
L'éclat fatal de l'épouse trahie
Chapitre 3
Le laboratoire privé de Benita se trouvait dans un sous-sol anonyme du 13ème arrondissement.
L'air y était froid, saturé d'une odeur d'ozone et de désinfectant.
Annelise passa son badge.
Benita l'attendait, assise sur un tabouret haut, une blouse blanche sur les épaules.
Dès qu'elle vit le visage d'Annelise, elle se leva et verrouilla la porte blindée.
Tu as une tête à avoir commis un meurtre, dit Benita.
Pas encore, répondit Annelise.
Elle sortit son téléphone et fit défiler les photos.
Le tatouage d'Adrian.
Les messages avec Chere.
L'avenant au contrat de mariage.
Benita regarda l'écran, ses yeux s'écarquillant à chaque image.
Elle attrapa un bécher vide et le jeta contre le mur.
Le verre explosa dans un bruit sec.
Ce fils de pute ! hurla-t-elle. Je vais le tuer. Je vais injecter de l'arsenic dans son café.
Calme-toi, dit Annelise d'une voix blanche. J'ai un meilleur plan.
Elle s'approcha du terminal informatique principal du laboratoire.
C'est quoi ton plan ? Le divorce ? Il va te détruire avec ses avocats.
Non, dit Annelise en tapant sur le clavier. Pas le divorce. La disparition.
Elle se connecta au serveur sécurisé.
Benita s'approcha, regardant par-dessus son épaule.
Tu... tu as réactivé le Protocole Fantôme ?
Annelise hocha la tête.
C'est de la folie, Annie. C'est un projet militaire classifié. Tu devras être morte pour le monde entier.
C'est le seul moyen, dit Annelise sans arrêter de taper. Il veut mes brevets. Il veut me laisser sans rien. Si je meurs, les brevets tombent dans le domaine public ou sont bloqués par la succession le temps de l'enquête. Moreno Dynamics s'effondre.
Et toi ? demanda doucement Benita.
Moi, je recommence. Ailleurs. Sous un autre nom.
Annelise appuya sur la touche Entrée finale.
L'écran clignota en vert.
Candidature Approuvée. Nom de code : Starling. Extraction dans 7 jours.
Son téléphone vibra.
Un message crypté, une série de coordonnées GPS.
Benita posa une main sur le bras d'Annelise.
Tu es sûre de toi ? Tu ne pourras plus jamais revenir en arrière.
Annelise regarda son amie.
L'Annelise que tu connais est déjà morte, Benita. Adrian l'a tuée petit à petit.
Benita eut les larmes aux yeux.
Elle serra Annelise dans ses bras.
Je serai ton contact non officiel, murmura-t-elle. C'est contre toutes les règles du protocole, Annie, mais je ne te laisserai pas tomber.
Annelise quitta le laboratoire une heure plus tard.
Elle remonta dans sa voiture.
Elle vérifia son maquillage dans le rétroviseur.
Parfait.
Sur le périphérique, un panneau publicitaire géant affichait le visage souriant d'Adrian.
Le slogan disait : Moreno Dynamics : L'avenir est une affaire de famille.
Annelise serra le volant jusqu'à ce que ses jointures craquent.
Elle rentra à l'appartement.
Adrian était dans le salon, au téléphone.
Il riait. Un rire grave, intime.
...ce soir, ma belle. Oui, l'hôtel habituel.
Il vit Annelise entrer et raccrocha brusquement.
Son visage se ferma instantanément.
Tu étais où ? demanda-t-il sèchement.
Au SPA, mentit Annelise avec fluidité. Il faut que je sois présentable pour ton dîner.
Adrian la scanna du regard, critique.
Mouais. Tâche d'être éblouissante. Je ne veux pas que tu me fasses honte.
Il se dirigea vers le bar pour se servir un whisky.
Au fait, dit-il, Chere sera là ce soir. En tant que consultante RP. Sois aimable.
Annelise sentit une pulsion de violence pure lui traverser les veines.
Elle se força à sourire.
Bien sûr. Je serai charmante.
Elle monta dans sa chambre.
Elle ouvrit son dressing.
Adrian aimait qu'elle porte du blanc ou du pastel. Des couleurs de femme soumise.
Elle écarta les robes pâles.
Elle sortit une robe rouge sang.
Moulante, avec un décolleté vertigineux dans le dos.
Son téléphone vibra. Une alerte bancaire qu'elle avait programmée en secret.
Virement effectué : 500 000 € vers Agence Immobilière Prestige.
Il achetait un appartement à Chere.
Avec l'argent du compte commun.
Annelise regarda la robe rouge.
Puisque tu es si généreux avec notre argent, Adrian, pensa-t-elle, je vais t'aider à le dépenser.
Elle s'habilla.
Elle mit le collier en verre.
Elle se regarda dans le miroir.
Ce soir, elle n'était plus une victime.
Elle était une prédatrice.
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