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Couverture du roman Les Épices du Mensonge

Les Épices du Mensonge

À Londres, le milliardaire Lucas Ford fuit son empire pour l'anonymat. Sous une fausse identité, il rencontre Emma, cheffe du Jardin d'Épices au passé marqué. Leur attirance naît entre confidences et saveurs, mais repose sur un mensonge crucial. Quand Emma découvre la puissance financière de l'homme qu'elle aime, la trahison occulte la passion. Entre rachat et secrets, leur lien survivra-t-il à ce choc ? Une romance intense où la vérité est le prix ultime de l'amour.
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Chapitre 2

La jeune femme leva les mains en signe de reddition, comprenant qu'il était inutile d'insister ce soir.

- Très bien, chef. Mais tu vas finir par exploser.

Emma secoua la tête et reprit son torchon pour essuyer un verre, même s'il était déjà propre. Sophie n'insista pas et retourna en cuisine, laissant Emma seule dans la salle.

Elle s'appuya un instant contre le bar, passant une main dans ses cheveux défaits. Fatigue. C'était la seule chose qu'elle ressentait vraiment ces derniers temps. La fatigue d'avoir aimé quelqu'un qui n'était pas prêt à se battre pour elle, la fatigue d'avoir cru en un avenir qui s'était effondré du jour au lendemain.

Quand Alex était parti, il n'avait pas fait de scène. Pas de cris, pas de disputes. Juste ces mots froids et tranchants :

"Je ne t'aime plus comme avant."

Rien à répondre à ça. Pas de négociation possible face à l'évidence. Il l'avait laissée là, au milieu du salon, avec une boîte pleine de souvenirs et un cœur en miettes. Alors, elle s'était jetée à corps perdu dans le restaurant. Plus de place pour l'amour, plus de place pour l'attente ou la déception. Juste les commandes, les clients, les factures, les cuisines en feu.

Un bruit derrière elle la sortit de ses pensées.

- Chef, on a un problème.

Elle tourna la tête et vit Paul, l'un de ses serveurs, avec une expression désolée sur le visage.

- Quoi encore ?

- Lucie a appelé, elle est malade. Elle ne pourra pas venir demain soir.

Emma ferma les yeux un instant. Lucie était l'une des rares personnes sur qui elle pouvait compter en salle. Perdre une serveuse un samedi soir, c'était une catastrophe.

- Et Anton ?

- Il a un mariage dans sa famille, il a posé sa soirée depuis des semaines.

Elle réprima un soupir exaspéré. L'équipe tournait déjà en sous-effectif, et maintenant, elle allait devoir gérer une soirée chargée avec un personnel réduit au strict minimum.

- Très bien. On fera avec.

- On est déjà juste niveau staff, chef...

- On fera avec, Paul.

Il n'ajouta rien, comprenant que la discussion était close. Mais Emma savait qu'elle demandait l'impossible à son équipe.

Quelques minutes plus tard, elle ferma la porte derrière les derniers clients et tira lentement le rideau métallique. La rue était calme, bercée par le bruit lointain de la ville qui ne dormait jamais vraiment. Elle prit une grande inspiration, laissant l'air frais chasser l'étouffement de la journée.

Sophie sortit derrière elle, enroulant son écharpe autour de son cou.

- T'as besoin que je vienne plus tôt demain ?

Emma hésita. L'envie de tout porter seule était là, comme toujours. Mais Sophie était une alliée précieuse, une des rares personnes à ne pas la ménager tout en restant loyale.

- Oui, ce serait bien.

Sophie hocha la tête.

- Essaie de dormir un peu, au moins.

Emma haussa les épaules et la regarda s'éloigner dans la nuit avant de faire quelques pas en direction de son appartement. Elle habitait à quelques rues du restaurant, un petit studio perché au-dessus d'une librairie. Un endroit modeste, mais qui lui suffisait.

Arrivée chez elle, elle se débarrassa de ses chaussures et s'écroula sur son canapé. Son téléphone vibra. Un message d'un numéro qu'elle connaissait trop bien.

"J'espère que tu vas bien."

Alex.

Emma fixa l'écran, la mâchoire serrée. Qu'est-ce qu'il voulait ? Après des mois de silence, pourquoi ce message ?

Elle aurait pu répondre. Elle aurait pu l'appeler et lui dire tout ce qu'elle avait gardé en elle. Lui demander pourquoi. Pourquoi il l'avait laissée, pourquoi maintenant il revenait, pourquoi elle n'arrivait pas à tourner la page.

Mais elle effaça le message et jeta son téléphone sur la table basse.

