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Couverture du roman L'épouse et la bête: une tragédie

L'épouse et la bête: une tragédie

Sophie, ma femme, a tué notre chien avant de me livrer à ses molosses. Devenu un spectre, je vois cette femme cruelle manipuler mon héritage et accuser Marc, son amant, de ma disparition. Seul mon grand-père, Gérard, dresseur émérite, devine l'horreur. Entre trahisons et folie, Sophie finit par massacrer ses complices avant de subir le courroux de Gérard. Sous les coups de batte brisant ses os, celle qui me tortura est traitée comme une bête, offrant enfin la paix à mon âme tourmentée.
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Chapitre 2

Le Loulou de Poméranie, une petite boule de poils blancs nommée Flocon, jappait joyeusement aux pieds de Sophie.

Elle le regarda avec un dégoût non dissimulé, son visage parfait déformé par la haine.

« Tais-toi, sale bête. »

Sa voix était aussi froide que le marbre de l'entrée du manoir.

Alexandre Dubois, son mari, se précipita.

« Sophie, qu'est-ce que tu fais ? C'est juste un chien. »

« Un chien ? »

Elle éclata d'un rire strident, un son qui n'avait rien d'humain.

« Cette... créature géante a failli faire faire une crise cardiaque à Marc ! Tu as vu comment il tremblait ? Tu l'as fait exprès, n'est-ce pas ? Pour le traumatiser ! »

Marc, son amour d'enfance, l'artiste bohème au cœur prétendument fragile, était sa seule obsession, le centre de son univers.

Alexandre, dresseur de chiens de renommée internationale, regarda sa femme, incrédule.

« Sophie, c'est un Loulou de Poméranie. Il pèse à peine deux kilos. Comment pourrait-il traumatiser qui que ce soit ? »

« Je ne veux rien savoir, » siffla-t-elle, ses yeux brillant d'une lueur cruelle. « Tu vas apprendre à respecter les sentiments de Marc. Je vais te donner une leçon. »

Sous les yeux horrifiés d'Alexandre, elle leva son pied, chaussé d'un escarpin au talon aiguille vertigineux.

Le talon s'abattit sur le petit corps de Flocon.

Un cri strident, un son de craquement horrible, puis le silence.

Alexandre resta figé, le souffle coupé par l'horreur. Le petit corps blanc était maintenant une tache rouge et informe sur le sol immaculé.

« Toi, » ordonna Sophie à deux de ses gardes du corps massifs qui se tenaient en retrait. « Emmenez-le. »

Alexandre ne put réagir, paralysé par le choc et la douleur. Les gardes le saisirent par les bras et le traînèrent vers la cave.

La cave à vin, autrefois remplie de grands crus, était désaffectée, humide et sentait le moisi. Ils le jetèrent à l'intérieur sans ménagement.

La porte en ferraille grinça.

Alexandre se releva, tremblant, et se précipita vers la porte, martelant le métal de ses poings.

« Sophie ! Ouvre ! S'il te plaît, Sophie ! »

Il entendit des grognements sourds derrière lui, des sons graves et menaçants qui firent se glacer son sang.

Il se retourna lentement.

Dans l'obscurité, deux paires d'yeux jaunes le fixaient. Deux Dogues de Bordeaux, massifs comme des veaux, les babines retroussées sur des crocs luisants de bave, avançaient lentement vers lui.

La terreur pure, primale, s'empara d'Alexandre. Il recula jusqu'à ce que son dos heurte la porte froide.

« SOPHIE ! NON ! PAS ÇA ! JE T'EN SUPPLIE ! »

Sa voix était brisée par la panique.

De l'autre côté de la porte, il entendit sa voix, glaciale et sans la moindre trace d'émotion.

« Tu aimes tant les chiens, n'est-ce pas, mon chéri ? Eh bien, tu vas en avoir assez. »

Puis, le silence. Juste le son des pas de Sophie qui s'éloignaient, et les grognements des molosses qui se rapprochaient.

Alexandre ferma les yeux, les larmes coulant sur ses joues. La première morsure fut une douleur fulgurante à la jambe, suivie d'une autre, et encore une autre. Ses cris d'agonie se perdirent dans l'indifférence de la grande maison.

Il fut dévoré.

Deux heures plus tard, Sophie était assise dans le salon Louis XVI, sirotant un verre de champagne.

Elle faisait nonchalamment tourner un bracelet en corail rouge autour de son poignet fin. C'était un cadeau d'Alexandre, pour leur premier anniversaire de mariage. Elle le trouvait désormais d'un goût douteux.

Elle appela son majordome, Jean-Luc.

« Allez libérer Alexandre. Il a eu assez de temps pour réfléchir. Dites-lui de venir s'excuser auprès de Marc, et ensuite, qu'il prépare le dîner. J'ai une envie de homard. »

Jean-Luc, un homme d'une soixantaine d'années qui avait servi la famille depuis des décennies, se tenait devant elle, le visage livide, les mains tremblantes.

« Madame... »

Sa voix était un murmure étranglé.

« Quoi encore ? » lança Sophie, agacée. « Il fait encore des caprices ? Il refuse de sortir ? »

« Non, Madame. C'est... c'est que les chiens... »

Jean-Luc déglutit péniblement, ses yeux fuyant le regard de sa patronne.

« Les chiens... ont fini leur repas. »

Un silence glacial tomba sur la pièce.

Sophie fronça les sourcils, ne comprenant pas.

« Qu'est-ce que ça veut dire, 'fini leur repas' ? Je ne leur ai rien donné à manger. »

Elle se leva, irritée par la lenteur d'esprit de son employé.

« Laissez tomber, j'y vais moi-même. Cet homme est capable de bouder dans son coin pendant des jours. C'est pathétique. »

Elle se dirigea vers la cave, le cliquetis de ses talons résonnant sur le parquet.

Pendant ce temps, une forme translucide et vacillante observait la scène depuis un coin de la pièce.

C'était Alexandre, ou ce qu'il en restait.

Un fantôme, prisonnier de la maison où il avait été si sauvagement assassiné.

Il regardait sa femme, celle qu'il avait aimée plus que tout, et ne ressentait qu'un vide infini.

Elle ne croyait pas à sa mort. Elle ne pouvait pas y croire. Son esprit refusait une réalité aussi monstrueuse.

Alors que Sophie descendait les escaliers, Marc apparut au sommet, l'air fragile et inquiet.

« Sophie, mon amour, où vas-tu ? » sa voix était douce, presque un murmure.

« Je vais chercher cet idiot d'Alexandre, » répondit-elle sans se retourner. « Il se cache pour attirer l'attention. »

Marc descendit quelques marches, posant une main délicate sur son épaule.

« Laisse-le, ma chérie. Il est sûrement en colère. Ce chien était important pour lui. J'ai peur qu'il ne te fasse du mal. »

Il se serra contre elle, tremblant comme une feuille.

« J'ai si peur, Sophie. Reste avec moi. »

Sophie se retourna et le prit dans ses bras, le berçant doucement.

« Ne t'inquiète pas, mon ange. Personne ne te fera de mal. Je suis là. »

Le fantôme d'Alexandre regardait, impuissant, l'homme qui avait volé sa vie être consolé par sa propre meurtrière.

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