Couverture du roman Le Pianiste Brisé, l'Esprit Indomptable Revient

Le Pianiste Brisé, l'Esprit Indomptable Revient

8.9 / 10.0
Héritière et pianiste de génie, Éléonore de Valois voit son destin basculer lors de son enlèvement. Son fiancé, Maxime Dubois, refuse de payer la rançon, préférant s'enrichir avec sa complice Gisèle. Torturée, Éléonore perd son bébé et l'usage de ses mains avant d'être internée à tort durant trois ans. Aujourd'hui libre, face au succès insolent de ceux qui ont tout volé, elle prépare sa vengeance. Ils pensent l'avoir brisée, ils vont découvrir sa détermination sans limite.

Le Pianiste Brisé, l'Esprit Indomptable Revient Chapitre 1

J'étais Éléonore de Valois, héritière d'un empire immobilier lyonnais et pianiste virtuose du Conservatoire de Paris, fiancée au génie de la tech, Maxime Dubois. Ma vie était un conte de fées écrit à l'encre d'or.

Quelques jours avant notre mariage, j'ai été enlevée. La rançon était de cinquante millions d'euros. Mon fiancé a refusé de payer.

À la place, lui et ma meilleure amie, Gisèle, ont utilisé cette somme exacte pour conclure une affaire, me laissant être torturée pendant quinze jours. J'ai perdu notre enfant à naître et l'usage de mes mains pour toujours.

Quand je me suis enfin échappée et que j'ai couru vers lui, en sang et terrifiée, il m'a accusée de faire des histoires.

« Mais qu'est-ce que tu fabriques, bon Dieu ? » a-t-il sifflé. « Tu essaies de tout gâcher ? »

Il m'a fait interner dans un hôpital psychiatrique pendant trois ans, volant mon héritage et ma raison.

Maintenant, je suis sortie. Un article viral célébrant leur succès vient d'apparaître sur mon téléphone, avec un commentaire d'une cruauté venimeuse de Gisèle, destiné uniquement à moi.

Ils pensent que je suis toujours la fille brisée qu'ils ont enfermée.

Ils vont découvrir à quel point ils ont tort.

Chapitre 1

Ma psy disait toujours que la guérison n'était pas linéaire, mais parfois, j'avais l'impression que c'était un cercle vicieusement tordu, me ramenant à l'endroit exact que j'avais si durement combattu pour quitter. Aujourd'hui, ce cercle était dessiné par un écran numérique, un rectangle lumineux rempli de mots qui promettaient de faire voler en éclats la paix fragile que j'avais construite.

J'étais sur mon trajet de bus habituel, le ronronnement grave du moteur un réconfort familier, un pouls rythmé contre la douleur sourde derrière mes yeux. La lumière du soleil filtrait à travers la vitre crasseuse, peignant des traînées sur les sièges usés. D'habitude, je passais ce temps à regarder la ville s'éveiller, observatrice silencieuse d'un monde qui exigeait autrefois ma participation pleine et éblouissante. Maintenant, je préférais l'ombre.

Mais aujourd'hui, les ombres ont été interrompues par le bourdonnement insistant de mon téléphone. Une notification. Un autre article viral, probablement. Internet était un vaste océan de bruit, la plupart sans signification. Je plongeais rarement en profondeur, préférant effleurer la surface, en observatrice détachée. Ma vie était désormais simple, tranquille. J'aimais ça. La plupart des sujets tendance concernaient des célébrités que je ne reconnaissais pas ou des drames politiques dont je me fichais éperdument. Je les ai fait défiler, mon pouce un flou désintéressé.

Puis je l'ai vu. Un nom familier. Un nom qui, même après trois ans, pouvait encore me glacer le sang. Gisèle Caron.

Le titre hurlait son dernier triomphe, un portrait élogieux la peignant comme l'ultime femme d'affaires de la tech, le bras droit de Maxime Dubois, sa partenaire indispensable. Les gens s'extasiaient dans les commentaires, louant son ambition, sa détermination, son histoire de « partie de rien ». Je n'ai rien ressenti. Juste une douleur familière et sourde.

Mais ensuite, un commentaire spécifique, enfoui au plus profond d'un fil de discussion, a attiré mon attention. Il provenait d'un compte au nom d'utilisateur particulier, que j'ai instinctivement reconnu. Le compte personnel et moins public de Gisèle. C'était une attaque vicieuse, calculée, visant directement moi, même si personne d'autre ne le savait.

« Certaines personnes sont nées pour créer des drames », lisait-on, niché sous une photo de Gisèle et Maxime, tous deux rayonnants. « Toujours à chercher l'attention, toujours à jouer la victime. Tellement heureuse que ce chapitre soit enfin clos. Le vrai succès se construit sur la stabilité, pas sur un chaos orchestré. »

Mon souffle s'est coupé. Un chaos orchestré. C'était une référence voilée, cruelle et cinglante. Une humiliation publique à la vue de tous, un rappel de l'histoire qu'ils avaient racontée au monde. Mon histoire.

D'habitude, j'ignorais le bavardage incessant d'Internet. Le volume même garantissait l'anonymat, offrait un bouclier. Mais ce n'était pas juste du bavardage. C'était Gisèle. Et cette phrase spécifique, « chaos orchestré », c'était un coup direct. Cela signifiait qu'elle n'avait pas oublié. Et elle voulait s'assurer que je n'avais pas oublié non plus.

Ce n'était pas une pensée fugace ou une insulte au hasard. C'était une provocation délibérée, retardée. Tel un prédateur, elle avait attendu le moment parfait pour porter son coup de grâce final et écrasant.

