
L'Avocate Trahie, Sa Douce Vengeance
Chapitre 3
Le week-end suivant, Antoine organisa un brunch dans leur appartement. Il paradait, verre de champagne à la main, racontant ses dernières créations culinaires à leurs amis admiratifs. Amélie jouait son rôle à la perfection, souriante, hochant la tête, servant les invités. Mais ses yeux ne le quittaient pas. Elle observait chacun de ses gestes, chaque regard. Elle remarqua comment il vérifiait son téléphone toutes les cinq minutes, un tic nerveux qu'elle n'avait jamais vu auparavant. Il le posait face cachée sur le comptoir de la cuisine, un geste anodin pour n'importe qui, mais pour Amélie, c'était un aveu.
Elle s'approcha de lui alors qu'il était seul près de la fenêtre, contemplant la vue.
« Tout va bien, Antoine ? Tu as l'air un peu tendu. »
Il sursauta légèrement, surpris.
« Moi ? Non, pas du tout. Juste un peu fatigué. Le service d'hier était intense. »
« J'ai entendu dire que tu avais une nouvelle assistante, Chloé. Les commis disent qu'elle est très efficace. »
Elle lança la phrase comme on lance une pierre dans l'eau, pour voir les ronds qu'elle provoquerait. Le sourire d'Antoine se figea une fraction de seconde. Il se reprit aussitôt.
« Ah, Chloé ! Oui, une perle. Elle apprend vite. Un peu trop zélée parfois, elle m'envoie des messages à toute heure pour le travail. Je vais devoir lui dire de se calmer un peu. »
Il se tourna vers elle, son visage une incarnation de l'innocence. Il passa un bras autour de ses épaules, un geste possessif et public.
« Ne t'inquiète pas pour ça. Pense plutôt à notre voyage en Italie. »
Il essayait de la distraire, de noyer le poisson avec des promesses de vacances. Amélie sentit une vague de mépris la submerger. Il la prenait vraiment pour une imbécile. Elle se dégagea doucement de son étreinte.
« Tu as raison. Je devrais me détendre. »
Plus tard dans l'après-midi, alors que les invités commençaient à partir, il s'approcha d'elle, un petit coffret à la main.
« Tiens, c'est pour toi. Pour me faire pardonner d'être si pris par le travail en ce moment. »
Elle ouvrit la boîte. Un bracelet en diamants scintillait sur le velours noir. Un bijou magnifique, hors de prix. Un bijou pour acheter son silence, pour calmer une culpabilité qu'il pensait invisible. Elle sentit une colère froide monter en elle. Il croyait pouvoir tout effacer avec de l'argent, des cadeaux. Il ne la connaissait pas. Il ne l'avait jamais vraiment connue.
Elle leva les yeux vers lui, un sourire glacial sur les lèvres.
« Il est magnifique, Antoine. Tu n'aurais pas dû. »
Ce soir-là, seule dans son bureau, elle relut la réponse de Thomas. Il était prêt à l'aider. Il lui demandait de rassembler toutes les preuves possibles : relevés bancaires, réservations d'hôtel, témoignages. La guerre était déclarée, et Amélie était prête. Le bracelet de diamants était posé sur son bureau, non pas comme un symbole d'amour, mais comme la première pièce à conviction de son dossier. Elle savait maintenant. Il n'était pas seulement un mari infidèle. C'était un manipulateur, un homme qui la sous-estimait profondément. C'était sa plus grande erreur.
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