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Couverture du roman Le monde des vampires

Le monde des vampires

La Terre a sombré sous le joug des vampires. Tandis que les riches achètent une paix fragile, les pauvres subissent l'esclavage. Les femmes, traitées comme du bétail, sont vendues en boutique comme « animaux de compagnie » avant d'être abattues à vingt-cinq ans. Arrachée aux miens à douze ans, j'ai grandi en cage, redoutant l'instant où un monstre ferait de moi sa chose. Je ne suis plus humaine, je suis une propriété attendant son maître dans ce monde de ténèbres.
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Chapitre 3

Je laissai mes pensées dériver un instant, cherchant désespérément une échappatoire à cette prison invisible. Mais chaque idée d'évasion semblait se fracasser contre le mur de la réalité. Où pourrais-je aller ? Comment pourrais-je fuir ? La ville était sous la domination des vampires, chaque ruelle, chaque recoin était surveillé. Et si je parvenais à m'échapper, qu'arriverait-il à mes compagnons ? À ceux qui, comme moi, étaient piégés dans ce monde de ténèbres ?

Le bruit d'un pas dans le couloir me tira de ma rêverie. Je redressai immédiatement la tête, tendant l'oreille, et vis une silhouette s'approcher lentement. Le vampire, sans doute. L'air lourd de la nuit s'alourdissait davantage, saturé de la menace que chaque mouvement de ces créatures imposait. L'indifférence dans ses yeux me fit frissonner, mais je me forçai à ne pas détourner le regard.

Lorsqu'il arriva à ma hauteur, il s'arrêta et me scruta avec un air amusé, comme s'il trouvait tout cela divertissant. Il ne dit rien, simplement là, devant moi, me jaugeant, comme une œuvre d'art qu'il aurait envie d'examiner sous tous les angles.

J'avais l'impression que mes os se durcissaient à chaque seconde qui passait, figée sous son regard. Je me forçai à respirer profondément, à ne pas laisser la panique prendre le dessus. Il n'avait pas le droit de me briser plus que je ne l'étais déjà.

Il se pencha alors légèrement, ses yeux perçant les miens, et pour la première fois, il laissa transparaître une forme d'émotion. Pas de la compassion, non, mais une forme d'intérêt, de curiosité.

- Tu n'es pas comme les autres, dit-il soudainement, sa voix basse, presque douce, mais glacée.

Je ne savais pas comment réagir à cette remarque. J'étais peut-être différente, mais pas de la manière dont il l'entendait. Et pourtant, quelque chose dans ses mots me fit frissonner.

Il se redressa lentement, son visage redevenant celui d'un prédateur calculateur.

- Les autres "pets", ils finissent toujours par se soumettre. Mais toi... toi, tu n'as pas encore compris que tu n'as plus le choix, n'est-ce pas ?

Je ne répondais pas. Je ne pouvais pas. Les mots me manquaient, et tout ce que je voulais, c'était être laissée seule, m'échapper à ce moment, fuir cet être qui semblait se nourrir de ma peur.

Il tourna les talons et s'éloigna, mais sa voix résonna dans l'air, se frayant un chemin dans mon esprit, s'insinuant dans chaque recoin de mon être.

- Mais ce n'est pas grave, tu comprendras vite... Tu t'adapteras, comme toutes les autres.

Je restai là, le cœur battant, une sensation de malaise s'installant dans ma poitrine. Ses mots n'étaient pas seulement une menace. C'étaient des prophéties, des vérités imposées, et je savais, au fond de moi, qu'il n'était pas un simple vampire parmi d'autres. Il était un Seigneur.

Un Seigneur dont la cruauté allait bien au-delà de ce que j'avais imaginé.

Je sentis les larmes piquer mes yeux, mais je les chassai violemment. Non, je ne pleurerai pas. Pas devant lui. Pas devant personne.

Le silence régna de nouveau, lourd et oppressant, alors qu'il disparaissait derrière la porte. Mais il laissa une trace derrière lui, une empreinte indélébile, comme une marée noire qui envahit mon âme.

Je me retrouvai à nouveau seule. Seule dans la cage, seule dans ce monde.

Et pourtant, quelque part au fond de moi, une flamme vacillante continuait de brûler. Une lueur, aussi faible soit-elle, une résistance inavouée, un rêve fragile que je ne pouvais pas étouffer.

Il m'avait marquée, oui. Mais il ne m'avait pas brisée. Pas encore. Et tant qu'il me restait un souffle, une étincelle de volonté, je lutterai.

