Couverture du roman Le Collier de Saphirs Volé

Le Collier de Saphirs Volé

9.2 / 10.0
Après avoir sauvé Thibault des flammes, je porte des cicatrices que mon fiancé méprise désormais. À l'approche de nos noces, il offre mon collier de famille à sa meilleure amie, Tiffany, prétextant que ma laideur gâcherait le bijou. Humiliée publiquement par celui que j'ai sauvé, je réalise qu'il ne m'épouse que par pitié. Le jour J, alors qu'il m'attend à Paris, je l'appelle depuis notre chapelle pour lui annoncer mon mariage avec l'homme qui m'aime vraiment.

Le Collier de Saphirs Volé Chapitre 1

J'ai traversé les flammes pour sauver mon fiancé, Thibault, ce qui m'a laissé des cicatrices indélébiles sur tout le corps.

Pourtant, à quelques jours de notre mariage, il a décidé de changer le lieu de la cérémonie, car sa « meilleure amie », Tiffany, trouvait notre chapelle symbolique trop ennuyeuse.

Pire encore, j'ai découvert qu'il avait offert le collier de saphirs, héritage sacré de sa famille destiné à la mariée, à Tiffany.

Son excuse ?

« Avec tes brûlures, ma chérie, un bijou aussi voyant ne ferait qu'attirer l'attention sur tes défauts. Il sublime bien mieux l'élégance de Tiffany. »

Lors de l'essayage, Tiffany paradait avec mon collier cousu sur sa robe, sous le regard admiratif de Thibault.

Quand j'ai protesté, il m'a humiliée devant tout le monde, affirmant que je devrais m'estimer heureuse qu'il m'épouse malgré mon apparence, et que ma jalousie était pathétique.

J'ai alors compris que je n'étais pour lui qu'un trophée de sa fausse bonté, une victime qu'il tolérait tant qu'elle restait dans l'ombre.

Le jour J, alors qu'il m'attendait impatiemment au luxueux Crillon à Paris, je lui ai répondu calmement au téléphone depuis la petite Chapelle de Grâce en Normandie.

« Tu as raison, Thibault, le mariage a bien lieu. »

« Mais c'est le mien, avec l'homme qui a soigné mes cicatrices, et il se fera sans toi. »

Chapitre 1

Alise POV:

La voix de Thibault résonnait dans mes oreilles, une mélodie stridente qui déformait les mots qu'il prononçait. "La Chapelle de Grâce ? Alise, soyons sérieux."

J'ai senti mon corps se raidir, chaque fibre de mon être se tendant comme une corde prête à rompre. Il était là, devant moi, son sourire insouciant tordant son visage parfait. Il avait déchiré un morceau de mon cœur, une fois de plus.

"J'ai déjà tout arrangé," a-t-il poursuivi, son ton empli d'une nonchalance désarmante. "La cérémonie aura lieu au Crillon. C'est bien plus chic, à Paris. Tiffany trouve Honfleur… ennuyeux."

Le sol s'est dérobé sous mes pieds. La Chapelle de Grâce à Honfleur. Ce n'était pas juste un lieu. C'était l'écho de notre première rencontre, l'endroit où nos regards s'étaient croisés au milieu des flammes, où ma vie avait failli s'éteindre en le sauvant. C'était le symbole de notre survie, de notre amour, du sacrifice qui avait gravé nos noms dans les annales de notre histoire. Et maintenant, il le balayait d'un revers de main, pour Tiffany.

Mes mains ont tremblé. J'ai serré les poings, mes ongles s'enfonçant dans ma paume. Une douleur sourde a commencé à irradier dans ma poitrine, une douleur familière, celle du mépris. La Chapelle de Grâce, c'était notre secret, notre refuge. C'était là que tu m'avais promis l'éternité, Thibault.

"Mais... la Chapelle de Grâce," ma voix n'était qu'un murmure, étranglée par une émotion que je m'efforçais de contenir. "C'est là que tout a commencé. C'est là que tu m'as demandé en mariage."

Thibault a haussé un sourcil, une expression d'impatience traversant son visage. "Alise, tu dramatises. Ce n'est qu'un bâtiment. Le Crillon, c'est une déclaration. C'est ce que notre statut exige."

Une déclaration. Chaque mot qu'il prononçait était une lame, s'enfonçant plus profondément. Il ne voyait pas. Jamais. Il ne voyait que la surface, l'image, le paraître.

