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Couverture du roman Le destin d'Aline

Le destin d'Aline

À seize ans, Aline Smith compose avec un frère protecteur, un cadet passionné d'informatique et des parents démissionnaires. Soutenue par ses amis, son quotidien bascule lors d'une rencontre décisive. Elle découvre alors l'intensité du premier grand amour, mais aussi la détresse de l'abandon. Face à cette idylle qui menace son équilibre, doit-elle risquer l'essentiel au prix de la souffrance ? Plongez dans l'existence bouleversée d'une jeune femme en quête de son destin.
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Chapitre 1

Une fois que le débit qui sort de la bouche de ma mère s'est tari, elle commence à discuter sur le choix de la radio avec mon père.

Je remets mon casque sur mes oreilles en haussant des épaules à l'adresse de mon grand frère qui roule des yeux. Je me concentre donc sur ma musique et lance un nouvel album. Je dodeline de la tête mais me fais réveiller par mon téléphone qui vibre sur mes cuisses. L'écran affiche un nouveau message venant d'Enora. Après les Bahamas, Tahiti ou les Hawaii elle part maintenant à l'île de la Réunion. Certaines personnes sont plus chanceuses que d'autres. J'espère qu'elle pensera à me ramener un ananas. Une fois que mon message lui souhaitant de s'écraser dans l'océan Indien est parti, j'essaye de trouver le sommeil mais le bruit de mon estomac gargouillant m'en empêche.

- J'ai faim, dis-je à l'intention de la voiture.

- Tu as déjà mangé il y a trois heures, se plaint ma mère.

- La sieste ça creuse l'appétit ! On aurait pas du chocolat par hasard ?

- Moi aussi j'en veux bien maman, rajoute Louka.

- Bon d'accord, mais seulement un carré, répond ma mère qui malgré ses nombreuses reproches ne nous refuse presque jamais rien.

J'attrape mon carré avant que Louka ne le mange et l'avale en quelques secondes. Une ou deux minutes plus tard je commence à stresser lorsque je me gratte les bras. Je ne me gratte jamais les bras. Pas depuis qu'on a supprimé les amandes de mon alimentation. De grosses plaques rouges apparaissent et je commence à gonfler au niveau des chevilles. Sérieusement ? Il fallait vraiment que ça m'arrive maintenant ? Je tente de prévenir quelqu'un, de parler, mais comme je m'y attendais, aucun son ne sort de ma bouche. Respirer un grand coup, voilà qui devrait m'aider. Pourtant l'air de parvient pas à mes poumons. J'essaye tant bien que mal de ne pas succomber à l'angoisse mais des vertiges font leur également leur apparition et mon inquiétude se transforme en terreur. Je ne sais vraiment pas retenir ma respiration très longtemps. Quelques secondes tout ou plus. Ma vie tient-elle vraiment à quelques secondes ? Je me penche vers Louka en ignorant Logan qui se trouve pourtant entre nous car je sais qu'il ne remarquerait rien. En tout cas personne ne réagit car Louna dort ou du moins essaye de dormir. Je m'approche tout doucement car mon corps me fait de plus en plus mal et je n'ai qu'une envie c'est m'arracher chaque centimètres carrés de ma peau. J'essaye de prendre mon souffle, mais rien n'arrive à mes poumons. Je commence à me dire que si personne ne me remarque, je ne vais pas tarder à quitter ce monde. Puis, aussi étrange que cela puisse paraître, un petit crachotement sort de ma bouche, suivi d'un peu de bave qui dégouline le long de mon menton.

- Logan, j'essaye de dormir, m'agresse Louka en me prenant pour l'imbécile qui nous sert de petit frère.

Il ouvre les yeux dans le but très probable d'ordonner à Logan de se taire ou il l'abandonne quelque part mais il voit mon état et peste en gueulant. Mon père freine à nouveau et nous sommes tous, encore une fois, projeté en avant. Un concert de klaxons se fait entendre et plusieurs voitures nous dépassent en nous insultant probablement derrière leur vitre. Nous redémarrons lentement et ma mère se retourne pour nous demander de nous taire. Elle voit mon état et crie de nouveau.

- Philippe ! Arrête toi immédiatement sur le bas côté !

Mon père coupe toutes les voies lorsqu'il voit mon état dans le rétroviseur interne et un tonnerre de klaxons se fait de nouveau entendre. À peine sur le bord que Louka sort en courant de la voiture et manque se faire renverser. Les voitures l'évitent mais il a droit à pas mal d'insultes. Ma mère prend une bouteille d'eau dans le coffre et ouvre ma portière. Louka me prend sur une de ses épaules et me pose par terre. Je vois la bouteille d'eau s'ouvrir et se déverser sur moi. Je ne peux rien faire. L'eau me gèle sur place. Les plaques sur mon corps commencent cependant à disparaître mais mon corps doit éjecter l'amande emmagasinée et je me penche sur le côté pour vomir après avoir bu une gorgée d'eau. Après ça, ma mère me tend une bouteille d'eau que j'attrape avant de me lever avec l'aide de Louka. Mon père m'enroule dans une serviette qu'il a pris dans le coffre ainsi que des affaires de rechanges.

