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Couverture du roman Le récit de Mélodie

Le récit de Mélodie

Découvrez le destin de Mélodie à travers cette romance moderne et captivante. L'histoire débute par un prologue détaillé, riche en émotions, qui pose les bases essentielles de son aventure sentimentale. Pour une immersion totale dans son univers et pour saisir pleinement les enjeux de son récit, il est vivement conseillé de commencer la lecture dès le premier chapitre. Plongez sans attendre dans cette œuvre où chaque détail compte pour comprendre son évolution.
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Chapitre 2

Chapitre 2: A la rivière

Cocorico Cocorico…

-pas déjà murmurais-je en me retournant

Cocoricoooooooo Cocoricooooooo

Hum le coq la aussi hein ! Je me redressai puis regardai mes cadets à ma droite. Ils dormaient encore…tout comme papa d’ailleurs remarquais-je alors que j’allongeais ma tête pour voir de l’autre cote.

Je sortais de la case et regardais le ciel. Hum il était effectivement cinq heures, ce n’est pas pour rien que le coq la faisait son bruit qui d’ailleurs me réveillait tous les jours.

Prenant le balai de brindille dans un coin de la case, je me mis à balayer la cour. Une fois que j’eus finis je prenais le gobelet puis ma liane afin de me brosser les dents…

-Nstele tu es déjà debout entendis-je mon père murmurer en se redressant alors que je déposais le gobelet

-oui papa…c’est dimanche aujourd’hui

-hum fit-il pensif

-Ngapika va chauffer l’eau a son réveil et faire le Mboita pour ce matin (lecteur congolais de dire le mboita c’est quoi en français moi je ne connais pas deh LOL)

-….

-je le lui ai dit hier… bon je vais a la rivière faire la lessive puis puiser l’eau.

Il soupira juste puis s’allongea sur sa natte.

Je sais que s’il y’avait possibilité il m’aurait dit de rester a la maison, mais qui allait laver nos quelques vêtements ? Demain c’était lundi et tous étions supposés aller à l’école. Mes cadets étaient tous les deux au CP 2… oui pour les huit ans qu’ils avaient ils faisaient la classe de CP2 au lieu de CE 1 car le semestre passe, ils n’étaient pas parti à l’école, faute d’argent.

Le revenu que l’on avait eu ce semestre la n’était suffisant que pour une personne et donc papa avait décidé que ce soit moi qui puisse continuer les cours.

« Toi tu es assez avance et en plus l’ainée. Ta réussite est la nôtre car plus vite tu finiras, plus vite on sortira peut-être de cette galère dont laquelle nous vivons. Nous espérons en toi » m’avait dit mon père.

Oui pour mon père c’était assez clair que c’est moi qui pourrais peut-être sortir mes cadets de cette vie que nous menons, j’étais pour lui comme le chemin. Je voulais tellement qu’il en soit ainsi…mais ici au village même si tu finis les études en fait, il y’a juste trois pour cent de chance sur cent que tu puisses travailler ou même que tu sois sélectionner par l’état pour continuer les études en ville. Je croisais juste les droits pour que l’un des deux marche pour moi. Il me fallait réussir, il me fallait réussir au moins pour ma famille.

-yaya tu vas laver les habits a la rivière entendis-je Ngabou dire alors que je passais avec la cuvette des habits

-oui fis-je en me baissant vers elle tout en passant ma main sur son cou

Toute la nuit elle était brulante, j’avais dû me réveiller près de trois fois afin de lui faire une tisane et mettre un habit humide dur don front. J’étais sur que c’était du a cette plaie…elle était encore un peu brulante remarquais-je triste

-donc je ne vais pas avec toi à la rivière aujourd’hui Yaya?

-tu n’es pas en forme Ngabou et tu le sais. Reste donc couché... toi et moi on ira la semaine prochaine.

-mais est-ce que je vais déjà guérir ? La plaie va finir? J’ai très très mal a la tête dit-elle en me regardant toute triste… Yaya je vais guérir ?

-bien sûr que oui, surtout si tu te laisses soigner comme une grande sans bouder …n’est-ce pas que tu es grande ?

-oui Yaya…

Je lui fis un sourire qu’elle me rendit puis me levais, mon père était juste calme sur sa natte en train de nous observer. Je suis que dans sa tête il y’avait déjà tous pleins de pensées et même aussi de regret. Je connaissais assez bien mon père pour lire sur son visage et même dans ses yeux.

-à tout à l’heure dis-je tout doucement à l’avis de Ngabou et papa

Ils me répondirent tous les deux par un sourire puis je sortis de la case avec les deux cuvettes que j’avais superpose. Près de quarante minutes plus tard j’arrivais à la rivière. Il y’avait déjà quelques personnes qui avait même déjà commence à faire la lessive et la vaisselle. Ca causait déjà de partout tout en travaillant.

