
Le Pacte avec L'Alpha milliardaire
Chapitre 3
Le manoir des Sables-d'Argent se dressait devant Ellie comme une forteresse imposante, presque intimidante. Ses hauts murs de pierre grise semblaient défier le temps, tandis que ses fenêtres étroites et ses tourelles donnaient l'impression d'un château tiré d'un conte sombre. L'air autour de la propriété était chargé d'une énergie particulière, une tension presque palpable, comme si les pierres elles-mêmes gardaient en elles des secrets trop lourds à porter.
Adrian lui ouvrit la portière de la voiture d'un geste précis, et elle descendit, hésitant à avancer. Un domestique en uniforme sombre s'approcha pour prendre ses bagages, mais Ellie ne bougea pas, figée devant la monumentalité du lieu.
« Vous comptez rester plantée là toute la journée ? » demanda Adrian, sa voix teintée d'impatience.
Elle releva le menton, refusant de montrer sa nervosité. « C'est... impressionnant, » admit-elle, presque malgré elle.
« Vous vous y habituerez, » répliqua-t-il froidement, avant de se diriger vers l'entrée sans un regard en arrière.
Ellie serra les poings, luttant contre l'envie de lui répondre quelque chose de cinglant. Mais elle le suivit, ses talons claquant contre les pavés de l'allée. Une fois à l'intérieur, elle fut frappée par l'opulence du lieu. Les plafonds étaient ornés de fresques complexes, les murs couverts de tableaux anciens, et le sol en marbre reflétait les lustres étincelants suspendus au-dessus de sa tête.
Mais malgré cette splendeur, une froideur persistante semblait habiter les lieux, comme si la richesse ne suffisait pas à chasser l'ombre qui y régnait.
« Voici votre nouvelle demeure, » déclara Adrian, sa voix résonnant dans le grand hall. « J'espère que vous trouverez tout ce dont vous avez besoin. »
Ellie sentit le sarcasme dans ses mots, mais elle choisit de ne pas réagir. Elle avait appris depuis longtemps que répondre à Adrian ne faisait que renforcer son désir de la provoquer.
Une femme apparut soudainement, s'approchant avec une élégance calculée. Ses cheveux noirs étaient tirés en un chignon strict, et ses yeux perçants semblaient analyser Ellie avec une intensité presque dérangeante.
« C'est elle, donc, » dit la femme, ignorant totalement Ellie pour s'adresser à Adrian.
« Oui, » répondit-il simplement. « Ellie, voici Lydia, ma seconde. Elle vous aidera à vous acclimater. »
Lydia tourna enfin son regard vers Ellie, et cette dernière sentit un frisson lui parcourir l'échine. Ce regard n'était pas accueillant.
« Nous avons entendu parler de vous, » dit Lydia d'une voix polie mais froide. « Soyez assurée que nous ferons tout pour faciliter votre intégration. »
Ellie sourit légèrement, même si elle percevait parfaitement le double sens de cette phrase. Lydia voulait clairement dire qu'elle serait surveillée, jugée, et probablement méprisée.
« Je suis certaine que tout se passera bien, » répondit Ellie avec une douceur feinte.
Adrian intervint, coupant court à l'échange. « Lydia, assurez-vous qu'elle s'installe confortablement. Je dois m'occuper d'affaires urgentes. »
Et sans attendre de réponse, il disparut dans un couloir, laissant Ellie seule face à la seconde.
Lydia esquissa un sourire qui n'atteignait pas ses yeux. « Suivez-moi, je vais vous montrer vos quartiers. »
Ellie la suivit à contrecœur, gravissant un escalier en colimaçon qui semblait interminable. Chaque pas résonnait comme un écho de son isolement croissant.
Lorsqu'elles atteignirent enfin la chambre, Ellie fut frappée par sa grandeur. Les murs étaient recouverts de tentures luxueuses, le lit à baldaquin semblait sorti d'un rêve, et une immense baie vitrée offrait une vue imprenable sur les terres environnantes. Pourtant, malgré cette beauté, la pièce semblait aussi froide que le reste du manoir.
