
Le Contrat de Mariage avec le Mafieux
Chapitre 3
Chapitre 3
Luna fixait le contrat posé devant elle, l'encre noire formant des lignes nettes et implacables. Chaque mot pesait des tonnes, chaque clause semblait enchaîner un peu plus son avenir à celui de Dante. Son cœur battait trop vite, sa gorge était sèche. Elle voulait réfléchir, poser mille questions, mais elle savait qu'elle n'avait plus ce luxe.
Dante était assis en face d'elle, imperturbable. Il ne la pressait pas, il n'avait pas besoin de le faire. Il savait qu'elle signerait. Il l'avait toujours su.
Sa main tremblante serra le stylo.
- C'est irrévocable ? demanda-t-elle dans un dernier sursaut de prudence.
Dante croisa les doigts sous son menton, ses yeux sombres la détaillant avec cette intensité troublante.
- Rien ne l'est totalement. Mais si tu changes d'avis avant la fin du contrat, tu repars sans rien. Pas d'argent, pas de protection.
Luna savait ce que cela signifiait. Elle serait livrée à elle-même dans une ville où les hommes comme Dante régnaient sans pitié. Elle ne voulait pas imaginer ce qui lui arriverait si elle trahissait sa parole.
Elle ferma les yeux un instant, inspira profondément.
Puis, sans plus réfléchir, elle apposa sa signature au bas du document.
Un silence s'étira.
Dante prit le contrat, l'observa un instant, puis esquissa un sourire satisfait.
- Bienvenue dans ma vie, Luna.
***
Elle ne se souvenait même plus du trajet. Tout s'était enchaîné trop vite. À peine avait-elle signé qu'un homme en costume était apparu pour récupérer le contrat, puis Dante l'avait guidée vers une voiture aux vitres teintées garée un peu plus loin.
Le luxe de l'habitacle la mit mal à l'aise. Tout était en cuir, impeccable, beaucoup trop élégant pour une fille comme elle. Dante, lui, semblait parfaitement à l'aise, le dos droit, le regard perdu dans la ville qui défilait à travers la vitre.
Luna voulait parler, poser des questions, mais aucun mot ne lui venait. Elle était encore sous le choc.
Le silence dura jusqu'à ce qu'ils quittent la ville. Elle s'aperçut alors qu'ils s'engageaient sur une longue route bordée d'arbres. Plus ils avançaient, plus elle sentait son estomac se tordre.
- Où est-ce qu'on va ? finit-elle par demander.
Dante tourna légèrement la tête vers elle.
- Chez moi.
Son ton ne laissait pas de place aux questions.
Le paysage changeait, la ville laissant place à une vaste propriété entourée de hauts murs de pierre. Des caméras étaient postées à intervalles réguliers. Le portail en fer forgé s'ouvrit lentement alors qu'ils approchaient.
Luna retint son souffle en découvrant la bâtisse.
Un immense manoir se dressait au bout de l'allée. Austère et imposant, il ressemblait plus à une forteresse qu'à une maison. Des gardes armés patrouillaient autour.
Luna sentit une vague de panique monter. Elle n'avait jamais vu autant de sécurité autour d'une seule personne.
Dante descendit de la voiture sans attendre et elle n'eut d'autre choix que de le suivre.
L'intérieur du manoir était encore plus impressionnant. Un immense hall, des lustres en cristal, des tapis qui devaient coûter plus cher que tout ce qu'elle avait possédé dans sa vie. L'odeur du bois ciré et du cuir flottait dans l'air.
Dante ne perdit pas de temps. Il se tourna vers elle.
- Ta chambre est à l'étage, au bout du couloir de gauche. Tu es libre de circuler où tu veux... sauf dans mon bureau et dans certaines parties du manoir.
Luna hocha la tête, incapable de dire autre chose.
Dante lui jeta un dernier regard avant d'ajouter :
- Un dîner est prévu dans une heure. Ne sois pas en retard.
Puis il disparut, la laissant seule au milieu de cet immense hall.
***
Luna s'observa dans le miroir de la salle de bain attenante à sa chambre. Ses cheveux étaient encore humides de la pluie, son jean était sale, son t-shirt trop large froissé.
Elle ne ressemblait à rien.
Et pourtant, dans une heure, elle devrait s'asseoir face à Dante comme si tout cela était normal.
Elle ouvrit un placard et resta bouche bée en découvrant des dizaines de robes parfaitement alignées. Des vêtements qui n'étaient pas à elle, mais qui semblaient avoir été soigneusement choisis pour elle.
Une fois encore, Dante avait tout prévu.
Elle serra la mâchoire, piquée au vif par cette constatation. Il pensait qu'il pouvait tout contrôler.
Elle choisit la robe la plus sobre possible, un simple tissu noir qui tombait juste au-dessus de ses genoux. Elle n'allait pas lui donner la satisfaction de jouer à la poupée.
***
Quand elle descendit pour le dîner, elle sentit immédiatement l'atmosphère pesante qui régnait dans la salle à manger.
Dante était déjà assis, un verre de vin à la main. Devant lui, une table impeccablement dressée, des plats qui dégageaient une odeur alléchante.
Il releva les yeux vers elle et l'observa un instant avant d'indiquer la chaise en face de lui.
- Assieds-toi.
Luna s'exécuta, mal à l'aise.
Le silence s'étira alors qu'elle regardait la table. Des couverts en argent, une porcelaine si fine qu'elle avait peur de la casser en la touchant. Elle n'avait jamais mangé dans un endroit aussi luxueux.
Dante servit du vin dans son verre avant de la fixer.
- Je suppose que tu as des questions.
Luna croisa les bras, son regard planté dans le sien.
- Juste une.
Dante haussa un sourcil, attendant.
- Qu'est-ce que vous attendez exactement de moi ?
Il posa son verre, s'appuyant légèrement contre sa chaise.
- Que tu sois mon épouse aux yeux du monde. Rien de plus.
- Et en privé ?
Un sourire en coin étira ses lèvres.
- En privé, tu es libre. Tant que tu respectes le contrat.
Luna le détailla, cherchant une faille dans son assurance.
- Pourquoi moi ?
Dante sembla réfléchir un instant avant de répondre.
- Parce que tu n'es personne.
Luna serra les poings sous la table.
- Charmant.
- Ce n'est pas une insulte, Luna. C'est un fait. Tu n'as pas de famille, pas d'attaches. Tu n'es pas une menace.
Ses mots étaient durs, mais ils sonnaient juste.
Elle baissa les yeux sur son assiette.
- Et si je veux partir ?
Dante posa ses couverts lentement.
- Tu sais déjà la réponse.
Luna sentit un frisson lui parcourir l'échine.
Elle avait vendu sa liberté pour une illusion de sécurité.
Et il n'y avait plus de retour en arrière.
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