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Couverture du roman Le fils du gouverneur

Le fils du gouverneur

Persuadée que le sort s'acharne sur elle à cause de sa pauvreté, Kaabéra bascule dans la délinquance au sein de son lycée. En volant la jeune Maëlla, elle ignore s'en prendre à la fille du gouverneur. Menacée, l'enfant finit pourtant par tout avouer à son frère, Ariel, lors de la remise des prix. Bien décidé à punir celle qui a brutalisé sa sœur, le fils du gouverneur confronte Kaabéra. Mais entre haine et justice, leurs destins s'apprêtent à prendre un tournant romantique inattendu.
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Chapitre 3

     Ça faisait deux semaines qu’on m’avait fouettée avec la matraque mais je ressentais toujours la douleur et j’avais des cicatrices sur le corps.

J’avais dû les cacher pour que mes parents ne le sachent pas. S’ils avaient appris ce que j’avais fait, ils m’auraient fait plus que ça!

     Heureusement que le fils du gouverneur n’avait pas eu le réflexe de toquer à la porte pour tout leur dire. D’ailleurs, pourquoi est-ce que je l’avais amenée chez moi au lieu de lui demander de garer devant une autre maison que la mienne? Mais bon, je n’y avais pas pensé.

     Jessy et Patrick étaient allés en vacances le lendemain après la remise des bulletins. Moi j’étais restée avec mes parents pour les aider dans toutes les tâches.

Je n’avais rien dit de ce qui c’était passé à mes potes en dehors que c’était un mal entendu et qu’il avait confondu de personne. J’avais un peu honte de leur dire qu’on m’avait tabassée (fouettée) , moi, Dassi Kabéra, une badgirl!

     Il m’arrivait de penser à Ariel, le fils du gouverneur. Je pensais à ce que j’avais fait à sa sœur et honnêtement, je m’en foutais pas mal! Je pensais surtout à ce qu’il m’avait fait et je voulais me venger mais comment? Le faite d’avoir été une fille faible devant lui était pour moi insupportable! Non, ce n’était pas moi.

     Moi j’étais une lionne, une fille dure qui s’imposait et dont les gens avaient peur.

     Un soir pendant que j’étais sur la véranda entrain de penser à cette situation, mes parents m’ont demandé de les rejoindre au salon pour qu’on parle de ce que j’allais faire pendant les vacances en dehors de les aider à la maison.

— Ma fille?

— Oui papa!

— Que compte tu faire pendant ces vacances?

— Aider maman à m’occuper de mes frères et sœurs et à faire d’autres tâches non? En tout cas c’est de mon devoir d’enfant de faire les tâches ménagères donc…

— Tu as raison ma fille. Tu es vraiment respectueuse et j’aime ça! On dirait une femme or tu es encore une petite fille de 16 ans!

— Haha merci maman mais bientôt j’aurai 17 ans hein…

— Haha Okay! Ton père et moi avions décidé de t’ouvrir un petit commerce qui pourra nous rapporter un peu plus d’argent. Tu composes le probatoire l’année prochaine et il va falloir qu’on paie les frais de dossier…

— Quel commerce?

— Dis-nous!

— Okay donnez-moi ce soir pour réfléchir d’accord?

     Ils ont accepté et je suis allée me coucher pour y penser et pour dormir aussi car j’avais sommeil.

    Le lendemain matin, je leur ai dit que je voulais vendre l’okok, un plat du pays car ça se vendait vite et ça rapportait beaucoup d’argent.

     C’est vrai que l’idée de voler  les gens était venue dans ma tête mais c’était un peu risqué de le faire en dehors de l’école.

     À l’école, les élèves ne pouvaient pas me dénoncer facilement! Au Cameroun, quand tu voles un grain d’arachide seulement, on te brûle.

Ce que du fils du gouverneur m’avait fait m’avait un peu calmée car il m’avait menacé de me faire du sale s’il me voyait en train de voler.

     J’avais donc opté pour la vente de l’okok. Je suis allée le même jour faire les courses au marché et le lendemain matin, j’ai tout préparé et je suis sortie tôt avec la nourriture, les assiettes, les verres, un tabouret et un parapluie pour bien m’installer. J’ai tout mis dans un pousse pour faciliter le transport.

     J’étais peut-être un garçon manqué mais je savais très bien faire la cuisine. Ma mère m’avait tout appris depuis mon jeune âge et j’en étais fière.

     Dès lors que je servais un client, il faisait ma publicité  à ses proches car c’était vraiment bon ma nourriture.

 C’est comme ça que je vendais l’okok plusieurs fois par semaine et je gagnais pas mal d’argent.

      Il restait deux semaines avant la rentrée et Je suis allée au marché vers 12h pour acheter mes fournitures scolaires et quand j’ai fini, j’ai acheté les feuilles d’okok et tout ce qui va avec et je suis rentrée.

J’avais décidé de redoubler d’efforts pour plus gagner de l’argent car mon petit frère, celui qui me suivait avait déjà atteint l’âge d’aller à l’école et je voulais lui faire une surprise en lui achetant quelques fournitures scolaires et chaussures.

     J’ai préparé deux grosses marmites d’okok en soirée avec beaucoup de maniocs et je suis allée au marché. La femme qui avait l’habitude de vendre le haricot près de moi n’était pas venue. J’ai donc décidé de m’installer sur sa place.

