
Le veilleur de nuit: Roman
Chapitre 3
Un veilleur malveillant
Ange était veilleur de nuit à l’Hôtel du Lion d’Or, un superbe établissement étoilé.
Ce passionné de nouvelles technologies avait placé des mini caméras sans fil avec vision nocturne et détection de mouvements dans chaque chambre et observait ses contemporains pour se distraire.
Mais il ne se contentait pas de les surveiller.
Il se faisait une opinion sur leur comportement et agissait en conséquence.
Un peu comme un vengeur masqué qui errait dans les couloirs et châtiait à sa guise ceux qui allaient devenir ses victimes.
La dernière en date était une petite bourgeoise désagréable et méprisante qui exigea de lui de la servir au bar vers une heure du matin.
Elle avait une queue de cheval et des lunettes à grosse monture qui lui donnaient un air sévère et buvait des vodkas orange.
C’était une bête de travail qui ne lâchait pas son ordinateur portable et qui ne pensait qu’à sa carrière.
De petite taille, un peu rondelette, elle avait l’air bon chic, bon genre, mais cachait une personnalité hautaine qu’elle exprimait volontiers avec le « petit personnel ».
Pour elle, les gens qui n’étaient pas de sa condition étaient des ratés et ils ne méritaient pas même un regard de sa part.
Elle était très exigeante avec elle-même et surtout avec les autres.
C’est ainsi qu’elle pourrissait au téléphone ses collaborateurs jour et nuit et même devant Ange, cela ne la gênait pas de malmener son interlocuteur avec des mots choisis en le traitant d’incapable et de tire-au-flanc.
Au bout de trois verres, elle avait entrepris de fermer son ordinateur retiré sa queue de cheval, enlevé ses lunettes et se prit la tête dans ses mains, avec un grand soupir.
Elle était sur un très gros contrat et devait voir des clients le lendemain.
C’était très important pour son avenir dans la boîte et elle était partie de loin, elle avait travaillé comme une forcenée, fait de brillantes études et convoitait un poste à responsabilité.
Il s’agissait surtout de ne pas décevoir son père.
Déjà, il aurait voulu un garçon, c’est ainsi qu’elle se retrouva avec le prénom de Frédérique.
Sa mère était morte en couche et il ne s’était jamais remarié.
En revanche, il avait tout misé sur sa fille.
Quand elle n’était pas première de classe, elle morflait.
Quand elle ne brillait pas en équitation, elle morflait.
Quand elle loupait son coup à la chasse, elle morflait.
Bref, il en avait fait une machine de guerre, dénuée d’empathie et pleine de rage.
Lorsque Ange la vit se détendre un peu, il tenta de lui adresser la parole.
— Dure journée ? demanda-t-il en essuyant les verres.
— J’ai la tête de quelqu’un qui a envie de faire la conversation ? rétorqua-t-elle d’un air agacé.
Il ne se démonta pas. Au contraire.
Il servit la jeune mégère avec courtoisie.
L’occasion était trop belle, car quelque temps plus tôt, un vieil allemand très désagréable lui aussi, avait séjourné à l’hôtel.
Il mangeait comme un ogre et appelait systématiquement Ange pour boire ou se restaurer durant la nuit.
En cuisine, on lui laissait une mise en place pour satisfaire d’éventuels petits creux nocturnes et il devait aussi s’occuper de la partie bar, mais en principe il n’y avait pas trop de demandes.
Un beau jour où l’Allemand était parti se promener, Ange en profita pour faire une descente punitive dans sa chambre.
Il possédait un sac rempli de médicaments et Ange lui en déroba quelques boîtes qu’il conservait précieusement à portée de main.
C’est ainsi qu’il se retrouva en possession de puissants somnifères.
Il en pila quelques-uns et les mis dans les cocktails de la demoiselle.
Il ne lui en fallut pas plus de deux pour qu’elle perde tous ses moyens et tienne péniblement sur son tabouret.
Elle en descendit en titubant. Ange lui proposa de la ramener dans sa chambre.
Elle tenta de refuser tout en s’écroulant et il la rattrapa de justesse.
Ils gravirent non sans peine les deux étages et il ouvrit la porte tout en portant la malheureuse jusqu’à son lit.
Là, il la lâcha à plat ventre, lui tira les jambes et la mis en position genoux au sol.
Il monta sa jupe, descendit sa petite culotte, abaissa son propre pantalon et la pénétra sans ménagement.
La jeune femme couina et tenta de s’extraire de son étreinte, mais Ange lui saisit solidement les mains dans son dos et défoula sa colère.
Soudain, il se dit qu’il pouvait profiter de la situation jusqu’au bout, c’est ainsi que, très excité, il la sodomisa et jouit entre ses fesses avec non seulement du plaisir, mais aussi un étrange sentiment de devoir accompli.
Lorsqu’il eut terminé, elle s’écroula au sol en gémissant.
Ange la souleva, l’assit au bord du lit en la tenant, la déshabilla intégralement et la plaça dans le lit en prenant soin de ranger ses affaires sur la chaise.
Il allait partir, puis se ravisa, revint sur ses pas et joua au petit Poucet : il mit d’abord son chemisier devant la porte, puis son soutien-gorge dans le couloir de la chambre, enfin sa jupe au fond du lit et sa culotte à la hauteur de ses chaussures.
Cette petite pétasse ne se rappellera pas sa soirée et se posera bien des questions en se réveillant.
Tant mieux, ça lui apprendra.
Ange possédait beaucoup de vidéos similaires. Il aimait les regarder régulièrement. Cela lui conférait un sentiment de toute-puissance.
Tantôt, il se masturbait, tantôt il admirait juste son œuvre en se félicitant de ses actions.
Le lendemain matin, la jeune femme, le regard vide et le pas mal assuré, vint payer sa chambre.
Elle n’avait aucun souvenir de sa soirée et pour une raison qui lui échappait elle se sentait très mal. Maux de tête, envie de vomir, elle cachait ses yeux derrière de grandes lunettes de soleil.
Honteuse de cette situation, elle était incapable de savoir avec qui elle avait couché car elle avait couché, elle en était sûre.
Elle partit sans demander son reste.
Ange ne se contentait pas de violer les gens qui l’exaspéraient. Il débordait d’imagination pour punir ses semblables.
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