
L'Épouse Trahie et le Bébé Perdu
Chapitre 3
Leïla a senti ses jambes flancher. Elle s'est rattrapée au bord de la table de broderie, faisant tomber des bobines de fil. Le bruit a alerté tout le monde.
« Leïla ! »
Hugo est entré en trombe dans l'atelier. Il avait dû entendre le bruit depuis son bureau. Il a écarté les autres et s'est précipité vers elle, le visage déformé par l'inquiétude.
« Mon amour, qu'est-ce qui se passe ? Tu es pâle. Tu as trop travaillé. »
Il l'a prise dans ses bras. Son odeur, ce parfum qu'elle avait tant aimé, lui a donné la nausée. Il jouait son rôle à la perfection. Le mari dévoué et inquiet.
Des souvenirs ont afflué dans son esprit, brouillant sa vision. Leur première rencontre, à la sortie de l'école d'art. Elle avait fait tomber tous ses croquis dans une flaque d'eau. Il s'était arrêté, avait ramassé chaque feuille une par une, avec une infinie patience.
Leurs retrouvailles, des années plus tard. Elle était une jeune brodeuse, il était déjà une étoile montante. Un critique célèbre avait méprisé son travail devant tout le monde. Hugo l'avait défendu avec une telle férocité que le critique avait dû s'excuser publiquement. Ce jour-là, il lui avait prouvé son amour.
Puis leur vie commune. Cet amour était devenu une cage dorée. Il choisissait ses vêtements, ses amis, même ses lectures. Une fois, elle avait essayé de s'affirmer, d'accepter un projet personnel sans son accord. Il était entré dans une colère froide qui l'avait terrifiée. Elle avait abandonné.
Il l'a aidée à s'asseoir. Il s'est agenouillé devant elle et a sorti un petit écrin de sa poche. Le même écrin que celui de la bague qu'elle venait de donner à Camille.
« Je sais que c'est soudain, mais je voulais te faire une surprise. Pour nous. Pour notre amour. »
Il a ouvert la boîte. Une autre bague, un saphir cette fois, entouré de diamants. C'était magnifique. Et c'était un mensonge. Il lui offrait un bijou pour se dédouaner, pendant que sa maîtresse portait le symbole de leur union. Le dégoût l'a submergée.
Ce soir-là, à la maison, il a essayé de l'embrasser. Elle s'est détournée.
« Je suis fatiguée, Hugo. »
Il n'a pas insisté. Il est allé prendre sa douche. Quand il est revenu, en peignoir, elle a vu la marque sur son cou. Une petite morsure d'amour, presque effacée, mais bien là. Une preuve fraîche de sa trahison.
Plus tard dans la nuit, un orage a éclaté. Leïla avait une peur panique des orages depuis un traumatisme d'enfance. Elle tremblait dans le lit.
« Hugo, reste avec moi, s'il te plaît. »
Il la tenait dans ses bras, mais son téléphone a vibré sur la table de nuit. Il l'a regardé. Son expression a changé.
« Je dois y aller, mon amour. Une urgence à l'atelier. »
Il l'a quittée, la laissant seule avec sa peur. Cinq minutes plus tard, son propre téléphone a vibré. C'était encore ce numéro inconnu. Une photo. Chloé, l'air effrayé, dans les bras d'Hugo. Il la serrait fort. Le message disait : « Il est venu me protéger de l'orage. Il dit que je suis la seule qui compte. »
Vous aimerez aussi