Elle n'avait pas le temps pour ça. Pas le temps pour les fantômes du passé. Demain, elle devrait gérer un restaurant avec une équipe épuisée et trop peu de mains.

Alors elle ferma les yeux, ignorant le poids sur sa poitrine. Parce qu'il fallait avancer, encore et encore, même si une partie d'elle voulait juste s'arrêter et respirer.

La pluie fine tombait sur Londres, habillant les rues d'une brume délicate. Lucas avançait d'un pas lent, les mains dans les poches de son manteau, savourant cette solitude qu'il était venu chercher. Après des années passées à courir derrière des contrats, des actionnaires et des profits, il goûtait enfin à une liberté précieuse, loin des regards scrutateurs et des attentes écrasantes. Ici, personne ne connaissait son nom. Il pouvait redevenir un homme ordinaire, un voyageur anonyme perdu dans une ville où chaque coin de rue recelait une nouvelle découverte.

C'est ainsi qu'il tomba sur Le Jardin d'Épices.

L'enseigne, discrète et élégante, tranchait avec les devantures criardes des pubs environnants. Derrière la vitre, la lumière tamisée dessinait une atmosphère chaleureuse, et un parfum envoûtant flottait jusque dans la rue. Une promesse de saveurs, d'ailleurs et d'authenticité. Il hésita un instant avant de pousser la porte.

Une clochette tinta doucement au-dessus de sa tête.

L'intérieur était à l'image de ce qu'il avait imaginé : intime, raffiné, mais sans ostentation. Quelques tables étaient encore occupées malgré l'heure tardive. Des rires discrets s'élevaient ici et là, mêlés au cliquetis des couverts contre la porcelaine. Il s'approcha lentement du comptoir, balayant la salle du regard avant de croiser celui d'une femme.

Elle était debout derrière le bar, en pleine discussion avec un serveur. De loin, il perçut la fatigue dissimulée sous son expression concentrée, l'élégance sans effort de ses gestes, la manière dont elle tapotait nerveusement le bois du comptoir du bout des doigts. Une femme habituée à tout gérer, à tout porter sur ses épaules.

Elle détourna finalement les yeux pour se tourner vers lui, adoptant un sourire professionnel.

- Bonsoir, bienvenue au Jardin d'Épices. Vous êtes seul ?

Sa voix était douce, posée, mais Lucas perçut une pointe de lassitude derrière sa politesse. Il hocha la tête.

- Oui.

Elle lui désigna une table près de la fenêtre.

- Installez-vous, je vous apporte la carte.

Il obéit sans un mot, observant du coin de l'œil la façon dont elle donnait quelques directives rapides à ses employés avant de revenir vers lui avec un menu.

- Vous connaissez notre restaurant ?

- Non, je passais dans le quartier et j'ai été attiré par l'odeur.

Un sourire fugitif effleura ses lèvres.

- On dit souvent que la cuisine est la meilleure publicité.

- J'imagine que c'est vrai.

Il baissa les yeux vers la carte, parcourant les plats aux noms évocateurs. Cuisine fusion, épices du monde... Un choix éclectique qui témoignait d'un certain savoir-faire.

- Des recommandations ? demanda-t-il en relevant la tête.

Elle haussa légèrement les épaules.

- Tout dépend de ce que vous aimez. Mais notre curry aux écrevisses est un incontournable.

- Vendu.

Elle nota rapidement la commande avant de lever un regard curieux vers lui.

- Vous n'êtes pas d'ici, si ?

Lucas esquissa un sourire.

- Ça se voit tant que ça ?

- Disons que vous avez l'air d'un homme qui découvre, plutôt que d'un habitué.

Il hocha lentement la tête.

- Vous avez raison. Je suis à Londres pour une... pause.

- Une pause ?

- Du travail. De la vie.

Elle haussa un sourcil, mais ne posa pas plus de questions.

- Dans ce cas, j'espère que vous apprécierez votre soirée ici.

Elle s'éloigna avant qu'il ne puisse répondre, retournant derrière le comptoir où l'attendait une pile de papiers. Lucas la suivit un instant du regard avant de reporter son attention sur la salle. Il aimait ce genre d'endroits, où les âmes semblaient se croiser sans se heurter, où chacun trouvait un petit refuge dans un plat bien préparé.

Quelques minutes plus tard, son assiette fut déposée devant lui.

- Voilà votre curry aux écrevisses.

Il inspira profondément, appréciant les arômes relevés qui s'en dégageaient.

- Ça sent incroyablement bon.

- J'espère que ça vous plaira autant que ça sent bon.

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