
L'Amour Trahi: Renaissance d'une Flamme
Chapitre 3
La colère m'a donné une force que je ne me connaissais pas.
Finies les journées à pleurer dans le noir.
J'avais une mission.
Je devais trouver des preuves. Des preuves irréfutables que Louis était un menteur et un manipulateur.
J'ai commencé par ce que j'avais entendu.
Le nom : Clara.
Une recherche rapide sur internet m'a menée à Clara de Varenne, l'unique héritière d'un empire industriel. Des photos d'elle dans des soirées mondaines remplissaient les pages des magazines people.
Sur certaines photos plus anciennes, un homme apparaissait à ses côtés. Un homme brun, au visage familier. Pas Louis.
J'ai fouillé dans les vieilles affaires de Louis, ces cartons qu'il gardait au fond du placard et que je n'avais jamais eu la curiosité d'ouvrir.
À l'intérieur, des photos de classe, de vieilles lettres.
Et une photo.
Une photo de Louis, plus jeune, à l'université. À côté de lui, le même homme brun des photos avec Clara. Ils se ressemblaient. Vaguement.
Au dos de la photo, une inscription : « Louis et son cousin, Adrien. »
Adrien.
Une autre recherche sur internet.
Adrien Dubois, décédé dans un accident de voiture il y a un peu plus d'un mois. La date correspondait. Le lieu aussi.
Tout s'est éclairci dans mon esprit, avec une logique terrifiante.
Louis n'avait pas seulement simulé sa mort.
Il avait volé l'identité de son cousin décédé.
Il avait profité d'une véritable tragédie pour orchestrer son mensonge.
J'ai trouvé une lettre d'Adrien, adressée à Louis, datant de quelques mois avant sa mort.
Il parlait de sa maladie. Un cancer en phase terminale.
« Je n'en ai plus pour longtemps, Loulou. Mon seul regret, c'est de n'avoir jamais osé avouer mes sentiments à Clara. Elle a toujours été la femme de ma vie. Je sais que tu es proche d'elle. Promets-moi que tu veilleras sur elle quand je ne serai plus là. »
Le dégoût m'a submergée.
Louis n'avait pas seulement trahi la mémoire de son cousin. Il avait utilisé son dernier vœu, son amour pour cette femme, comme un prétexte pour se l'approprier.
Mon esprit est revenu au jour où Marc m'avait annoncé la nouvelle.
Son visage dévasté. Ses larmes sincères.
Lui aussi avait été trompé. Sa famille entière pleurait un homme qui se prélassait au soleil avec sa nouvelle conquête.
Cette pensée a ravivé ma rage.
Ma quête de preuves m'a menée plus loin.
Dans la lettre, Adrien mentionnait une clinique en Suisse où il suivait un traitement expérimental. Il parlait aussi d'un chirurgien esthétique réputé qui y travaillait.
Mon sang s'est glacé.
J'ai réservé un billet de train pour Genève.
La clinique était luxueuse, discrète, nichée dans les montagnes.
J'ai prétendu être une lointaine cousine d'Adrien, venue récupérer ses effets personnels. J'ai joué la comédie du deuil, les larmes aux yeux, la voix tremblante.
Ça a fonctionné.
Une infirmière compatissante m'a conduite à un petit bureau.
« Nous n'avons pas grand-chose, mademoiselle. Juste son dossier médical. »
J'ai attendu qu'elle quitte la pièce.
Mon cœur battait la chamade.
J'ai ouvert le dossier.
À l'intérieur, des rapports médicaux, des ordonnances.
Et une autre enveloppe, plus épaisse.
Je l'ai ouverte, les mains tremblantes.
Des photos.
Des photos de type « avant/après ».
Sur la photo « avant », le visage de Louis. Mon Louis. Celui que j'avais aimé.
Sur la photo « après », le visage de l'homme blond que j'avais vu au café. Le nez légèrement affiné, la mâchoire plus carrée, les cheveux décolorés.
Des changements subtils, mais suffisants pour créer le doute.
C'était la preuve.
La preuve clinique, photographique, de sa monstrueuse trahison.
Un employé est entré dans la pièce sans frapper.
« Ah, vous êtes là. On m'a dit que vous étiez la cousine d'Adrien. C'est fou cette histoire. Son cousin, Louis, qui vient se faire opérer juste après sa mort pour lui ressembler. Il disait que c'était un hommage. Un peu morbide, non ? »
Il a ri, d'un rire gras.
Je n'ai pas pu répondre.
L'air me manquait.
Les murs du bureau semblaient se refermer sur moi.
J'ai fourré les photos dans mon sac, j'ai bafouillé des excuses et je me suis enfuie.
J'ai couru hors de la clinique, hors de ce lieu de mensonges.
Je me suis arrêtée dans la forêt voisine, je me suis appuyée contre un arbre et j'ai vomi.
J'ai vomi le chagrin, la pitié, l'amour.
Il ne restait que le vide.
Et la certitude glaciale de ce que je devais faire.
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