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Couverture du roman Le jour où ma vie bascula

Le jour où ma vie bascula

À 3 h 58, mes yeux s’ouvrent dans l'obscurité totale de la chambre. Précédant mon alarme de deux minutes, je reste immobile, laissant ma vue s'adapter au noir. Assise sur mon lit de fortune, j'observe avec tendresse mes trois petits anges profondément endormis. Leurs pieds s'entremêlent dans un calme absolu. Ils représentent mon unique trésor, la seule force qui me pousse à me lever chaque jour pour affronter la cruauté de notre existence quotidienne.
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Chapitre 3

***CHAPITRE 1: ENFANT MODÈLE ***

**MYRNA NZAOU**

Comme si les gens s'étaient passés le mot, toute la salle s'est retournée pour me regarder. Le prédicateur a levé ses yeux pour me regarder et j'en ai fait de même, nos regards se sont accrochés. Mon corps s'est figé et j'ai senti mes jambes me lâcher. Je me suis retrouvée au sol. J'ai juste eu le temps de l'entendre crier au micro.

Ethan: Myrna??

Et ce fut le trou noir. Lorsque j'émerge, le premier visage que je vois est celui de maman Jeanne car elle se trouve au-dessus de moi sur le lit sur lequel ils m'ont mis. Nous sommes dans l'une des salles qu'on exploite souvent pour faire des délivrances.

Maman Jeanne : Mimi ça va mieux ? Tu nous as fait une de ces peurs.

Moi : (me redressant du petit matelas sur lequel j'étais allongée) Oui mam, ne t'inquiète pas pour moi.

Maman Jeanne : C'est comment tu t'es évanouie de la sorte ?

Pasteur Mike: Oui ma fille, c'est comment ? Tu as fait comme si tu avais vu un fantôme.

Moi : Oui enfin non, c'est juste que j'ai cru voir quelqu'un mais ce n'était qu'une

Voix: (de l'extérieur de la pièce) Elle s'est réveillée ?

C'était la voix de la responsable des chantres. Cette femme m'avait surprise une fois à la maison en train de chanter, je ne savais même pas qu'elle écoutait, maman était malade et elle m'avait demandé de chanter pour elle car elle était persuadée que si je le faisais, elle guérirait. Elle savait que c'était la seule façon de me tenir en dehors des heures où je consentais à le faire. J'avais chanté et la responsable des chantres qui venait à la maison prier pour maman m'avait écoutée , d'après elle, elle avait tellement été saisie que lorsqu'elle était rentrée pour constater que c'était moi qui le faisait, elle n'en revenait pas. Depuis lors, elle me persécutait presque pour me faire intégrer le groupe de chantres, mais comme je l'ai dit plus tôt, c'était non, j'avais définitivement fermé la porte du chant, j'avais déjà fait l'effort de revenir à l'église et reprendre la prière, il ne fallait pas m'en demander plus.

J'ai reconnu sa voix et j'ai levé les yeux en direction de la porte et là mes yeux ont à nouveau croisé son regard et de nouveau, je me suis figée. Ce n'est pas possible, donc ce n'était pas un rêve ? C'était bien lui ? Il avait certes grandi, ce n'était plus le jeune garçon de 17 ans que j'avais connu 11 ans plutôt, il avait davantage grandi et pris du muscle. Ses traits du visage s'étaient beaucoup plus affirmés pour lui donner un caractère d'homme plutôt que celui de l'adolescent qu'il était. Pourtant lorsqu'on le regardait, on pouvait parfaitement reconnaître son visage car c'était exactement le même que ses trois enfants avaient pris. Ce n'était pas possible, ça ne pouvait pas être lui. Comment ça se fait ? Nous étions là à nous regarder jusqu'à ce qu'il commette l'erreur de prononcer mon prénom.

Ethan : (me fixant et faisant un pas dans ma direction ) Myrna.

Le son de sa voix est venu bousculer des choses à l'intérieur de moi et la surprise que je ressentais s'est transformée en colère. J'ai senti une boule partir de mon ventre pour ma gorge, me faisant trembler au passage, mon regard s'est assombri et mes traits se sont durcis.

Moi: Ne t'approches pas de moi et sors d'ici.

Ethan : Myrna je

Moi: (Hurlant) Sors d'ici espèce de chien, sorcier, criminel, agent du diable, démon.