J'ai senti mes larmes piquer mes yeux. J'ai cligné des paupières, les repoussant. Je ne devais pas pleurer, pas devant lui. Il le prendrait pour une faiblesse, une énième capitulation.

"Tu devrais au moins lui en parler, Thibault," a dit Charles, l'un de ses amis, qui était présent. Son regard, un instant, a trahi une gêne.

Thibault a ricané. "Parler ? Pour qu'elle me fasse sa scène habituelle ? Tu sais bien comment elle est, Charles. Toujours à se morfondre, à voir le négatif partout. Elle est si... fragile." Il a utilisé le mot "fragile" comme une insulte, comme si ma résilience, ma capacité à survivre et à aimer après l'incendie, n'était qu'une faiblesse pathétique.

Mon cœur s'est serré. Fragile. J'avais risqué ma vie pour lui. J'avais survécu aux flammes, à la douleur, aux regards. J'avais porté ces cicatrices, visibles et invisibles, comme des médailles. Et il appelait ça de la fragilité.

"Elle m'aime," a-t-il ajouté, un sourire suffisant aux lèvres. "Elle finira par comprendre. Elle finira toujours par accepter ce que je décide. C'est Alise. Elle est dévouée."

Dévouée. Ou stupide. Ou les deux.

Les amis de Thibault ont hoché la tête, certains avec un sourire contraint, d'autres avec une admiration non dissimulée pour son arrogance. "C'est vrai, Thibault. Tu sais toujours ce qui est le mieux pour tout le monde," a lancé Marc, l'un des plus flagorneurs.

Un autre, Pierre, a ajouté, "En plus, Tiffany a raison. Honfleur, c'est charmant, mais pour un mariage de l'envergure des Bossard, il faut du clinquant. Et Tiffany, avec son sens du chic, elle s'y connaît."

Mon regard s'est posé sur Thibault. Il y avait une lueur dans ses yeux, une fierté mal placée, un désir d'impressionner. Il avait changé notre lieu sacré pour une femme qui ne voyait que l'ennui dans la province.

"C'est pour ça, n'est-ce pas ?" ai-je pensé, la fureur montant en moi, froide et tranchante. "C'est pour Tiffany."

"Tiffany, elle, au moins, elle sait ce qu'elle veut," a continué Pierre, sans se soucier de ma présence. "Elle n'a pas peur de briller. Pas comme certaines, qui préfèrent se cacher derrière leurs..." Il s'est arrêté, son regard glissant vers la manche de ma chemise, là où mes cicatrices étaient visibles.

Thibault a toussé, une toux sèche. "Ça suffit, Pierre. Alise a sa propre élégance." Une fausse protection, un instant de pitié. Il ne défendait pas ma dignité, il protégeait l'image de son mariage, de notre mariage.

C'est à ce moment-là que son téléphone a vibré. L'écran a affiché un nom. "Tiffany Mandeville". Le nom a brillé comme un néon rouge dans l'obscurité grandissante de mon cœur.

Il a décroché, son visage s'est adouci instantanément. Le sourire suffisant a disparu, remplacé par une tendresse que je n'avais pas vue depuis... depuis toujours. "Tiffany ? Mon ange, ça va ? Qu'est-ce qui se passe ?"

Mes mains ont recommencé à trembler. J'entendais le murmure de Tiffany à l'autre bout du fil, doux, plaintif. Puis la voix de Thibault, pleine de sollicitude. "Le collier ? Ah oui, le saphir. Il est magnifique, n'est-ce pas ? Je savais qu'il t'irait à merveille."

Le saphir. Le collier de saphirs. C'était l'héritage de la famille Bossard, destiné à la mariée. Mon collier de mariage.

J'ai senti un frisson glacial me parcourir l'échine. Le sang s'est retiré de mon visage.

"Mais chérie, ne t'inquiète pas pour ça," a dit Thibault, sa voix empreinte de douceur. "C'est un petit détail. Tu le porteras au gala, et tout le monde verra la splendeur. Alise... enfin... ses cicatrices... ça ne ferait que détourner l'attention avec un bijou aussi voyant. Elle préfère la discrétion, n'est-ce pas ?" Ses yeux, pour la première fois, se sont posés sur moi, cherchant une approbation silencieuse. Un regard qui ne voyait pas ma douleur, mais attendait ma soumission.