-Mboria be (bonjour à vous) dis-je alors que j’arrivais vers eux devant la rivière

-Mboria we hein (bonjour à toi aussi) répondirent-ils tous

Généralement les gens du village faisaient la vaisselle le samedi mais comme je n’aimais pas trop être en présence de trop de gens et que je faisais les champs les samedis en famille, je venais les dimanches pour faire la lessive et la plus part de temps je me retrouvais presque seule a la rivière. J’aimais ça en fait, rester toute seule dans mon coin dans un petit calme, si bien que je n’avais pas d’amis, mais je m’entendais avec tout le monde. Pour moi c’était ça le plus important. Sourire avec tout le monde et rester polie comme me le disait toujours papa.

-Comment se porte la famille me demanda l’une des femmes du village

-tout le monde va bien répondis-je poliment

Elle me sourit puis continuait de faire sa vaisselle. Hum fis-je en moi-même « tout le monde va bien », comme si c’était vrai. J’espérai juste que Ngabou allait déjà beaucoup mieux.

Il est bien vrai que les cours débutaient ce lundi mais je doute qu’elle puisse pouvoir y aller à moins qu’elle ne soit plus brulante mais là aussi je devrai donc la porter jusqu’à l’école. La durée du trajet entre l’école et le village était d’une heure au maximum. J’avais un peu hâte de pouvoir commencer les cours car je passais en classe de sixième.

Je déposais donc mes deux cuvettes et ne tardais pas à me mettre au boulot. Comparée aux autres que je trouvais ici et qui je sais allait bientôt quitter la rivière, je n’avais pas trop d’habits à laver car déjà on n’en a pas assez. La plupart des habits que j’avais à nettoyer ce matin étaient les dons que nous avons reçus le vendredi matin.

Chaque année surtout quand l’on approchait de la rentrée scolaire, les gens du village qui vivaient dans de meilleures conditions envoyaient les articles qui ne leur servaient plus. On en recevait souvent de la ville aussi comme avant-hier vendredi. Il y’en avait vraiment assez pour tout le monde. Nous étions tous heureux de pouvoir avoir de nouveaux habits.

On nous avait annoncé ce même jour que d’autres habitants de la ville comptaient venir en visite ici et nous apporteraient aussi de la nourriture. J’étais si contente et espérais qu’on aurait au moins quelque chose de bon. Comme on pourra manger le matin et le soir… la dernière fois que nous mangeâmes ainsi remontait à onze mois. La vie est si dure…si dure…

-aaaaaaaaaaahhhh lome pugue we maza hein (je vais aussi te mouiller) entendis-je un enfant dire en riant et criant tout aussi bien

Je relevais ma tête. Il y’avait des enfants dans l’eau qui s’amusaient dans la rivière tandis que d’autres les rejoignaient dans l’eau complètement nus comme des vers. J’aimais particulièrement ce moment et cette vue. Je pensais a Ngabou et Ngapika qui en temps normal allait être tous les deux dans l’eau de la rivière en train de s’éclabousser et rire aux éclats…mais bon…ce n’est pas le moment de penser mais de travailler…

-ma fille on se voit dimanche me dit une femme du village dix minutes plus tard

-d’accord tantine

Tous ceux que j’avais trouvés ici étaient à présent partis, certaines personnes venaient mais juste pour faire la vaisselle et prendre de l’eau… d’autres se lavaient aussi un peu plus loin.

-bonjour entendis-je dans mon dos près de cinq minutes plus tard

-oui bonjour répondis-je en continuant de laver les habits

J’avais fini avec ceux de papa, Ngabou et Ngapika, il ne restait plus que les miens que j’avais entame depuis un bon petit moment et étais déjà sur le point de finir.

-vous saluez quelqu’un en retour sans même vous retourner ?

C’est vrai ça en plus. Il n’a pas tort, pourtant je sais bien qu’on ne salut pas quelqu’un en retour sans le regarder…mais j’étais tellement pressée de finir la lessive…en plus celui me parlait en français contrairement a tous ceux qui étaient la.

-je m’excuse dis-je donc en me retournant vers lui. Bonjour

Il me sourit juste. C’était un beau garçon remarquais-je mais son visage ne m’était pas vraiment familier. Pas que je connaissais tout le monde dans le village mais je connaissais en fait ceux-là qui se rendaient à la rivière. Et pour quelqu’un du village il était bien habille quand même. Il devait faire partie de ces gens riches là ou d’un autre village…Bref ! Peu importe, ce ne sont pas mes oignons…

Je me retournais et continuais donc ma lessive. Je sentais son regard sur moi mais je faisais celle qui ne voyait rien. Mais au bout de cinq minutes je craquais, il était toujours debout et me regardait avec insistance…

-y’a-t-il quelque chose que je peux faire pour vous ? Demandais-je gentiment

-peut-être bien… me permettre d’être votre ami…

Hein ? Il sort d’où celui-là?

-…d’ailleurs arrêtons même de nous vouvoyer…

En plus il parle si bien la langue française avec un bel accent. C’est clair que c’était un gosse de riche…ce n’est pas tout le monde qui parlait bien cette langue ici, moi je la parlais car j’ai appris dur et longtemps. Les gens du village trouvait cela si difficile et même un peu inutile si bien qu’’ils se lassaient vite d’apprendre le français.