Le pasteur et maman ont écarquillé les yeux de surprise sans doute dépassés par la situation.

Maman Jeanne : (abasourdie) Mimi c'est comm

Moi: (le regardant qui s'était arrêté mais me fixait toujours) J'ai dit de sortir de cette pièce assassin.

Pasteur Mike: Ma fille qu'est-ce qui t'arrive ?

Ethan : Je veux juste

Je me suis levée du lit pour ramasser la première chose qui me tombait sous la main et c'était une bouteille d'huile d'olive. J'ai lancé ça dans sa direction avec tellement de force qu'elle est allée se briser contre le mur derrière lui parce qu'il avait esquivé.

Maman Jeanne : (Mettant ses mains sur sa bouche choquée ) Saint Esprit.

Papa Mike était tout aussi choqué que maman et me regardait avec de grands yeux et la bouche ouverts. Attirés par le bruit que cela a causé, certains frères et sœurs sont rentrés dans la pièce pour comprendre ce qui se passait. Mais cela ne m'a pas arrêté pour autant, j'ai attrapé une autre bouteille et j'avais l'intention de répéter le geste quand papa Mike m'a attrapé pour m'empêcher de le faire.

Pasteur Mike: Ma fille calme toi.

Moi: (me débattant avec lui) Lâchez-moi, je vais le tuer aujourd'hui ce sorcier. Cet envoyé du diable.

Pasteur Mike: (aux frères) Venez m'aider.

Dimitri : (un frère) Elle est possédée ?

Moi : Lâchez-moi.

Pasteur Mike: (à Ethan) Homme de Dieu svp, sortez de cette pièce.

Il m'a regardé pendant un moment avant de partir. Le pasteur et les frères se sont mis à prier pour moi afin que je me calme car j'étais toujours très agitée. Je me débattais toujours jusqu'à ce que j'éclate en sanglot et je tombe à genoux. Ils m'ont relâché et se sont tous mis à me regarder. Personne ne comprenait ce qui se passait. C'est vrai que depuis 3 ans maintenant que je fréquente cette assemblée, j'ai toujours été très étrange mais jamais je n'ai agi de la sorte. Là c'était un autre niveau, j'étais vraiment comme quelqu'un qui était possédé ou sous l'emprise des puissances ténébreuses.

Maman Jeanne : Svp, laissez nous un moment.

Pasteur Mike: (aux autres) Allons-y.

Ils sont tous sortis un à un, nous laissant maman et moi toutes seules dans la pièce. J'étais toujours à genoux en train de pleurer. Maman est venue s'agenouiller à mes côtés et m'a touchée l'épaule.

Maman Jeanne : Mimi c'est comment ?

Moi: (m'agrippant à elle) Maman que cet homme ne s'approche plus jamais de moi et je veux rentrer à la maison.

Maman Jeanne : (me caressant le dos pour m'apaiser) C'est bon mon bébé, c'est bon. On va rentrer, mais calme toi maintenant et essuie tes larmes.

Je me suis redressée et me suis exécutée.

Maman Jeanne : Attends-moi là, je vais aller dire aux autres qu'on rentre à la maison. Tu as compris ?

J'ai bougé ma tête en signe affirmatif et elle s'est relevée pour sortir. Je suis restée quelques minutes toute seule avant qu'elle n'entre à nouveau avec le pasteur.

Pasteur Mike: Myrna tu es sûre que ça va ?

Moi: Oui. Je veux juste rentrer à la maison.

Pasteur Mike: D'accord. Demain je viendrai te voir.

Il s'est encore entretenu avec maman avant de nous laisser partir. Quand je suis sorti de la pièce, les gens me regardaient comme une extra terrestre ou une personne qui avait perdu ses esprits. Je ne me suis pas attardée dessus. En sortant du grand bâtiment, j'ai aperçu ce démon debout en train de parler avec un autre pasteur de l'église. Il était de dos, le pasteur Samuel lui a dit quelque chose et il s'est retourné pour me regarder, nos regards se sont accrochés. J'ai détourné le mien et je suis sortie du grand portail pour aller attendre maman à la route car elle s'était approchée d'eux pour les saluer. Dès qu'elle est revenue, j'ai arrêté le taxi et nous sommes rentrées à la maison. Le trajet était silencieux, je sentais de temps en temps son regard insistant sur moi, mais elle ne disait rien. Nous sommes arrivées au quartier, j'ai payé avant de descendre et de marcher à pas pressés vers la maison. Elle tentait tant bien que mal de suivre mon rythme. Lorsque je suis rentrée à la maison, je me suis directement dirigée vers ma chambre où étaient mes 3 enfants. Je suis allée les trouver sur le lit et les ai serrés dans mes bras à les étouffer.

