
L’Amour et ses souricières
Chapitre 4
Je pensais que, peut-être, au nom de notre ancienne complicité, il accepterait ma demande.
Le majordome, qui me connaissait depuis l'enfance, est intervenu avec compassion : « Jeune maître, peut-être devriez-vous envoyer des gardes vérifier la situation. Mlle Lussier ne ment pas à propos de ces choses-là. »
Profitant de l'hésitation de Raphaël, je me suis inclinée devant lui et s'est mise à frapper ma tête contre le sol glacé : « Je t'en prie, sauve ma mère ! »
Finalement, il a cédé, mais son ton est resté encore froid : « D'accord. Mais je te préviens, si tout cela est une mise en scène de ta part, tu en paieras le prix. »
J'ai levé la tête, une lueur d'espoir dans les yeux. Peu importe les conditions qu'il poserait, j'étais prête à tout accepter.
Alors que ses gardes se préparaient, son téléphone a sonné de manière inopportune.
Raphaël m'a jeté un regard avant de mettre sur haut-parleur, et la voix de mon frère, désinvolte et glaciale, a résonné dans le combiné :
« Zoé ne t'a pas encore contacté, hein ? Ignore-la. Quelqu'un a appelé avec le téléphone de ma mère pour me menacer de la tuer, c'est vraiment risible. »
Mon monde s'est écroulé et mon sang semblait se figer dans mes veines. Je ne pouvais pas y croire, mon frère, celui qui m'avait promis de toujours me protéger, pouvait être aussi insensible. Pour une femme, il mettait en danger la vie de notre mère et ignorait mes supplications...
La rage et la peur se mêlaient en moi et j'ai hurlé dans le téléphone : « DYLAN, TU ES FOU ?! Tu veux qu'on meure avant de me croire ?! T'as vu notre état misérable ! »
Son rire glaçant répliqué : « C'était juste tes manigances pour le pouvoir ! J'ai vérifié avec Perrine, tout va bien. T'es cruelle, sans cœur, et je ne te croirai plus ! Et même si quelque chose arrive à maman, ce sera de ta faute ! »
Qui ? Perrine ? Notre nourrice en congé depuis une semaine ? Comment pouvait-elle savoir ce qui se passait chez nous maintenant ? Je voulais répliquer, mais avant que je puisse ouvrir la bouche, la communication s'est interrompue.
Le visage de Raphaël s'est assombri complètement, et il m'a fixée avec dégoût : « Tu me mens donc vraiment ! »
Il a tourné la tête vers ses gardes et a ordonné : « Allez, brisez-lui les jambes, qu'elle n'oublie jamais cette leçon ! »
Les gardes ont hésité, avançant vers moi.
J'ai réprimé la douleur aiguë dans mes jambes et ai crié de rage : « Vous osez ?! Mon père vous exterminera ! »
Ils ont échangé des regards incertains.
Mais Raphaël a esquissé un sourire sarcastique. Une batte de baseball à la main, il m'a surplombée, son regard empli de dérision et de mépris : « Eux non, moi oui ! »
J'ai fermé les yeux, désemparée. Toute la douceur que nous avions partagée autrefois n'avait été qu'un rêve illusoire. Je ne pouvais pas croire qu'il me fasse cela.
J'ai reculé, effrayée, mais il m'a assené un violent coup de pied qui m'a fait tomber au sol. Et avant même que je n'aie le temps de réagir, il m'a assénée un coup de batte sur ma jambe déjà blessée.
« Ah ! » Mon cri a déchiré la nuit et la douleur aiguë m'a évanouie presque.
Il s'est contenté de me regarder froidement : « Ça t'appendra. »
Soudain, mon téléphone a sonné. Il l'a ramassé, sarcastique : « Laisse-moi écouter, voyons qui c'est cette fois. »
« Bonjour, est-ce bien Zoé Lussier ? Nous sommes arrivés chez vous, les malfaiteurs ont pris la fuite lors de l'altercation. Votre mère est dans un état grave et doit être transportée à l'hôpital. Urgence vitale... »
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