh il y a mon frère qui arrive
Moi : ah ok…
Sans me retourner, je sentais déjà la présence d’une personne dans mon dos. Il sentait fort l’homme. Il a du se laver dans l’eau de parfum celui-là. Je vous promets il a une odeur a déboucher le nez, le genre d’odeur qui efface toutes les autres. Par un raclement de gorge, je me retourne et je tombe face à lui. Mon dieu noooon pas lui! De quoi gâcher le diner.
__ : comme on se retrouve?
Moi : Étions-nous perdus?
Sylvia : Vous vous connaissez??
Moi (en m’empressant) : Non je ne le connais pas (en boudant presque)
__ (avec un sourire aux lèvres) : Sisi on se connait en tout cas moi je la connais presque parfaitement même je dirai.
Moi : arrêtez de raconter n’importe quoi! On a eu à échanger une seule fois et en plus dans le cadre professionnel Mr Aka!
Eh oui vous l’avez deviné. Cet emmerdeur est devant moi encore une fois.
Fréderic : Oh Mlle Esmel on est plus dans l’enceinte de votre bureau vous pouvez m’appeler Fréderic ou même Fred.
Moi :…
Fred : on se tutoie pour changer? (à sa sœur) Eh ben je ne savais pas que ta copine avait une sœur si charmante. Je ne regrette point de t’avoir accompagné. Je te dirai même merci.
Moi : tu vas rester dehors?
Fred : on y vient petit à petit (en rentrant) très belle maison!
Fabi : merci! (en arrivant du couloir) Vous devez être le frère de Sysy c’est bien ça ?
Fred : oui Frédéric enchanté de vous rencontrer. Wow la ressemblance avec Pati est frappante. Vous êtes jumelles?
Fabi : (en me regardant d’un regard inquisiteur) ah mais dis donc les choses vont vite ici. On est déjà au diminutif?
Fred : on avait déjà eu à se rencontrer auparavant.
Fabi : ah oui mais tant mieux alors. Mais Pati tu ne m’avais pas dit ça?
Moi : peut-être parce que ce n’était pas important je l’avais moi-même oublié (en le regardant droit dans les yeux pour bien lui faire savoir qu’il m’était indifférent).
Je n’arrivais pas à croire que j’allais me coltiner ce frimeur toute la soirée. Par contre sa sœur à l’air d’être un amour, tellement elle est douce.
On est au salon mon beau-frère amuse la galerie comme d’habitude. Voici un autre fou! Sylvia est pliée de rires face aux blagues de Jean-François.
Sylvia : avec un homme pareil ma chérie tu ne dois pas t’ennuyer hin
Fabi : ah ça tu l’as dit!
Sylvia : alors Patricia tu es mariée? Ou un fiancé?
Je sens les yeux de Frédéric direct sur ma personne comme si il attendait la réponse avec impatience.
Moi : Non rien de tout ça, je suis mariée avec mon boulot.
Fabi : ma sœur c’est une mordue du boulot… elle gaspille sa beauté avec les dossiers.
Frédéric (en murmurant) : totalement d’accord
Silence… Un ange passe… Heureusement que JF a rompit ce silence.
JF : bon ce n’est pas tout mais on commence à avoir faim bébé
Fabi : Oui oui on va passer à table (à moi) tu viens m’aider s’il te plaît?
Elle le sait que j’ai besoin de parler avec qu’elle. C’est quoi ce guet-apens qui m’a l’air d’être un date arrangé. Elle le sait que je n’aime pas ce genre de trucs. Quand est ce qu’elle va comprendre que chacun trouve son plaisir autre part et pas uniquement dans le sexe opposé. Moi j’ai donné ma part déjà. Arrivée dans la cuisine, je n’attends même pas que la porte se referme complètement.
Moi : c’est quoi ce truc?
Fabi : euh… mais quoi?
Moi : Fais pas l’innocente… Tu sais bien de quoi je parle… Je suis
si désespérée que ça selon toi ? Au point ou ma super grande sœur m’arrange des dates?
Fabi : mais non ne le prends pas comme ça… c’est arrivé comme ça. C’est une coïncidence qu’il soit là. On en parlera après pour le moment détend toi. Il a l’air de t’apprécier en plus!
Moi : pffff… il me saoule avec son air arrogant tu n’as pas idée! C’est le client de la dernière fois…
Fabi (ébahie) : oooohhh ok… celui que tu trouves beau??
Moi : arrêtes de raconter des conneries. Je vais aller me coucher si ça continue!
Fabi : prends le plat la bas et mets sur la table. Tu vas aller dormir ou? Avance laisse le passé loin de toi petite! Tu ne vois pas que ça te fais perdre ton temps pour rien?
Elle me saoule à me faire des remontrances. C’est facile de dire d’avancer quand ce n’est pas toi qui vis les situations. J’aimerais bien la voir à ma place. Non! Non! Non! Que Dieu épargne cette souffrance même à mon pire ennemi encore moins à ma sœur. Je ne suis pas prête à vous en parler. Laisser moi prendre le temps de vous connaitre d’abord. Je n’en parle plus avec personne d’ailleurs. Avec le temps sans doute, on verra bien.
