
Le vendeur
Chapitre 3
Andréa est rentrée avec une musique qui l’empêchait de réfléchir. Lorsqu’elle est arrivée à la maison, elle a demandé à la bonne de retirer le plantain qui était dans la voiture. Elle est allée se changer et au moment de sortir de la chambre elle s’est rendue compte qu’elle n’avait pas son porte-monnaie. Elle est sortie regarder dans la voiture, elle n’a pas trouvé. Elle cherchait en vain et troublé ; son père lui a demandé pourquoi elle était si embrouillé.
ROBERT : Qu’est ce qu’il y’a ma fille ? Tu fais des vas et viens !
ANDREA : Pa ’a je ne trouve pas mon porte-monnaie !
ROBERT : Comment ça ? Tu as cherché dans la voiture ? Il y’avait quoi à l’intérieur ?
ANDREA : Tout pa’a, 725 mille et 200 dollar avec mes cartes bancaires et d’identité, passeport et visa
ROBERT : Quoi ? Mais comment tu peux sortir avec une telle somme et tous ces papiers ? Merde ! Commences d’abord par réfléchir où tu es passé
Pendant qu’Andréa était assise en train de réfléchir, Léo lui de son côté a résolu d’aller remettre le porte-monnaie d’Andréa. Bien que ne la connaissant pas, il s’est mis en route et il se renseignait pour connaitre le domicile de la « fille qui a la voiture » là. Un enfant lui a indiqué la maison d’Andréa et il s’est dépêché d’y aller. Pendant ce temps Andréa continuait à réfléchir puis elle s’est rendu compte qu’elle l’avait oublié chez Léo
ROBERT : Tu vas où ?
ANDREA : C’est celui chez qui j’ai acheté le plantain-là qui a volé.
ROBERT : Comment tu le sais ?
ANDREA : C’est lui. J’étais assise à l’entrée de la porte pendant qu’il cherchait le plantain. Je suis sûre qu’il l’a volé. C’est le même type que j’ai failli écraser la dernière fois. Il avait même l’air d’un voleur. Je dois retourner là-bas s’il n’y est pas, je saurai qu’il est a déjà fuis.
ROBERT : Ok fais vite donc… Allons je t’accompagne
Pendant qu’il sortait du salon Léo a frappé à leur portail. Le gardien l’a ouvert et il est entré. Lorsqu’Andréa l’a vu elle a couru vers lui, le traitant de voleur.
ANDREA : Tu n’as pas honte de voler mon porte-monnaie ?
LEO : Mais de quoi parlez-vous ? Je suis venu remettre votre porte-monnaie. Vous l’avez oublié chez moi après avoir acheté le plantain. Il semble que vous étiez concentré sur votre téléphone.
Il lui tendit le porte-monnaie. Elle a ouvert et s’est mise à vérifier le contenu. Léo n’avait touché à rien. Elle a sauté à son cou toute excitée, en le remerciant pour ce geste.
ANDREA : Waouh c’est intact rien n’a bougé. Vraiment merci. Tu es un ange. Je ne savais pas que les gens comme toi existent encore.
LEO : C’est la moindre des choses. En fait je ne suis pas un homme malhonnête ; ce que j’ai fait émane juste de ma bonne moralité et de la bonne éducation. Il est vrai que cela m’est paru comme une tentation mais je n’ai pas osé bafouer ma bonne moralité et utiliser un bien qui ne m’appartient pas. J’ai dû me renseigner avant de me retrouver ici.
ROBERT : Vraiment c’est un grand geste que tu viens de faire mon fils. Merci vraiment. En fait ma fille ici présente ne vit pas au Cameroun et tous ces papiers étaient dans ce porte-monnaie. Sans ça elle ne pouvait plus rentrer dans son pays, sans compter ses cartes bancaires. Vraiment merci pour cela !
LEO : Non c’est rien papa. Je pense que n’importe qui aurait fait comme moi. Et je suis fier que je ne sois pas celui par qui le malheur devait vous arriver. Et… oui j’ai vu ses papiers, son visa, son passeport et d’autres pièces vraiment importantes, même les dollars.
