
L'Amour Trahi: Le Secret d'Amélie
Chapitre 3
La vie dans la maison Dubois est devenue un champ de mines émotionnel. Paul évitait Amélie comme la peste. Ils vivaient sous le même toit, mais se croisaient comme des fantômes, échangeant à peine un regard. Le silence glacial aux repas était seulement brisé par les tentatives de Madame Dubois de maintenir une conversation normale, ou par les questions innocentes de Léo.
Madame Dubois, de son côté, continuait son manège. Elle parlait gentiment à Amélie, lui conseillant la patience, lui assurant que Paul finirait par pardonner.
« Les hommes sont comme ça, ma chérie. Fiers. Il lui faut du temps pour digérer. »
Mais en secret, Jeanne observait. Chaque détail. Un jour, en faisant la lessive, elle a trouvé un ticket de parking dans la poche d'un jean d'Amélie. Un parking près d'un hôtel de luxe en centre-ville, daté de la veille, à une heure où Amélie était censée être chez une amie. Un autre jour, c'était l'odeur d'un parfum d'homme sur son écharpe, un parfum cher et reconnaissable, celui que portait Charles Leroy.
Jeanne n'a rien dit. Elle a plié le linge, a jeté le ticket, et a continué sa journée comme si de rien n'était. Mais à l'intérieur, son plan se solidifiait. Chaque mensonge d'Amélie était une pierre de plus à l'édifice de sa vengeance.
Quelques semaines plus tard, Paul, dont la petite entreprise de design était en difficulté, a pris son courage à deux mains. Il avait besoin d'un investissement pour un nouveau projet qui pourrait le sauver de la faillite. L'argent de la famille était géré par sa mère depuis la mort de son père.
Il l'a trouvée dans la cuisine, en train d'éplucher des légumes.
« Maman, j'ai besoin de te parler. »
Il lui a exposé la situation, les chiffres, l'opportunité. Il a parlé avec passion, espérant la convaincre.
« J'ai besoin de cinquante mille euros. C'est une somme, je sais, mais c'est ma seule chance de m'en sortir. »
Madame Dubois l'écoutait attentivement, hochant la tête. Elle semblait sur le point d'accepter quand Amélie est entrée dans la cuisine, les yeux rouges.
« Jeanne... Paul... Je... j'ai quelque chose à vous dire. »
Elle tenait une lettre froissée à la main.
« J'ai des dettes. Des dettes de jeu. J'ai été stupide... J'ai cru que je pourrais gagner de l'argent pour... pour nous. Pour me faire pardonner. Ils me menacent. Ils disent qu'ils vont venir ici, qu'ils vont tout raconter à la presse, salir le nom des Dubois... »
Elle s'est effondrée en sanglots.
« J'ai besoin de cent mille euros. Je vous en supplie... Sinon, notre réputation sera détruite. »
Paul a éclaté d'un rire amer.
« Tu te fiches de moi ? Des dettes de jeu ? Et on est censés te croire ? Maman, ne l'écoute pas, c'est encore un de ses mensonges ! »
« C'est la vérité ! » a crié Amélie. « Charles m'a entraînée là-dedans, c'est de sa faute ! »
Le nom de son amant, prononcé pour la première fois à voix haute devant sa belle-mère, a jeté un froid.
Madame Dubois est restée silencieuse un long moment, son regard allant de son fils, désespéré et en colère, à sa belle-fille, manipulatrice et pathétique.
Finalement, elle a parlé, et sa décision a été comme un coup de poignard dans le cœur de Paul.
« L'honneur de la famille passe avant tout. Paul, ton projet peut attendre. Nous allons aider Amélie. »
« Non ! » a hurlé Paul. « C'est mon argent aussi ! L'argent de Papa ! Tu ne vas pas donner un centime à cette... cette femme ! »
« C'est ma décision, Paul. Je gère le patrimoine familial. L'affaire est close. »
Le visage de Paul s'est décomposé. C'était la trahison ultime. Pas seulement l'infidélité de sa femme, mais la complicité active de sa propre mère.
« Je te déteste, » a-t-il soufflé, les larmes de rage et de douleur montant à ses yeux. « Je te déteste. »
Il est sorti de la cuisine en claquant la porte.
Le lendemain matin, sans un mot pour son fils, Madame Dubois a signé un chèque de cent mille euros et l'a tendu à Amélie.
« Voilà. Règle tes problèmes. Et sois discrète. »
Amélie a attrapé le chèque, ses yeux brillant de triomphe.
« Merci, Jeanne. Merci. Vous ne le regretterez pas. »
Elle s'est retournée pour partir, un sourire suffisant aux lèvres.
Restée seule dans le salon, Madame Dubois l'a regardée s'éloigner. Et alors qu'Amélie disparaissait dans le couloir, un sourire très différent est apparu sur le visage de la vieille dame. Un sourire froid, calculateur et absolument terrifiant. Le piège venait de se refermer.
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