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Couverture du roman Le Cœur du Viking

Le Cœur du Viking

Le redoutable chef viking Ragnar Thorne sème la terreur jusqu'à sa rencontre avec Elin. Fasciné par l'audace de cette jeune femme qui l'affronte en plein raid, le guerrier sanguinaire choisit de la capturer plutôt que de l'exécuter. Malgré la haine d'Elin, une tension complexe s'installe. Entre trahisons, jalousies et combats, leur lien vacille. Ragnar pourra-t-il renoncer à sa cruauté pour elle ? Une romance intense où la passion défie la violence d'un monde en guerre.
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Chapitre 2

Elin

La pierre froide sous mon corps me tirait un frisson tandis que je me réveillais dans l’obscurité. Le goût métallique du sang séché dans ma bouche me rappelait avec violence que je n’étais plus à Branvik. Branvik, mon village natal, réduit en cendres par Ragnar Thorne et ses guerriers. Mes parents, Heinrich et Freya Storm, mes frères et sœurs… tous disparus, anéantis par la brutalité de cet homme. Je suis Elin Storm, fille d’une famille massacrée, et je restais ici, captive, entourée par le pouvoir glacé et cruel de Frostgard.

Mes poignets me faisaient mal, les chaînes serrant mes mains jusqu’à laisser des marques rouges sur ma peau. Chaque mouvement me rappelait ma captivité, mais aussi ma survie. Ma haine pour Ragnar brûlait comme un feu invisible, et c’était la seule chose qui me maintenait debout. Il avait détruit ma vie, et je refusais de lui offrir une seule parcelle de peur ou de soumission. Ma colère devait être totale, absolue, mon esprit devait rester libre.

Pourtant, malgré ma détermination, je ne pouvais nier ce qu’il éveillait en moi. Ragnar Thorne… sa présence imposante, son charisme sauvage, sa puissance brute… tout en lui était effrayant et fascinant à la fois. Sa carrure, ses muscles tendus sous l’armure, le mouvement précis de chaque geste, la confiance silencieuse qu’il dégageait… il possédait une beauté dangereuse, une puissance magnétique qui me perturbait profondément. Je détestais cette attraction involontaire, et je me répétais sans cesse que c’était une faiblesse à laquelle je ne devais jamais céder.

Je me levai, serrant les chaînes qui limitaient mes mouvements. Mes muscles protestèrent, mais je devais rester forte. Mon corps pouvait être prisonnier, mais mon esprit restait libre. Je me souvenais encore des flammes qui léchaient Branvik, des cris de mes voisins, des visages figés de mes parents dans la terreur… et je devais transformer cette douleur en rage, cette rage en force. Ragnar ne m’avait pas complètement brisée. Mon esprit restait intact, et tant qu’il le serait, je resterais invincible.

Mes yeux glissèrent sur la salle froide où j’étais enfermée. Les murs de pierre, les torches vacillantes, les traces des pas des gardes… tout était sous son contrôle. Frostgard était le royaume de Ragnar, et moi, j’en étais la captive. Et pourtant, chaque pas qu’il faisait, chaque geste, chaque regard, me fascinait autant qu’il me terrifiait. Je refusais d’admettre cette part d’attention que je lui accordais, car il ne méritait pas que je montre la moindre vulnérabilité.

Il était beau. Je le haïssais, mais je devais le reconnaître. Ses traits durs, marqués par la guerre et le froid, sculptés comme par le vent et la glace, étaient impressionnants. Ses yeux sombres et perçants semblaient sonder mes pensées, comprendre mes gestes avant même que je les fasse. Et cette beauté glaciale, presque impitoyable, me dérangeait autant qu’elle m’attirait. Il représentait tout ce que je détestais et tout ce que je ne pouvais ignorer.

Chaque fois que ses pas résonnaient dans le couloir, mon cœur s’emballait, mais je refusais de trembler. Je devais maintenir ma colère intacte, nourrir cette haine qui me maintenait vivante. Il avait détruit mon monde, et je devais rester Elin Storm, fille de Branvik, survivante, invaincue dans mon esprit. Ma haine devait être complète, totale, et chaque regard que je posais sur lui devait la renforcer.

Je repensai à Branvik, aux champs ensoleillés, aux rires des enfants dans les rues, aux marchés pleins de vie. Et puis, à nouveau, Ragnar surgissait dans mes pensées. Son visage, ses gestes précis, sa voix grave et autoritaire… il avait tout pris, mais je ne céderais jamais. Ma haine était ma seule arme, ma seule protection contre la douleur, la solitude, et l’attraction dérangeante qu’il exerçait sur moi.

Parfois, je me surprenais à l’observer. Même dans sa brutalité, il y avait un rythme, une harmonie dans ses mouvements, une force que je ne pouvais ignorer. Ses épaules larges, sa carrure imposante, la manière dont il se tenait comme si chaque pas était calculé, chaque geste destiné à marquer son autorité… il était l’incarnation de la guerre elle-même, et cette puissance me fascinait autant qu’elle m’effrayait. Je devais me rappeler que c’était un homme dangereux, cruel, et que rien de cette beauté ne pouvait excuser la destruction qu’il avait semée.

Je m’assis dans un coin, les bras serrés autour de mes genoux, et je laissai mes pensées vagabonder vers ma famille et mon village. La douleur et la détresse étaient toujours là, mais je devais les cacher derrière une façade de force. Si Ragnar voyait ne serait-ce qu’une étincelle de faiblesse, il l’exploiterait. Et je ne voulais pas lui donner ce pouvoir. Je ne pouvais pas. Ma haine devait rester intacte, pure, comme un feu qui ne s’éteint jamais.

Chaque jour, chaque respiration était un rappel : je ne pardonnerais jamais. Je ne céderais jamais. Et même si une part de moi était irrésistiblement attirée par la beauté et la puissance de Ragnar, cette part devait rester cachée, ignorée, combattue. Mon corps pouvait ressentir, mais mon esprit devait rester maître. Tant que je le ferais, je serais Elin Storm, fille de Branvik, survivante, invincible dans sa haine.

Je fermai les yeux un instant, laissant mes souvenirs de Branvik me traverser. Les flammes, les cris, la solitude, et le visage de mes parents… tout cela me donnait de la force. Je ne pardonnerais jamais à Ragnar Thorne. Et même si son apparence et sa puissance me troublaient, même si une part de moi voulait regarder plus attentivement, je ne pouvais céder. Ma haine était mon bouclier, mon ancre, ma seule certitude dans ce monde devenu brutal et glacé.

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