ANDREA : Vraiment un grand merci. Mais… c’est vous que j’ai failli écraser dernièrement n’est-ce pas ? Vous marchiez en plein milieu de route comme si vous étiez malade mental. Mais là… a vous voir, vous vous exprimez très bien en français… je ne comprends plus rien. Vous vous exprimez très bien en français jusqu’à connaitre les différentes cartes qui se trouvent dans mon porte-monnaie. Etrange pour un vendeur de plantain
LEO : Quoi ? Vous pensez que tous les vendeurs de plantains sont illettrés ? Non pas du tout. Et oui c’était moi. Bon je dois partir maintenant j’ai une urgence.
ROBERT : Ok mon fils prend soin de toi.
ANDREA : Mais papa, on ne peut pas le laisser partir comme ça. Qu’est-ce que je peux vous offrir pour vous remercier ? Ce que vous avez fait est vraiment remarquable.
LEO : Non ça va tout ira bien. Je n’ai pas été gentil pour désirer quelque chose en retour. Je dois partir.
ANDREA : Bon laissez-moi vous accompagner. Montez dans la voiture.
LEO : Non merci je ne suis pas digne de monter dans cette voiture surtout avec mon état.
ANDREA : Mais… pourquoi ce complexe ? Moi je ne trouve pas de problème. Bon ok je vous laisse au portail
Ils ont cheminé ensemble jusqu’au portail. Andréa avait remarqué que quelque chose n’allait vraiment pas avec Léo. Elle ne cessait de lui demander :
LEO : Bref je suis en train d’aller à l’hôpital. Ma fille est… (Secouant la tête) ma fille est dans le coma ça ne va vraiment pas.
ANDREA : Comment ça ? (s’arrêtant) qu’est ce qui s’est passé ? Et c’est depuis quand ? Oh mon Dieu !
LEO : Ça fait 3 jours déjà. En fait le jour que tu as failli me cogner, je sortais de l’hôpital. Et je n’arrivais pas à comprendre ce qui se passait. Voilà pourquoi j’étais perdu.
ANDREA : Je comprends maintenant. Tu restes là tu m’attends je vais chercher la voiture pour t’accompagner
LEO : Mais j’ai... (Coupé)
ANDREA : Je n’ai pas demandé ton avis cette fois si. Tu restes là et tu m’attends.
Léo n’avait pas de choix. Il a attendu sur place qu’Andréa ailles chercher la voiture. Elle est revenue quelques minutes après et il y est monté.
ANDREA : Moi c’est Andréa. Et je m’excuse vraiment de vous avoir mal parlé ce jour-là. C’est juste que je pensais que vous êtes un fou ou un malade mental de la sorte quoi. Je n’avais pas su.
LEO : Même si je suis un fou , je suis tout d’abord un humain et pour ça je mérite le respect. Mais bon c’est le passé. Déjà que je ne me rappelle même plus de ce jour. Moi c’est Léo
ANDREA : Warr je sens vraiment que tu étais traumatisé. Ta fille, elle a quel âge ?
LEO : Elle s’appelle Chloé. Elle n’a que 12 ans. C’est ma seule fierté.
ANDREA : Olalaa… et sa mère ?
Léo a coulé une larme avant de se ressaisir. Il n’a pas répondu à la question d’Andréa. Et ils ont continué la route sans plus se parler. Ils sont arrivés à l’hôpital 10mn après. Léo est descendu de la voiture, et a couru dans la salle où était sa fille. Elle était sortie du coma mais était endormie. Il a arrêté sa main et lui parlait en coulant les larmes. Andréa, ému, prise de compassion et vu la situation dans laquelle était Chloé, eu envie de pleurer.
LEO : Elle est là, je ne sais pas si elle s’en sortira. L’hôpital me demande près de 900 mille pour son traitement. Même en une année je n’ai jamais épargné une telle somme. Je me suis battue à demander et à emprunter pour pouvoir commencer le traitement, mais sans succès. Ma fille risque mourir !
Pendant qu’il causait le médecin est entré :
DOCTEUR : Monsieur Léo, vous êtes déjà prêt pour commencer sa prise en charge ? Elle est sortie du coma tout à l’heure mais s’il y’a pas les moyens, nous ne pouvons continuer son traitement.