- On s'arrête à la prochaine aire d'autoroute pour que tu puisse te changer, m'explique-t-il.

J'avale un peu d'eau que je recrache pour rincer ma bouche et je remonte dans la voiture. Je m'installe contre la fenêtre et Logan réalise enfin ce qu'il se passe autour de lui.

- Pourquoi on s'est arrêté ? C'est pas comme ça qu'on va arriver chez les cousins, soupire-t-il. Et pourquoi tu es toute mouillée Aline ? Touche pas à ma PSP.

- Aline à fait une allergie aux amandes, répond ma mère dans le but qu'il se taise.

- Et elle ne peut pas faire attention à ce qu'elle mange ?

Louka le fusille des yeux et Logan roule des yeux.

- Bon d'accord, je me tais.

- Je suis tellement désolée ma chérie, s'excuse ma mère avec les larmes aux yeux. Je fais toujours très attention à ce que j'achète mais ton frère a tenu à acheter cette plaquette sur l'aire où nous nous sommes arrêtés il y a trois heures.

- Pas de problème, je suis seine est sauve.

Je ferme les yeux pour cacher les larmes qui menacent de pointer leur nez et appuie ma tête contre la vitre en prenant une goulée d'air. La peur qui m'a saisi il y a quelques instants est partie mais la sensation de manquer d'air reste et m'angoisse. Une fois sur l'aire, mon père fait le plein tandis que ma mère achète des gâteaux -sans amande- et que je pars me changer dans les toilettes. De retour dans la voiture, j'ouvre un paquet biscuits et vérifie mon téléphone. Je discute un peu avec Amy avant qu'elle ne me laisse tomber pour Joshua, son copain depuis peu. Je me rendors encore une fois avec la musique dans les oreilles. Quand je me réveille, je ne suis plus très loin de la maison de mes cousins. Je regarde le paysage et tout ce qui entoure la voiture m'émerveille un peu, il faut l'avouer. Depuis ma plus jeune enfance je viens ici, et pourtant je suis toujours étonnée de voir que l'herbe est verte et grasse, les arbres bien haut et le ciel gris comme à Paris. Une fois que j'ai enlevé mon casque j'entends la radio locale annonçant une vigilance orange pour risque de forte pluie. J'envie parfois mes cousins d'habiter dans cette grande maison en bord de falaise mais lorsqu'ils nous racontent tous ce qu'ils doivent faire pour rejoindre la plus petite agglomération à 30 minutes en voiture, je me dis que ma vie n'est pas si mal. En tout cas, ils ont tendance à ne jamais oublier le pain.

- Maman ? Je peux réveiller Louka, demandé-je avec malice.

- Quand on sera arrivé, laisse le dormir. Par contre, tu peux prendre la console de Logan si tu veux, dit-elle avec un infime espoir.

- Non merci, la dernière fois que je me suis lancée dans une mission pareille j'ai fini avec un mal de crâne terrible et la main douloureuse, me justifié-je.

- C'est beau de rêver, soupire ma mère sans grande conviction.

Ne pouvant pas m'amuser un peu à embêter mes frères, je me recentre sur moi-même et les souvenirs que j'ai de ce lieu, les fous rires avec mes cousins ainsi que les bons moments. Au moins avec ça le temps passe plus vite. La maison finit par se dresser devant moi et une fois à l'arrêt mes parents sortent pour commencer à vider la voiture. Je me décide à réveiller mon frère qui a mis une bonne heure pour trouver le sommeil :

- Louka ? Louka ? Réveille toi, chuchoté-je de ma voix la plus apaisante possible.

Il ouvre les yeux me regarde bizarrement puis reprend ses esprits.

- On est arrivé, demande-t-il en restant appuyé sur la fenêtre.

- Non, il reste encore deux heures de routes, dis-je en gardant mon visage le plus neutre possible.

- Mais alors pourquoi est-ce que tu me réveilles, t'es chiante Aline. Maman, ajoute-t-il pour se plaindre.

Il me regarde avec un regard de tueur quand il n'obtient pas de réponse puis tourne la tête vers la fenêtre pour se rendormir. À peine quelques secondes plus tard, il ouvre de nouveaux ses yeux et s'exclame :

- Mais on est arrivé !

- Évidemment crétin, sinon maman ne m'aurait pas laissé te réveiller, me justifié-je.

Je n'attends pas qu'il réplique et sors de la voiture. Je prends mes deux valises qui attendent sagement à côté de la voiture et me dirige vers la porte de la maison quand un énorme chien me saute dessus.

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