
Le Cauchemar d'une Mère
Chapitre 3
« Non, vous ne comprenez pas ! » cria Jeanne, sa voix étranglée par la panique alors que le cercle de parents se resserrait. « Je suis sa mère ! Mon nom est Jeanne Dubois ! »
Elle se tourna vers Madame Lambert, implorante.
« S'il vous plaît, vérifiez vos dossiers ! Appelez mon mari, Marc Lefevre ! »
Madame Lambert la regarda avec un dédain absolu, savourant visiblement son pouvoir et la détresse de Jeanne.
« Nous n'avons pas à appeler qui que ce soit, » dit-elle d'un ton glacial. « Surtout pas pour satisfaire les caprices d'une déséquilibrée. La mère de Léa, la vraie, nous a prévenus que des gens comme vous pourraient tenter de l'approcher. »
La cruauté de cette phrase laissa Jeanne sans voix. C'était un complot. Un piège soigneusement préparé.
« Des gens comme moi ? » répéta-t-elle, incrédule.
Un père de famille, un homme massif en costume, s'avança et attrapa fermement le bras de Jeanne. Sa poigne était de fer.
« Ça suffit, maintenant. Sortez d'ici ou on appelle la police. »
La douleur de sa prise était vive, mais la douleur de l'humiliation l'était encore plus. Les larmes lui montèrent aux yeux, des larmes de rage et d'impuissance. Elle se débattit, essayant de se libérer.
« Lâchez-moi ! Vous n'avez pas le droit ! »
« On a le droit de protéger nos enfants d'une folle, » lança une autre mère, son visage tordu par la peur et la colère.
Jeanne sentit le désespoir l'envahir, mais une étincelle de combativité refusa de s'éteindre. Elle se redressa, fixant Madame Lambert droit dans les yeux, sa voix tremblante mais ferme.
« Très bien. Vous voulez des preuves ? Vous voulez jouer à ce jeu ? Alors jouons. »
Elle fouilla frénétiquement dans son sac à main, sous les regards suspicieux de la foule. Ses doigts tremblants finirent par trouver son portefeuille. Elle en sortit sa carte d'identité et la brandit devant le visage de l'institutrice.
« Voilà ! Jeanne Dubois, née le... résidant au... Regardez ! C'est moi ! »
Un silence perplexe s'installa. Les parents les plus proches se penchèrent pour regarder la carte. Le nom était bien celui qu'elle avait crié. La photo, bien que quelques années plus vieille, lui ressemblait indéniablement. Le père qui la tenait relâcha légèrement sa prise, l'air soudain moins sûr de lui.
« Elle a une carte d'identité, » murmura une femme au premier rang.
« Ça ne prouve rien, » rétorqua une autre, mais le doute s'était installé.
Madame Lambert arracha la carte des mains de Jeanne et l'examina avec un air de dégoût, comme si elle tenait un objet sale. Elle plissa les yeux, cherchant une faille, une imperfection. Son visage, habituellement si arrogant, trahissait une pointe d'embarras, rapidement masquée par une nouvelle vague de colère. Elle ne s'attendait pas à cette résistance. Elle ne s'attendait pas à ce que cette femme, qu'on lui avait décrite comme fragile et au bord de la crise de nerfs, se batte avec une telle détermination. La première fissure venait d'apparaître dans son mur de mensonges.
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