
Le Remord de mon Fiancé
Chapitre 8
En entendant ses accusations injustifiées, j'ai poussé un rire amer : « Quoi ? M'excuser ? Et si nous vérifions les images de surveillance pour voir qui devrait vraiment présenter ses excuses ?! »
Mais Fabien était déjà convaincu de ma culpabilité : « Liliane est gravement malade et enceinte ! Tu crois vraiment qu'elle mettrait délibérément sa santé en danger ? »
Une lueur de panique a traversé le regard de Liliane. Elle s'est empressée d'intervenir : « Laisse tomber, Fabien... Sabrina a le droit de m'en vouloir. Partons, s'il te plaît. »
Fabien est resté intraitable : « Non ! Elle doit s'excuser immédiatement ! »
Je n'ai pas cédé d'un pouce.
Pourquoi avouer des actes que je n'avais pas commis ? Pourquoi m'humilier devant elle ?
Liliane, redoutant que Fabien n'insiste pour voir les caméras et ne perce à jour son intrigue, a porté soudain les mains à son ventre : « Je... j'ai mal au ventre... »
La colère de Fabien s'est transformée instantanément en inquiétude. Sans hésiter, il l'a prise dans ses bras pour l'emmener d'urgence chez le médecin.
J'ai regardé leurs silhouettes s'éloigner, une amertume infinie submergeant mon cœur.
Vingt ans à ses côtés, cinq ans de vie commune, et pas la moindre once de confiance en retour.
Au moins avais-je enfin les idées claires et avais-je décidé de le quitter.
Les jours suivants, Fabien a disparu complètement. Sans doute trop occupé à veiller sur sa Liliane « fragile ».
Le dernier jour avant mon départ, j'ai expédié la plupart de mes affaires au laboratoire à Jiville, ne gardant qu'une valise cabine.
Ce soir-là, Fabien est réapparu enfin, le visage encore assombri par la colère.
Ses reproches ne se sont pas faites attendre : « Liliane est toujours hospitalisée ! Elle est malade, sa grossesse est fragile. Même si c'était un accident, ne pourrais-tu pas faire preuve de générosité ? Pourquoi cette obstination ? »
La générosité ?
Je trouvais au contraire avoir été d'une générosité excessive : je lui avais cédé ma séance photo de mariage, j'avais abandonné mon futur époux pour qu'ils puissent avoir un enfant. Et maintenant, je m'apprêtais à lui céder jusqu'à ma place de sa femme, étais-je vraiment si peu « généreuse » que ça ?
Le regard de Fabien a effleuré par hasard le calendrier marqué d'un cercle rouge épais. Son expression s'est adoucie légèrement : « Bon, cessons cette dispute. Demain c'est notre mariage. Tu t'excuseras auprès de Liliane après la cérémonie, puis nous partirons en lune de miel. »
« Au fait, as-tu préparé l'itinéraire du voyage ? »
Je suis restée silencieuse. Si Fabien avait été un tant soit peu observateur, il aurait remarqué l'absence totale de décorations nuptiales dans notre appartement.
« Nous... » ai-je commencé à avouer la vérité, mais son téléphone a sonné.
La voix de Liliane a résonné à l'autre bout du fil. L'inquiétude s'est peinte progressivement sur les traits de Fabien.
« Attends-moi, j'arrive tout de suite ! » a-t-il déclaré avec agitation.
Raccrochant précipitamment, il s'est précipité vers la porte : « Liliane ne se sent pas bien. Je dois y aller, mais je serai de retour pour le mariage. Souviens-toi : rendez-vous demain matin directement à l'hôtel. »
Le claquement de la porte a coupé net mes paroles. Ce n'était qu'alors que la phrase tourbillonnant dans ma bouche a pu enfin s'échapper : « C'est fini entre nous, Fabien. Le mariage est annulé. »
Mais il n'y avait personne pour l'entendre. Mes mots se sont dissipés dans le vide de l'appartement silencieux, accompagnés seulement par le tic-tac obsédant de l'horloge murale.
Je suis restée assise dans le salon de la nuit tombée à l'aube naissante, observant par la fenêtre les ténèbres progressivement chassées par la lumière.
Une vibration de mon téléphone m'a rappelée soudain : « Départ dans 2 heures. »
Je me suis levée, ai pénétré dans la chambre et ai sorti la valise soigneusement préparée depuis des jours. Prenant un marqueur, j'ai tracé une croix noire et définitive sur le 10 du mois, cette date autrefois encerclée avec tant d'espoir.
Puis j'ai écrit en lettres nettes : « Fabien, c'est terminé entre nous. »
J'ai posé le calendrier bien en évidence sur la table, ai saisi la poignée de ma valise et ai jeté un dernier regard à ce lieu qui était mon foyer pendant cinq ans.
Finalement, je suis montée dans un taxi et me suis dirigée vers l'aéroport.
Adieu, Fabien !
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