Les heures s'étiraient dans un silence étouffant, le temps semblant se dilater, comme si chaque minute passée dans cette cage était un petit écart entre la vie et la mort. Les murs étroits semblaient se rapprocher de plus en plus, comme si l'espace lui-même voulait m'engloutir. J'avais l'impression que même l'air me trahissait, m'empêchant de respirer pleinement, chaque inspiration devenant une lutte contre l'oppression qui m'envahissait.

Les pensées tournaient en boucle dans ma tête. La scène avec le Seigneur revenait sans cesse, comme un écho sourd. Ses mots, si simples mais pleins de sens, se glissaient dans mon esprit, se faufilant comme une rumeur qui se répandrait jusqu'à mon âme. "Tu t'adapteras, comme toutes les autres." L'idée qu'il puisse avoir raison, que j'étais condamnée à subir le même sort que toutes les autres avant moi, me torturait. Mais, quelque part, une petite voix, presque inaudible, se rebellait contre cette fatalité.

Je n'étais pas comme les autres. Non. Je refusais de l'être.

Je me redressai lentement, mes bras engourdis par la position forcée, mes jambes tremblant sous le poids de ma propre chair. Mais c'était une douleur familière. Une douleur que j'avais appris à ignorer, comme j'avais appris à ignorer tout ce qui faisait partie de ce monde cruel. Mes yeux se posèrent sur la porte de ma cellule. Fermée à double tour, comme toujours. Pourtant, aujourd'hui, il y avait quelque chose de différent. Un frisson d'espoir, aussi mince soit-il, me traversa.

Le silence régnait, mais il y avait quelque chose dans l'air. Une sensation étrange, un changement imperceptible, comme si les ténèbres qui me cernaient n'étaient pas aussi solides qu'elles semblaient. Peut-être que, tout au fond de moi, je savais que quelque chose allait se passer. Quelque chose allait changer.

Une légère brise pénétra par la fenêtre, et je sentis son souffle sur ma peau. Ce n'était pas grand-chose, mais c'était suffisant. Une caresse, une promesse, une esquisse de liberté. C'était tout ce dont j'avais besoin pour raviver la flamme en moi.

Je me dirigeai lentement vers la fenêtre, mes mouvements hésitants, comme si j'avais peur de briser cette illusion fragile de tranquillité. Mais en atteignant le rebord de la fenêtre, un léger frisson me parcourut. Là, dans la nuit, une silhouette se dessinait, presque invisible dans l'obscurité. Je m'immobilisai, mon cœur battant plus fort. Était-ce... un vampire ? Ou peut-être un esclave, un autre prisonnier de ce monde ?

La silhouette se déplaça avec une précision presque surnaturelle, glissant dans l'ombre comme une ombre elle-même. Mon regard se fixa sur elle, mes yeux s'habituant peu à peu à la pénombre. J'avais l'impression qu'elle m'appelait, que quelque chose dans cette figure nocturne avait une connexion avec moi, une connexion que je ne comprenais pas encore.

Une nouvelle pensée m'envahit. Et si cette silhouette, ce spectre qui se mouvait dans la nuit, représentait une chance ? Une chance de m'échapper, de fuir ce qui semblait être une destinée inéluctable ? J'étais prête à tout, à risquer ma vie pour une chance, même infime, de m'échapper de cette cage.

Je pris une profonde inspiration et me retournais, cherchant mes affaires dans la cellule. Rien d'utile, rien qui puisse me servir à fuir. Mais il y avait une autre chose, quelque chose que je n'avais pas remarqué avant. Un petit objet qui traînait dans un coin de la pièce, presque oublié. Un morceau de fer, brisé et rouillé. Probablement une vieille pièce d'un meuble ou d'une porte. Peu importe d'où il venait, l'important, c'était qu'il pourrait m'être utile.

Je m'emparai de l'objet, le serrant dans ma main, mon cœur battant dans ma poitrine. Je ne savais pas ce que je ferais de ce bout de fer, mais il était mon seul allié. À cet instant précis, il représentait ma liberté. Il représentait l'espoir, même s'il était aussi fragile qu'un fil.

Les secondes s'étiraient alors que je restais là, accroupie dans l'ombre de ma cellule, les yeux fixés sur la silhouette qui se déplaçait toujours dans l'obscurité. Chaque geste qu'elle faisait semblait calculé, mais il y avait une certaine urgence dans ses mouvements. Comme si elle savait, comme si elle ressentait la même chose que moi.

Je n'avais plus de doute. Cette silhouette n'était pas là par hasard. Elle avait un but, et ce but était de me sortir de cet endroit. De me sortir de ce monde.

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