
Le regret de Gauthier, ma liberté
Chapitre 3
POV: Colombe René
Je n'avais jamais connu mes parents. Ils étaient morts quand j'étais bébé, me laissant à la garde de Lucas, mon frère aîné. Il n'avait que seize ans, mais il avait endossé le rôle de parent avec une maturité et un amour incroyables. Lucas, c'était ma famille. Mon tout. Il était mon souffle, mon sang, la seule ancre à laquelle je m'étais accrochée dans cette vie. Maintenant, il n'y avait plus rien.
Gauthier, lui, ne voyait que Sara. Toujours Sara. Elle était son soleil, sa lune, son obsession. Je me souvenais de toutes ces fois où il prétendait travailler tard, mais où je s'avais qu'il était avec elle. J'avais vu les messages, les appels manqués, les excuses bancales.
Il n'avait jamais "liké" mes photos sur les réseaux sociaux. Jamais un commentaire. J'existais à peine dans son monde numérique. Quand je m'en plaignais, il me regardait d'un air las.
« Tu es tellement capricieuse, Colombe. Toujours à chercher les petites bêtes. »
Pourtant, pour Sara, il était le premier à laisser un commentaire élogieux, à "liker" avec un cœur. Ses compliments s'étalaient sous ses photos de vacances, de tenues de créateurs. Des mots que je n'avais jamais entendus de sa bouche.
J'avais été si naïve. J'avais cru que notre mariage, même si arrangé au départ, pourrait le changer. J'avais espéré que mon amour, si pur et sincère, pourrait percer sa carapace et lui ouvrir le cœur. Mais je n'avais récolté que mépris et indifférence.
Chaque jour, je me sentais de plus en plus insignifiante, ma propre lumière s'éteignant sous l'ombre de son indifférence. J'avais dépensé tellement d'énergie à essayer de comprendre, à me demander ce que je pouvais faire pour qu'il me voie, pour qu'il m'aime. Mais la vérité était là, crue et douloureuse : il ne m'aimerait jamais.
La réalisation que mes efforts étaient vains m'avait laissé un vide béant. J'étais épuisée par cette quête sans fin d'une affection qui ne viendrait jamais. Je n'étais qu'un fantôme dans sa vie, une présence qu'il tolérait, mais jamais véritablement désirait. La déception était devenue une compagne constante, me rappelant à chaque instant mon manque de valeur à ses yeux.
Je m'étais forgée une distance émotionnelle, une armure pour protéger ce qui restait de moi. Lentement, douloureusement, je m'étais détachée.
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