Assise en face de Frédéric bien évidemment, il n’arrête pas de me dévisager. Il m’indispose limite. Tous les deux, on ne participe pas vraiment à la conversation de table. Je mange en silence. Je ne veux rien dire j’ai juste hâte que ça finisse et qu’il rentre chez lui
mais c’était mal connaitre ma sœur.
Fabi : Mais Pati, tu vois tu pourras rentrer avec Frédéric demain.
Moi : pardon… Non merci je suis venue avec ma voiture donc c’est correct. Merci
Fabi : mais il est venu en train et il dit avoir perdu son billet retour d’ailleurs donc voulais prendre l’avion ou prendre un autre billet. Mais vous pouvez partir ensemble. Il t’aidera à conduire je sais que tu détestes ça.
Elle est sérieuse elle?? Elle fait exprès ou elle veut vraiment que je devienne folle. Là à ma place vous auriez répondu quoi? Et elle me regarde genre elle me fait une faveur.
Moi : euh…
Fabi : tu vois Frédéric, elle ne mord ma petite sœur. Il faut savoir la prendre c’est tout.
Frédéric : tu m’apprendras alors…
Regardez-moi celui-là qui fait le fin. Où est passé son arrogance? Il se joue les aimables. Eh ben il se trompe moi j’ai déjà vu dans son jeu. Il peut séduire ma sœur s’il veut mais moi il ne m’y prendra pas.
Fred : Tu n’es pas obligé tu sais?
Moi : en effet je le sais. Demain je pars tôt vers 13 -14h. j’ai un RDV important lundi matin .
Fred : oui je sais le RDV est avec moi. Tu te rappelles ?
Oh craaap je l’avais oublié même… pffff
Fabi : tu peux nous envoyer le dessert s’il te plait Pati?
Frédéric : Je viens t’aider…
Moi : Non ça va merci pour prendre un gâteau il ne faut pas plusieurs personnes.
Frédéric : je sais j’essaie juste d’aider. Je vais débarrasser en même temps.
Il se leva sans plus attendre mon approbation. Il commence sérieusement à me taper sur les nerfs. À voir ma sœur, elle était toute charmée. Il arrive à lui faire croire son baratin ce n’est pas croyable. Il me rejoint dans la cuisine chargé des assiettes sales.
Moi : mets les dans le levier je vais les rincer tantôt avant de les mettre dans la machine. Merci
Fred : tu n’as pas besoin d’être froide avec moi…tu sais?
Moi : on ne se connait pas arrête de faire comme si c’était le cas
Fred : tu ne me laisses pas l’occasion de rectifier le tir. Laisse-moi te connaitre…
Moi : Non merci ça ne m’intéresse pas. Je n’ai pas le temps de faire joujou.
Fred : c’est donc ça le problème… tu as peur?
Moi : pfff Mr l’expert est de retour pense ce que tu veux… je n’en ai rien à faire…
Fred : tu te lâches dis donc… Où est passé la jeune fille polie de lundi dernier?
Moi : s’il te plait. Laisse-moi respirer…
Fred (en se rapprochant de moi) : tu trouves que je t’étouffe?
Je prends le gâteau et sors de la cuisine sans me retourner. La température commençait à monter d’un cran. Il est fou ce jeune homme.
On finit le diner sans troubles majeurs. Frédéric n’arrête pas de me regarder. Il a les yeux fixés sur mes lèvres j’ai l’impression. Je ne regarde pas dans sa direction pour ne pas avoir à confronter son regard. Cet homme m’indispose. Comment je ferai demain dans la voiture? Ou encore lundi matin au boulot? Ma sœur ne sait pas dans quel bourbier elle m’a mis… elle devrait apprendre à se mêler de sa vie.
Le diner tire à sa fin. Sylvia est vraiment une fille charmante. Je l’apprécie beaucoup. Elle me demande même mon numéro pour ses futurs placements comme elle dit, je pourrai la conseiller.
Fred : tu viens me prendre à quelle heure demain pour qu’on parte.
Moi : à 13h sois prêt!
Fred : moi je ne suis jamais en retard…
Je sens que ça ne sera pas de tout repos sa connaissance. Après un nettoyage je fais savoir à ma sœur que je ne veux pas discuter de quoi que ce soit avec elle.
Je l’aide à nettoyer et à ranger dans un silence de sourd. Je suis fatiguée si j’ouvre ma bouche elle voudra qu’on en reparle encore. Je ne veux plus en parler ni de ca ni de autre chose pour ce soir. J’ai eu ma dose.
Avant d’aller me coucher, je reçois un texto de ce même numéro inconnu «Ne passe pas ton temps à repousser les opportunités». Oui celui-là je l’avais lu. J’en avais marre il fallait que je réponde avant de l’effacer. Non trop d’honneur… Ah bien y penser et si c’était Fred? Je reçois des messages depuis le jour de notre rencontre... je dois me faire des idées il est peut être arrogant mais pas psychopathe. N’est-ce pas??
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