« C'est ici que vous résiderez, » déclara Lydia. « Si vous avez besoin de quoi que ce soit, appelez le personnel. »
Ellie sentit l'ironie dans ses mots. Elle doutait que quiconque dans ce manoir soit réellement disposé à l'aider.
Une fois seule, elle s'approcha de la fenêtre, regardant la forêt dense qui entourait la propriété. Elle se sentait comme une prisonnière dans une cage dorée.
Les heures passèrent lentement, et la faim finit par la pousser à quitter la chambre. Elle erra dans les couloirs, ses pas résonnant dans le silence oppressant. Mais partout où elle allait, elle croisait des membres de la meute qui la fixaient avec méfiance, leurs regards lourds de jugement.
Lorsqu'elle atteignit enfin la salle à manger, elle trouva Adrian assis à la table, en train de lire des documents. Il leva les yeux lorsqu'elle entra, et un sourire ironique effleura ses lèvres.
« Vous avez trouvé le chemin, » dit-il, son ton moqueur.
Elle ignora sa remarque et s'installa à l'autre bout de la table. Une assiette lui fut apportée par un domestique, mais elle sentit les regards pesants des autres membres présents dans la pièce.
« Ils ne m'aiment pas beaucoup, n'est-ce pas ? » murmura-t-elle, brisant finalement le silence.
Adrian posa ses documents et la regarda, son expression indéchiffrable. « Ils sont loyaux. Ils protègent ce qui leur appartient. »
« Et moi, je ne leur appartiens pas, » répondit-elle avec défi.
Un sourire énigmatique apparut sur son visage. « Pas encore. »
Cette réponse la laissa sans voix, et elle détourna les yeux, se concentrant sur son repas.
Après le dîner, Adrian la rejoignit dans le salon, où elle tentait de lire un livre trouvé dans la bibliothèque imposante du manoir.
« Nous devons établir certaines règles, » déclara-t-il, s'asseyant sur un fauteuil face à elle.
Elle releva les yeux, haussant un sourcil. « Des règles ? »
« Vous vivez sous mon toit maintenant, » répondit-il calmement. « Et vous devez comprendre qu'ici, tout fonctionne selon mes termes. »
Elle croisa les bras, le défiant du regard. « Et quelles sont ces règles ? »
Il la fixa, son regard perçant comme s'il cherchait à lire dans son âme. « Premièrement, vous ne quittez pas le domaine sans ma permission. Deuxièmement, vous ne vous mêlez pas des affaires de la meute. Et troisièmement, vous me respectez. »
Elle éclata de rire, un rire amer et incrédule. « Respecter quelqu'un qui m'a arrachée à ma vie et qui me traite comme une possession ? Vous rêvez. »
Il se leva lentement, s'approchant d'elle. Sa présence était écrasante, et elle sentit son souffle se bloquer alors qu'il se penchait légèrement vers elle.
« Ellie, » murmura-t-il, sa voix basse et dangereusement douce, « vous apprendrez que dans ce monde, le respect n'est pas négociable. Et je n'ai jamais été un homme patient. »
Leur proximité rendit l'air entre eux presque électrique. Elle pouvait sentir la chaleur de son corps, la tension dans ses épaules. Mais elle refusa de reculer, refusant de lui montrer la moindre faiblesse.
« Faites ce que vous voulez, » répondit-elle finalement, sa voix tremblant légèrement. « Je ne suis pas une de vos subalternes. »
Il la fixa un long moment, avant de se redresser et de s'éloigner. Mais avant de quitter la pièce, il lança par-dessus son épaule : « Vous apprendrez, Ellie. Soit en douceur, soit autrement. »
Lorsqu'il disparut, Ellie sentit son cœur battre à tout rompre. Elle savait qu'elle venait de déclarer la guerre à un homme bien plus puissant qu'elle. Mais elle n'était pas prête à se soumettre. Pas encore.
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