Kilian: (étonné) Maman, tu nous fais mal.

J'ai légèrement relâché l'étreinte.

Moi: Je suis désolée.

Ethan : Tu as pleuré maman ?

Moi: Non.

Ils se sont tous les trois détachés pour me regarder dans les yeux. Ces enfants lisent en moi comme dans un livre ouvert, à chaque fois que j'essaie de leur cacher des choses, ils le devinent presque toujours.

Lilian : Maman ne ment pas, tu as pleuré.

Kilian : Quelqu'un t'a fait du mal ?

Moi : (Silence)

Ethan : Regarde comment tu trembles.

J'ai baissé mes yeux et je me suis rendue compte que je tremblais effectivement. Je suis énormément bouleversée. Mon être entier est complètement troublé.

Eux: (inquiets) Maman qu'est ce qui t'arrives ?

Maman Jeanne : (debout devant la porte) Les enfants, allez-y dans ma chambre. Je vais parler avec votre mère.

Ethan : (regardant sa grand-mère) Maman est malade ?

Maman Jeanne : Non mon poussin, elle n'est pas malade. Il faut juste que je lui parle. Allez-y prier pour elle d'accord ?

Eux: (en chœur) D'accord.

Ils m'ont fait chacun un bisou sur la joue avant de sortir de la chambre. Mes larmes se sont remises à couler.

Maman Jeanne : Regarde comment tu effraies les enfants Mimi. Est-ce que c'est normal ? Tu fais comme si tu avais vu (écarquillant les yeux de surprise, je crois qu'elle vient de comprendre ce qui se passe) C'est lui ?

Moi : (silence)

Maman Jeanne : (se rendant à l'évidence) Mais bien sûr que oui, c'est lui. Il ressemble comme deux gouttes d'eau à ses enfants, en plus ils ont les mêmes prénoms. Je me disais bien que l'homme là me rappelait quelqu'un. Dès que je l'ai vu, j'ai tout de suite pensé aux enfants mais je me suis dit que c'était impossible, il n'y avait pas moyen. Mais maintenant je comprends tout. Je comprends maintenant ta réaction tout à l'heure à l'église. Mais est-ce que c'est une raison de t'affoler comme ça ? Jusqu'à tu fais même peur aux enfants. Il faut maintenant m'arrêter ça, tu m'entends ? Regarde comment tu trembles ? Tu veux maintenant sortir en vampire mon Dieu ?

Je tremblais toujours et les larmes continuaient de couler. Après avoir longtemps parlé, elle a prié pour moi afin que je puisse être apaisée. Comme tout le long je ne parlais pas, elle m'a dit de me reposer cette nuit et que demain nous parlerons elle et moi. Elle m'a dit que les enfants allaient dormir avec elle ce soir et est sortie après m'avoir fait un bisou sur le front. Je suis restée assise sur mon lit et mes larmes se sont mises à couler de plus en plus fort. Revoir cet homme a ouvert des dossiers dans ma mémoire que je m'étais efforcée d'enfouir à l'intérieur de moi durant toutes ces années. Des plaies que je pensais être guéries se sont ouvertes et mon cœur s'est de nouveau compressé dans ma poitrine. La douleur, la honte, le mépris, la tristesse, la solitude, le rejet et la culpabilité que j'avais autrefois ressenti ont refait surface et comme si quelqu'un avait appuyé sur le bouton "play" sur un écran, j'ai revu le film de ma vie défilé devant mes yeux sans que je ne puisse l'en empêcher. J'ai fermé mes yeux et mon esprit m'a ramené dans mon passé que j'ai tenté d'oublier, c'est-à -dire à onze années en arrière…