-pourquoi se tutoyer si on ne se connait pas ? Fis-je donc

-on va faire connaissance en fait dit-il en avançant vers moi. Je me nomme Eric et vous ?

Je le regardais stupéfaite. Qui lui a dit que j’avais besoin de faire connaissance avec lui ? Moi les amis je n’en voulais pas. Je suis bien comme je suis en plus papa dit toujours que l’amitié entre une fille et un garçon n’existe pas. Que je devais être prudente car j’étais devenue une « femme ».

-Excusez-moi, mais je ne suis pas intéressée répondis-je poliment avant de me remettre à travailler

-vous êtes si belle l’entendis-je dire

Je me retournais puis le dévisageais de bonnes minutes. Hum encore les garçons qui cherchent les filles là ? En tout cas je suis habituée à ça, c’est fréquent ici et je sais toujours quoi faire d’eux…

-vous n’êtes pas venu ici pour faire de la causette, si ?... je ne sais pas pour vous mais moi j’ai du travail. Ce serait gentil de votre part de me laisser poursuivre ma tâche…

-quel caractère, même pas un tout petit merci pour le compliment ?

Si je n’étais pas polie, je l’aurai renverse l’eau de la rivière depuis, je n’aimais pas qu’on m’indispose ou me dérange quand je travaille, ca me rend nerveuse, surtout par un fils de riche…ces gens sans cœur qui pensent que nous les pauvres sommes leurs esclaves ou ne valons pas la peine…

-ce n’est pas grave dit-il en prenant place près de moi alors que je ne lui donnais aucune réponse

-je ne vous ai pas invité à prendre place près de moi le fis-je remarquer poliment

-c’est quoi ton prénom ma biche

Ma quoi ? Que je suis un animal maintenant?

-Rebecca ?, Sophie…non peut-être bien Angelica car tu es comme un ange…

-……

- je t’aime déjà tu sais

-……

-… je peux faire de toi ma femme si tu veux, surtout que je cherche deja…

-bon sang vous ne pouvez pas me laisser tranquille ? M’énervais-je presque sous tout ce bruit qu’il faisait depuis un bon moment. J’ai du travail à terminer moi

-oh doucement là. Ce n’est pas comme si je te veux du mal… tu n’es même pas aussi belle que ça et tu devrais peut-être te trouver chanceuse qu’un homme comme moi prenne la peine de t’approcher dit-il en se levant tout en faisant mine de s’épousseter

Que y’avait quelle poussière sur lui ? Ou bien il ne s’assied pas sur la pierre dans son village là-bas ? Tchuipp, homme gonfle comme ça… Je savais seulement, les gens riches sont remplis d’orgueil mal place, et puis il me parle de chance soit disant parce qu’il est venu vers moi…

-je n’ai pas demandé à ce que vous puissiez venir vers moi. Maintenant laissez-moi, et allez-vous faire des amies ou vous trouver une femme de votre rang, car moi, jamais vous ne m’aurez pour l’un ou l’autre.

Il me sourit…c’était un sourire plein d’arrogance.

-ah bon ? On verra bien dit-il d’un air de défi avant de se retourner et partir

On verra quoi ? Tous les autres garçons du village m’avaient déjà fait sortir celle-là, donc je n’avais pas peur de lui… je finissais de faire la lessive. Puis remplissais la cuvette d’eau…

Ngapika était supposé être la déjà pour prendre le linge que j’avais nettoyé. C’est toujours ce qu’on faisait car je ne pouvais pas porter et le linge et la cuvette d’eau.

Au bout de quinze minutes d’attente je décidais donc de me mettre en route pour la case…je mis la cuvette d’habits sur ma tête et commençais donc à marcher, a peine je fis quatre pas que j’aperçue Ngapika au loin. C’est mon frère donc même à des kilomètres je ne peux que le reconnaitre…surtout dans sa grande marinière qu’il portait la…

-ya Orlane cria-t-il en courant des qu’il m’aperçut … Ya Orlaneeeeehhhh …ehhh Yayaaaaa…

Le ton sur lequel il m’appelait puis cette manière de courir m’interpellèrent. Sa voix paraissait même enrouillée. Je hâtais mes pas avec la cuvette que j’avais sur moi…

Quand la distance qui nous séparait n’était plus assez longue, je remarquais des larmes sur son visage. Mon cœur se mit à battre a l’instant alors qu’il continuait de crier mon nom. Je déposais vite la cuvette à terre et courrais vers lui en disant

-Ngapika qu’est-ce qu’il y’a ? Qu’est-ce qui ne va pas

Il s’arrêta devant moi, sa respiration était haletante, il transpirait de partout…

-Ngapika dis-je en le secouant par les épaules, y’a quoi ? Pourquoi tu pleures ?

-c’est Ngabou…elle…est…sniff… Ya Orlane…sniff…elle…

Non pas ma sœur… pas ma petite sœur…

-elle est quoi Ngapika ? Demandais-je le cœur battant alors qu’il pleurait et reniflait en même temps

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