
Le Remord de mon Fiancé
Chapitre 4
« Ne va pas prendre les photos de mariage demain. »
En entendant ces mots, j'ai tourné machinalement la tête vers le calendrier posé sur la table. Sous la date du lendemain, les mots « Séance photo mariage » étaient écrits en gros au marqueur.
Bien que je ne comprenne pas les raisons de Fabien, cela tombait à pic : notre mariage n'aurait de toute façon pas lieu. Même sans sa demande, j'aurais trouvé un prétexte pour annuler la séance, donc son initiative me simplifiait la tâche.
J'ai hoché la tête et lui a répondu d'un ton calme : « D'accord, je préviendrai le photographe. Tout cela sera annulé. »
Fabien s'est figé, semblant surpris par ma promptitude à acquiescer.
Je m'attendais à ce qu'il demande des explications, après tout, j'avais passé des mois à organiser méticuleusement chaque détail de ce mariage. Ce photographe, je l'avais réservé longtemps à l'avance et payé une fortune pour qu'il libère son emploi du temps serré. Tout ça pour des photos parfaites.
Son expression s'est faite étrange avant qu'il ne poursuive : « Pas besoin d'annuler. Liliane dit qu'elle n'aura jamais l'occasion de se marier. Avant de mourir, elle voudrait prendre des photos de mariage avec moi, comme si elle avait connu ça. Pour ne pas avoir de regrets. »
« Alors demain, ce sera elle qui posera avec moi. Pour nos photos à nous, on pourra toujours les faire plus tard. »
Son ton était aussi détaché que s'il commentait la météo, exactement comme lorsqu'il m'avait annoncé, un mois plus tôt, son intention d'avoir un enfant avec sa Liliane.
Des mots qui se voulaient conciliants, mais où transparaissait clairement une décision déjà prise. Il ne me consultait pas, mais il m'informait.
J'ai baissé les yeux, dissimulant mon ironie dans mon regard.
Pour nos photos, on pourrait les faire plus tard ?
Il ignorait qu'il ne me restait plus que treize jours ici et qu'il n'y aurait pas de « plus tard » pour nous.
« Entendu », ai-je murmuré avant de me retirer dans la chambre.
Après tout, il n'était plus mon futur époux. Qui poserait à ses côtés demain m'était désormais égal.
Fabien a regardé ma silhouette s'éloigner, une vague inquiétude l'étreignant. Mon calme, l'absence même de protestation, rendaient inutiles tous les arguments qu'il avait préparés. Mais quand il a reçu l'appel de Liliane, il a chassé aussitôt ses doutes et s'est précipité sur le balcon, le visage illuminé.
Après m'être levée, je suis tombée sur Fabien sur le point de sortir.
En enfilant ses chaussures, il m'a lancé négligemment : « Après la séance photo, Liliane et moi partons quelques jours à Hokkaido. Elle a toujours rêvé d'y aller. »
« Pour notre mariage, faisons simple. Je n'aurai pas le temps pour les répétitions ou les préparatifs. Tu peux tout décider sans me consulter. »
J'ai avalé ma bouchée de toast avant de répondre : « D'accord. »
Faire simple ? Très bien, ce mariage n'aurait pas de photos de noces, pas d'invités, pas de maître de cérémonie, pas de mariée non plus.
Fabien a observé mon calme étrange tandis que je terminais tranquillement mon petit-déjeuner. Après une hésitation, il a ajouté : « Après le mariage, partons en lune de miel à Hawaï. Je me souviens que tu en avais envie. »
Autrefois, une telle proposition m'aurait fait immédiatement bondir de joie pour préparer des itinéraires. Après tout, chaque fois que j'avais suggéré un voyage, il avait refusé, prétextant ne pas aimer ça, trouver cela fatigant.
À présent, face à cette offre, je me suis contentée de continuer à manger mon pain en silence.
Comment parler de lune de miel quand il n'y aura même pas de mariage ?
Il m'a jeté un regard perplexe. Il a ouvert la bouche pour ajouter quelque chose, mais un coup d'œil à l'horloge l'a fait se précipiter vers la porte.
« On en reparlera ce soir », a-t-il lancé en partant.
J'ai saisi le calendrier et ai tracé un grand X rouge sur « Séance Photo Mariage ».
Plus que douze jours avant ma libération.
Après le petit-déjeuner, j'ai entrepris de faire mes valises et de trier les affaires superflues : l'album photo contenant moins de cinq clichés de nous deux, le projecteur couvert de poussière, les pyjamas jumeaux jamais portés...
En cinq ans de relation, j'avais patiemment meublé cet appartement vide, transformant chaque coin en un havre chaleureux. Mais à y regarder de près, Fabien n'avait jamais vraiment utilisé la plupart de ces objets.
« Même en couple, je reste un individu indépendant », m'avait-t-il dit, « tous ces accessoires jumeaux me donnent l'impression d'être enchaîné. »
J'ai secoué la tête pour chasser ces pensées et j'ai repris le tri. Après mon départ, ces objets ne feraient qu'encombrer son espace. Autant tout éliminer maintenant, et avec eux, effacer jusqu'au dernier souvenir de notre histoire !
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