     C’était un samedi et il y avait beaucoup de clients et moi toute sérieuse, je les servais avec sourire, bienveillance et respect.

     La nuit a commencé à tomber et j’ai vite servi mes derniers clients pour rentrer. J’ai tout rangé dans mon pousse et je me suis mise à pousser tout en marchant. Ma maison n’était pas très loin du marché. J’avais pour au moins 30 minutes à pieds avant d’arriver à la maison.

     Il faut dire qu’il faisait froid malgré que j’avais mis un gros pull.

Le ciel était devenu plus noir et ça me faisait un peu flipper mais bon, j’étais une fille assez courageuse.

     À un moment donné, je me suis mise à chanter pour tuer un peu l’ennui. Je n’avais pas une belle voix, je l’avoue.

Alors que j’étais à fond dans ce que je faisais, j’ai senti une main me toucher sur mon épaule par derrière.

J’ai sursauté et je me suis retournée.

— Encore toi? Eh pardon j’ai changé, pardon seulement!

     Il a gardé son calme et il m’a regardée pendant un bon moment avant de dire…

— ARIEL : C’est bien si tu as changé! On peut gagner son argent dignement, sans faire de mal à personne…

— D’accord grand! Que faîtes-vous là?

— Euh rien! Je passais et je suis tombé sur toi.

     Il avait garé sa voiture un peu plus loin sur le côté de la route.

— Vous voulez encore me punir pour votre sœur? Je pense que j’ai déjà payé ma dette et je jure que je ne me laisserai plus faire!

— Je vois là des marmites dans le pousse! Je suppose que tu étais vendre de la nourriture, c’est génial! Sers-moi et viens avec dans ma voiture s’il te plaît.

     Il n’était pas du genre à bavarder inutilement. Tout ce qu’il disait avait un sens et un but. C’est pourquoi il avait l’habitude d’introduire ses sujets à lui plutôt que de continuer sur ce que moi j’avais commencé. Après avoir dit ces mots, il s’est retourné et il s’est dirigé vers sa voiture.

     J’avais un tout petit okok et quatre derniers morceaux de maniocs car je rentrais toujours avec un tout petit peu pour manger.

Je suis allée lui donner ça et je suis retournée attendre devant mon pousse. Je me suis mise à le guetter de temps en temps et je l’ai vu manger avec appétit.

Quand il a fini, il est venu me voir.

— Merci, c’était très bon même comme c’était un peu froid mais bon, c’est normal! Dis, je te dois combien?

     Je ne savais pas trop quoi répondre.

— Euh…

     Il a sorti cinq billet de 10.000f et il m’a donné.

— Tiens!

     J’étais vraiment heureuse. 50.000f? Waouh! Je l’ai remercié et j’ai même failli me mettre à genoux.

— Euh non non! Bon, tu es très jeune et c’est dangereux pour toi de marcher seule à cette heure. Soit tu entres dans la voiture et tu laisses ton pousse et tes marmites ici, soit je te raccompagne  avec toutes tes affaires et je rentre prendre la voiture pour continuer mon chemin.

     J’ai choisi la deuxième option et je l’ai remercié. J’avoue qu’il me faisait me sentir femme car Je devenais toute petite devant lui. Je n’osais pas mal lui parler ou lui désobéir. J’étais plutôt soumise.

     On a commencé à marcher et chacun et resté muet.

J’ai décidé de briser  le silence.

— Dîtes, comment va votre copine?

— Bien merci. Et ton copain?

— Je n’en ai pas!

— D’accord! Tu es encore petite donc concentre toi sur tes études… Dis, tu as quel âge.

— 17 ans.

     Il a commencé à gratter sa tête puis, il a dit:

— Voilà, tu es jeune et tu dois te concentrer sur tes études!

 — Et vous?

     Il m’a regardée et il n’a pas répondu à ma question.

— J’espère que tu as vraiment changé et que tu le feras plus de mal à personne.

— Euh oui oui.

     On était là, côte à côte en train de marcher et c’est lui qui poussait mon pousse. Je ne savais pas trop comment le définir.

     Des fois il était gentil, des fois non. Des fois il était parlait, des fois non et quand même il parlait, c’était pour dire ce que lui il voulait dire et non ce que moi je voulais forcément entendre.

     Nous étions presque arrivés chez moi quand il a reçu un appel et comme j’étais près de lui, j’ai entendu la conversation.

— Allô?

— Oui chéri tu es où?

— Bah je serai là dans moins d’une heure.

— Mais tu étais censé être là depuis! C’est quand même l’anniversaire de ma mère!!!! Tout le monde est déjà là, sauf toi.

— Je suis désolé. J’ai eu un imprévu. Je serai là bientôt.

— D’accord chéri.

     Au lieu d’arriver à temps à l’anniversaire de sa belle-mère, il avait décidé de s’arrêter quand il m’a vue.

J’ai commencé à avoir des idées…

— Mais, vous étiez censé aller à l’anniversaire de votre belle-mère non? Pourquoi est-ce que vous vous êtes arrêté?

     Il s’est placé en face de moi…

— Merci pour le repas! Au revoir et bon retour!

     Quelques semaines plus tard, c’était la rentrée scolaire.

À suivre…

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