L'article lui-même était déjà en tendance, des centaines de milliers de likes et de partages. Mais ce commentaire, le sien, personnel, grimpait rapidement en tête. Les gens le disséquaient, applaudissant son « honnêteté », sa « force » à surmonter les « obstacles » passés.

Puis j'ai vu la photo qu'elle avait postée avec. Un gros plan d'une main, sa main, enlacée avec celle de Maxime, tenant un pendentif en diamant délicat, presque éthéré. Ce n'était pas n'importe quel pendentif. C'était une pièce sur mesure, que Maxime avait conçue. C'était mon cadeau de fiançailles de sa part, destiné à être porté le jour de notre mariage. Un symbole subtil, mais dévastateur, de leur victoire commune, un drapeau planté sur les ruines de ma vie.

« Certaines femmes », continuait le commentaire de Gisèle, « croient que leur droit de naissance leur garantit tout. Elles jouent les victimes quand leur monde fragile s'écroule. Elles ne comprennent pas que la vraie valeur se gagne, elle ne s'hérite pas. Maxime et moi avons bâti cet empire ensemble, brique par brique. Enfin, nous pouvons vraiment profiter des fruits de notre travail, libérés des fardeaux du passé. »

« Enfin. » Le mot résonnait dans mon esprit, un murmure venimeux. Il criait la préméditation, un désir longtemps contenu, enfin assouvi. C'était une déclaration de guerre, trois ans trop tard, ou peut-être, parfaitement synchronisée.

Je me suis affalée contre le siège du bus, le mouvement inconscient. Le monde extérieur, la ville animée, s'est estompé en un flot de couleurs. Je n'étais pas intéressée par les mèmes habituels ou les potins de célébrités. C'était une agression directe, personnelle.

La section des commentaires s'est remplie d'un déluge d'opinions.

« Tellement vrai ! Certaines personnes adorent les histoires. »

« Elle doit parler de son ex. Elle était toujours tellement… excessive. »

« Bien fait pour Gisèle ! Elle a toujours semblé être la plus stable. Maxime a besoin de stabilité. »

Mais tous les commentaires n'étaient pas d'accord. Certains remettaient en question la cruauté voilée.

« Est-ce vraiment nécessaire ? Tellement passif-agressif. »

« Pourquoi remuer la vieille saleté ? Qu'est-il arrivé à 's'élever au-dessus' ? »

Puis, une nouvelle vague de commentaires a commencé à apparaître, alimentée par des détectives en ligne.

« Attendez, n'est-ce pas d'Éléonore de Valois dont ils parlent ? L'héritière de l'immobilier qui a été kidnappée puis a fait une crise de nerfs en public ? »

« J'ai trouvé une vieille photo ! Regardez-la, comparée à Gisèle. Gisèle avait toujours l'air si impeccable, même à l'époque. »

Une image granuleuse et pixélisée a flashé sur mon écran, une photo d'archive de presse d'il y a trois ans. C'était moi, débraillée, les yeux creux, ma magnifique robe de mariée déchirée et tachée. Mes cheveux, autrefois méticuleusement coiffés, pendaient en mèches plates autour de mon visage. Mon corps, autrefois une toile de santé, était une carte de bleus et de maigreur.

Je me souvenais de ce jour. Le jour où je me suis échappée. Le jour où j'ai couru, en sang et à moitié nue, dans un gala de charité bondé, où Maxime était l'invité d'honneur, prononçant un discours d'ouverture. Gisèle se tenait à ses côtés, posée et élégante dans une robe fourreau vert émeraude. Elle ressemblait à une déesse. Je ressemblais à un fantôme.

Ma vision s'est brouillée.

J'ai vu le visage de Maxime, non pas dans l'article actuel, mais dans ce vieux souvenir, ses yeux se plissant, ses lèvres se tordant en un rictus alors que je trébuchais vers lui. Il n'avait pas vu une femme qui venait d'endurer quinze jours d'enfer. Il avait vu un problème. Un problème dramatique et gênant.

« Mais qu'est-ce que tu fabriques, bon Dieu ? » avait-il sifflé, sa voix basse, mais assez tranchante pour percer les murmures étouffés de la foule horrifiée. « Tu essaies de tout gâcher ? »

Gâcher. C'était sa seule préoccupation. Pas mes vêtements déchirés. Pas ma peau à vif, en sang. Pas la terreur qui s'accrochait encore à moi comme un linceul. Juste la perturbation. La ruine. Et moi, dans mon état confus par le traumatisme, je ne pouvais pas comprendre. J'avais couru vers lui, mon sauveur, pour n'être accueillie que par une accusation.

Gisèle, toujours l'image de la maîtrise de soi, s'était avancée, une main compatissante sur le bras de Maxime, ses yeux balayant mon corps avec un mélange de pitié et de quelque chose de plus froid, de triomphant. Elle avait offert une couverture, un geste de charité, tandis que son regard portait un message silencieux et brutal : Regarde-toi. Regarde-moi. J'ai gagné.

Le contraste était saisissant, cruel, et immortalisé dans cette photo floue. L'élégante et posée Directrice des Opérations, Gisèle, à côté du vibrant titan de la tech, Maxime. Et moi, la loque débraillée et hurlante, la « reine du drame », la « victime » qui ne pouvait pas gérer sa propre vie. C'était le récit qu'ils avaient fabriqué. C'était l'histoire que le monde avait achetée.

Mes doigts se sont resserrés autour du téléphone, le verre froid pressant dans ma paume. Ce n'était pas juste un souvenir. C'était une blessure, rouverte, qui suppurait.

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