*FLASH BACK, ONZE ANS PLUS TÔT.*

J'étais à genoux, une main tenant le micro et l'autre levée vers le ciel, les larmes coulant de mes yeux fermés . J'adressais un chant d'adoration à mon Dieu et je pouvais sentir que sa présence était forte dans la salle. Je ne saurais concrètement dire ce qui se passe actuellement autour de moi, car moi-même je sentais que j'étais déconnectée de la réalité. Je n'entendais plus, ni le son des instruments des musiciens qui m'accompagnaient, ni les voix des chœurs, encore moins celle du pasteur Cédric qui parlait au tout début de mon chant, non plus la voix du peuple qui priait chacun à sa place. Non, je n'entendais définitivement plus rien. J'étais une fois de plus partie. Tout ce que je savais c'était que je continuais à chanter encore et encore jusqu'à ce que je sente que l'Esprit me poussait à arrêter alors je l'avais fait. Il me fallait encore quelques minutes avant de saisir le bruit du piano que le frère Samuel jouait derrière moi.

C'était toujours ainsi que les choses se passaient quand j'étais le lead pendant les cultes à l'église.

Petit à petit la pression était redescendue et le Pasteur Cédric avait fait une prière à laquelle nous avons tous dit "Amen !" avant de se mettre à enseigner….

Sara: Toi là quand tu chantes vraiment, on dirait que tu es dans le ciel avec les anges hein.

Moi: (riant) Tu as des problèmes Sara.

Sara: Ah mais je dis la vérité, demande à qui tu veux et on te le dira. D'ailleurs tu crois que pourquoi c'est toujours toi qu'on programme pour officier durant les cultes du dimanche ? C'est parce que dès que tu prends le micro, il y a un truc qui se passe. Tu comprends que même le païen qui passe dehors ivre dans son vin, s'arrête d'abord pour t'écouter ensuite il vient donner sa vie à Jésus. Tu crois que c'est une petite affaire ?

Moi: Ah, il ne faut pas exagérer oh.

Sara: Je n'exagère pas. Nous tous on est chantre ici et on chante tous bien, mais pour toi là, c'est un autre niveau maman. C'est vous là les futures chantres internationaux.

Moi: (riant) Amen oh. On sera ensemble.

Sara: Toi avec qui ? Nous autres là on chante juste parce qu'on suit le mouvement, pour toi là c'est un ministère et nous le savons tous. Je ne sais pas pourquoi les gens font la jalousie et veulent souvent se comparer à toi, ils se font mal pour rien. Quand t'es appelé t'es appelé et ça se voit.

Andrea : (venant nous retrouver) La réunion des chantres va commencer. La respo a dit de rentrer déjà dans la salle.

Nous nous étions levées et étions rentrés en même temps que tous les autres chantres. Nous étions à peu près deux centaines de chantres, hommes /femmes, jeunes / vieux. Avec les musiciens, on atteignait les 230 personnes à peu près. Oui nous étions assez nombreux, mais il fallait dire aussi que notre église était une assez grande église comptant 5000 membres. Donc ça se justifiait un peu.

La respo avait ouvert les moments avec la prière avant d'annoncer l'ordre du jour qui portait essentiellement sur les remarques positives ou négatives par rapport à notre service durant les temps. Elle avait relevé les points forts et les points faibles, nous avait exhorté à faire mieux la prochaine fois, elle avait également écouté ce que tout le monde avait à dire avant de prier pour la fin et nous libérer.

Sara : (nettoyant les chaises) Tu vas partir avec le pasteur Grégoire (mon père) ou bien avec nous ?

Moi: (essuyant à mon tour) Avec vous. Papa et maman vont rentrer en retard aujourd'hui. Il y a la réunion avec tous les ministres et les responsables des départements aujourd'hui.

Sara: Ah oui c'est vrai et la semaine prochaine, il y aura AG (assemblée générale)

Moi: Oui.

Sara : OK.

Moi : Bon faisons vite si on veut avoir l'espoir de finir avant 18h.

Sara: Si tu chantais, on aurait déjà eu des forces pour finir tout ça.

Moi : (riant) Tu as des problèmes. Toi-même tu es chantre non, il faut chanter.

Sara: Tu sais bien que ce n'est pas la même chose.

Moi: (souriant) Tu as trop les foutaises S.

Sara : Mimi chante non, on va avoir les forces. Je vais faire les chœurs.

Moi : Non oh.

Sara : (me faisant les yeux doux) Allez Mimi, chante une chanson seulement pour ta sœur adorée.