J'ai ri, un rire amer qui m'a écorché la gorge. Discrétion. Il y a trois ans, quand j'étais allongée sur un lit d'hôpital, le corps brûlé, il avait tenu ma main et m'avait dit que je serais toujours la plus belle. Il avait juré que ces cicatrices étaient les marques de ma bravoure, et qu'il les aimerait plus que tout.

Et aujourd'hui, il les utilisait comme excuse pour offrir mon héritage, mon parure de mariée, à une autre femme. Et il justifiait ce vol, cette trahison, au nom de ma "discrétion", de mes "cicatrices".

"Oui ! Je le mettrai au gala ! Et pour ton mariage aussi, Thibault, s'il est assez chic pour moi," la voix de Tiffany, stridente et joyeuse, a traversé le téléphone.

"Bien sûr, mon cœur. Le Crillon sera à la hauteur de ton éclat," a répondu Thibault, son regard rempli d'admiration pour la femme invisible au bout du fil. "Et pour la robe... je vais demander au designer de te créer quelque chose d'absolument spectaculaire pour le Crillon. Quelque chose qui mette en valeur ce saphir, bien sûr."

Mes yeux se sont posés sur ma bague de fiançailles, un simple anneau d'or blanc serti d'un petit diamant. Il m'avait dit à l'époque que la vraie valeur était dans l'amour, pas dans la taille de la pierre. Il avait dit qu'il préférait économiser pour notre appartement, notre avenir. Et j'avais cru. J'avais accepté, sans poser de questions, convaincue de la pureté de son intention.

Maintenant, il promettait une robe spectaculaire, une robe pour Tiffany, qui mettrait en valeur mon saphir.

"Pourquoi pas... pourquoi ne pas l'y intégrer directement ?" a lancé Charles, avec une soudaine illumination, ses yeux pétillants d'une idée qu'il pensait brillante. "Le saphir, directement serti sur la robe de Tiffany ? Ce serait unique, un véritable coup de maître !"

Le monde autour de moi a cessé de tourner. La suggestion, d'abord une blague, s'est figée dans l'air. Thibault a hésité un instant, puis un sourire lent, froid, et calculé a étiré ses lèvres. "Charles, tu es un génie. Tiffany, tu entends ? Le saphir, cousu sur ta robe. Ce sera la pièce maîtresse. Personne n'aura jamais vu une telle audace."

Mon saphir. L'héritage de sa famille. Mon symbole d'engagement. Il allait le faire coudre sur la robe de sa meilleure amie, la femme pour qui il avait déplacé notre mariage.

Mes amis, les mêmes qui m'avaient vu souffrir, les mêmes qui avaient été témoins de mon sacrifice, ont échangé des regards embarrassés.

"Thibault, c'est... c'est peut-être un peu trop," a murmuré Marc, l'air mal à l'aise.

"Trop ? C'est de l'art !" a rétorqué Thibault, avec un rire rauque. "De toute façon, Alise ne porte pas de bijoux trop voyants, n'est-ce pas, mon cœur ? Avec ses... particularités... une bague discrète lui suffit amplement."

Mon cœur a cessé de battre un instant. Mes particularités. Mes cicatrices. Mes cicatrices que j'avais reçues en le sauvant. Il les utilisait pour justifier cette insulte ultime.

J'ai regardé mes mains, puis la bague à mon doigt. Un simple anneau. Et le saphir, la pièce maîtresse, allait embellir une autre femme. Une femme qui, à ses yeux, était sans "particularités".

J'ai alors compris. Non, je n'étais pas "dévouée". J'étais une relique. Un trophée. Une preuve de son pouvoir, de sa capacité à transformer même la tragédie en opportunité. Il m'avait gardée parce que j'étais une preuve vivante de sa "bravoure" à lui, d'avoir été sauvé, pas parce qu'il m'aimait.

Une amertume glaciale a rempli ma bouche. La pièce maîtresse. Mon histoire, mon sacrifice, ma vie, mon avenir avec lui... tout cela allait devenir une simple décoration sur la robe de Tiffany.

Une décoration pour une femme qu'il plaçait au-dessus de tout.

"Alise ?" a demandé Thibault, son regard me sondant d'un air interrogateur. "Tu as l'air... pâle. Tu ne te sens pas bien ?"

J'ai levé les yeux vers lui, un sourire triste et froid sur les lèvres. "Je vais parfaitement bien, Thibault."

Mais à cet instant précis, je savais que plus rien n'irait jamais bien avec lui. Mon cœur, ou ce qu'il en restait, s'était transformé en pierre.

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Table des matières de Le Collier de Saphirs Volé

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