LEO : Doc je n’ai pu trouver que 140 mille
DOCTEUR : Non monsieur. Vous devez payer la totalité et rapidement pour sa suivie. J’aimerai vraiment vous aider mais... je n’y peux vraiment rien. Bon pensez-y !
Léo était dépassé il ne savait plus quoi faire. Andréa s’est assise près de Chloé et l’a fixait longuement. Puis elle s’est retournée vers Léo :
ANDREA : Tu es quel genre d’homme ? Tu es quel genre de père Léo ?
LEO : Je ne crois pas te comprendre.
ANDREA : Tu as ramassé mon porte-monnaie, tu as eu l’occasion de sauver la vie de ta fille mais tu ne l’as pas fait. Tu préfères qu’elle meure parce que tu cherches à être honnête ?
LEO : Il faut noter que ce fut une décision vraiment difficile à prendre. J’ai beaucoup réfléchi avant de venir. Je voulais filer vers ma fille mais je me suis dit que ça sert à quoi d’être derrière les barreaux pour vol, tandis que ma fille se meurt ici, au lieu d’être au moins près d’elle.
ANDREA : Non tu aurais dû filer ici, et si on t’arrêtait au moins ta fille… olalala. J’arrive
Elle s’est levée et est allée dans le bureau du médecin.
ANDREA : Oui Doc à combien s’élève-la facture de la petite Chloé ?
DOCTEUR : Près de 860 mille.
ANDREA : Ok vous acceptez les paiements par chèque ici, par carte de crédit, c’est uniquement en liquide ?
DOCTEUR : Par chèque oui, en liquide aussi.
Andrea s’est assise elle a signé un chèque d’un montant d’un million qu’elle donna au médecin
ANDREA : C’est pour sa prise en charge totale. Vous devez vous assurer de prendre soin d’elle d’une manière particulière.
DOCTEUR : Waouh ! Ok c’est compris. Il faut la signature du père pour qu’on commence le traitement.
Andréa est sortie avec ladite fiche et un stylo. Elle a demandé à Léo de signer, chose qu’il a faite sans savoir de quoi il s’agissait. Elle est retournée remettre cette fiche et elle est partie après avoir dit au revoir à Leo.
Léo lui continuait de se lamenter lorsque les infirmières sont venues déplacer Chloé vers une autre salle bien équipée et où elle se trouvait seule. Léo ne comprenait pas pourquoi et il est allé se renseigner chez le médecin. C’est là qu’il a appris qu’Andréa avait payé toutes ses factures avec un surplus, au cas où il y’avait des surprises. Dans ce bureau, Léo s’est mis à genoux et il a commencé à chanter en pleurant, remerciant Dieu pour ses bienfaits.
Lorsqu’Andréa est arrivée chez elle, son père très inquiet était sur le point de démarrer sa voiture.
ANDREA : Papa tu vas où ?
ROBERT : Te chercher. Tu sors d’où ?
ANDREA : Pourquoi ?
ROBERT : Il est venu te rendre ton porte-monnaie. Tu lui as demandé ce qu’il voulait en retour il a dit qu’il ne voulait rien. Qu’est-ce que tu faisais encore avec lui ?
ANDREA : Pa ‘a en fait il m’a dit que sa fille est dans le coma et qu’il allait comme ça à l’hôpital. Je l’ai accompagné ; et vraiment papa sa fille si je ne payais pas quelques factures, je suis sûre qu’elle allait mourir. Je pense quand même qu’elle va s’en sortir. Olala le pauvre !
ROBERT : Attend tu veux me dire que tu as gaspillé une grande somme pour traiter sa fille ?
ANDREA : Mais papa où est le problème ? Tu ignores qu’il m’a presque sauvé la vie en revenant me donner mon porte-monnaie ?
ROBERT : Il fallait lui donner même 10 mille pour le remercier. Tu penses que les gens de ce village ont la mentalité des gens de l’étranger ? C’est sûr qu’il a mis quelque chose dans ton porte-monnaie là pour t’envouter. Tu ne connais même pas quelqu’un, et tu te portes garante de gérer ses factures ? Dans tous les cas ton fiancé a appelé il m’a demandé de te saluer. Je m’en vais me reposer.
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