Moi : (capitulant) C'est parce que c'est toi. Je chante quoi ?

Sara : (réfléchissant) Chante " Dieu veille sur sa parole et il fera"

Moi: Tu as dit un chant, là ça fait deux.

Sara: Tu mixes les deux pour en faire un

Moi: Hum, OK. (me raclant la gorge) Hum, Hum.

(chantant) Dieu veille sur sa parole

En son temps, il l'accomplira

Dieu veille sur sa parole

En son temps, il l'accomplira (*3)

Toutes ses promesses envers toi

(claquant les doigts quatre fois pour lui donner le top et nous avons repris cette partie ensemble.

Nous : Dieu veille sur sa parole

En son temps, il l'accomplira

Dieu veille sur sa parole

En son temps, il l'accomplir à (*3)

Toutes ses promesses envers toi

Moi : (toute seule, enchaînant) ohohohoh Dieu est capable de faire

tout ce qu'il dit

Il fera.

Il accomplira toutes ses promesses

Envers toi

Garde ta foi en Dieu

Il ne t'abandonnera pas

Il fera. (battant dans mes mains) Il est capable

Nous : Dieu est capable de faire

tout ce qu'il dit

Il fera.

Il accomplira toutes ses promesses

Envers toi

Garde ta foi en Dieu

Il ne t'abandonnera pas

Il fera..

C'était ainsi que nous avions chanté, dansé et essuyé tous les sièges qui étaient dans le temple sans voir le temps passé. La salle de culte était construite comme un amphithéâtre, plus on s'éloignait de l'estrade, plus on montait et les sièges étaient repliables. Nous avions tout essuyé, ramassé les ordures et balayé dans les couloirs jusqu'à ce que maman Odette (la mère de Sara) vienne nous dire que le chauffeur était déjà dehors et qu'il nous attendait. Elle avait également dit à Sara de ne pas oublier de récupérer son frère et sa sœur en partant car elle rentrerait bien plus tard à cause de la réunion. Comme on avait déjà terminé, nous étions partis de l'église. J'allais passer mon après-midi chez eux.

Mon nom était Myrna Précieuse NZAOU j'avais 15 ans, j'étais en classe de première S dans un lycée privé de la place. J'étais l'unique enfant de mes deux parents Grégoire et Rosalie NZAOU. Mes parents n'avaient pas eu d'autres enfants, pas par choix mais parce qu'ils n' étaient pas capables d'en avoir. Avant moi, c'était compliqué d'après ce qu'ils m'avaient raconté. Au début de leur mariage, les cinq premières années, il n'y avait rien. Après avoir consulté, ils ont appris que papa avait une maladie bizarre dont je n'avais pas retenu le nom, et qui faisait que sa production de spermatozoïdes était faible et en petit nombre. Après avoir fait des traitements qui avaient duré près de deux ans, maman avait attrapé son premier retard mais la grossesse était passée après le deuxième mois. Cela avait été pénible pour eux mais ils avaient continué à persévérer et croire en Dieu. Après 6 fausses couches et 15 ans de mariage, j'avais vu le jour. Ils m'avaient appelé "Précieuse" parce que je l'étais pour eux eu égard à tout ce qu'ils avaient traversé pour m'avoir et "Myrna" pour rendre hommage à la femme de Dieu qui avait prié pour maman et lui avait prédit ma venue et mon avenir. Elle leur avait dit que la louange et l'adoration allaient être sur mes lèvres en longueur de journée aussi bien que depuis que j'avais appris à parler, je ne faisais que ça. Le chant pour Dieu faisait partie intégrante de ma vie, je dirais même que c'était toute ma vie. On disait même que je chantais en dormant (sourire) voyez un peu la profondeur des choses. Quoi qu'il en soit, après moi, ma mère avait encore fait deux fausses couches et ils avaient décidé de ne plus chercher à en faire, ils rendaient grâce à Dieu pour moi et nous vivions tous les trois. Mon père était chargé d'étude au ministère des affaires étrangères et un des pasteurs de notre église. Ma mère travaillait au ministère de la fonction publique en tant que directrice adjointe des recrutements, à l'église, elle était monitrice de l'école du dimanche et responsable adjointe des femmes. Ils étaient tous les deux dans le conseil de l'église.

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