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Couverture du roman L'amour est inévitable

L'amour est inévitable

Koto Tanaka, héritier d'un clan yakuza, revient au Japon pour succéder à son père. Marqué par le « Koi No Yokan », ce sentiment d'un amour inéluctable ressenti jadis pour une inconnue, il espère la revoir. Cette femme, Sayuri Masuda, lutte désormais pour son héritage après avoir été trahie par les siens. Entre ses études et ses secrets, elle doit se marier pour sauver l'entreprise familiale. Le destin réunira-t-il ces deux âmes alors que Sayuri ne croit plus en la pureté de l'amour ?
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Chapitre 3

Je sens des yeux dans mon dos… un regard dangereusement meurtrier. Quand je me tourne à demi, pour voir qui me fixe de cette façon aussi intense… ma belle humeur s'évapore!

Là… Deux tables plus loin, sur notre gauche… Shizuka, ma détestable demi-sœur, est assise à une table du coin réservé aux amoureux… avec son fiancé.

Iwasaki Osamu

Il était mon petit ami… MON Fiancé.

Avant que mon horrible sœur le séduise!

Avant qu'elle le mette dans son lit.

J'essaie de ne pas me laisser affecter par le bel homme qui dépose de la nourriture affectueusement dans le bol de ma demi-sœur qui fait tout un cinéma à présent, sans doute pour me rendre jalouse. Son regard meurtrier a très vite disparu. Remplacé par cette expression tout innocente.

Je placarde un sourire sur mon visage alors que Yoko continue de me parler de ce chat abandonné qu'elle a recueilli et qu'elle a appelé Sota, ce qui veut dire gros ou épais en français.

Yoko réalise rapidement que je ne suis plus aussi joyeuse que je l'étais il y a à peine quelques secondes. Elle suit mon regard quand je jette un nouveau coup d'œil en direction de Shizuka et d'Osamu. Sa mâchoire se durcit. Non, mais regardez ce yarô (connard) qui est aux petits soins avec sa chikushô (putain) jusqu'à lui couper sa viande en petit morceau… Ah! C'est proprement dégoutant de mièvrerie! s'insurge Yoko par solidarité envers moi.

Ma demi-sœur nous fait un petit signe de la main. Elle fait mine d'être surprise de nous y voir… Mais je crois bien qu'elle avait déjà remarqué notre présence. Elle met la main devant sa bouche et interpelle son fiancé, feignant d'être en état de choc.

Elle me pointe du doigt.

— Sayuri-chan… ? Est-ce bien toi?

Sayuri-chan! Comme si nous étions aussi proches toutes les deux!

Je roule les yeux avec agacement. Et puis quoi! Bien sûr que c'est moi. Pourquoi fait-elle semblant d'être surprise? J'avais laissé un message à la résidence de mon grand-père, pour leur signifier la date de mon retour. Personne n'est venu m'accueillir à l'aéroport parce qu'ils s'en fiche de moi, alors hein!

Mais Shizuka nous joue la comédie devant Osamu comme si souvent par le passé!

Je dois à tout prix avoir le rôle de la méchante, n'est-ce pas!

Mon ex-fiancé suit le regard de Shizuka et, en m'apercevant, son visage pâlit quelque peu… si cela est encore possible. Osamu a toujours eu un teint très délicat. Il a aussi de longs cils et un visage très gracieux. Il est même très populaire auprès de la gent féminine ici, à Tokyo, à cause de son charme naturel qui fait penser à une vedette de K-Pop.

Le visage de mon ex-fiancé devient perplexe quand ses yeux bruns noisettes se posent sur moi et me fixe avec grand sérieux. Face à tout ce cinéma que nous fait ma demi-sœur, la mauvaise humeur de Yoko va en augmentant. Elle pose ses baguettes avec fracas. Décidément, il faudra qu'elle pense à parler au gérant! Parce que ce restaurant n'est plus ce qu'il était! Ils laissent même entrer de la petite vermine! s'exclame ma meilleure amie, qui bondit de sa place. Elle veut qu'on lui donne l'addition et au plus vite! Elle refuse de respirer le même air que ces petites merdes plus longtemps!

Je souris furtivement, amusée par le comportement très théâtral de Yoko. Imitant son attitude, je me lève à mon tour, prenant ma sacoche et ma veste sur le dossier de ma chaise. Hors de question que je reste… et que je donne la chance pour une énième fois à ma détestable sœur de nous faire une scène en public!

Justement, des larmes se mettent à rouler sur les joueurs de ma demi-sœur qui fait mine de se sentir très rejetée par notre comportement.

Ce sont des larmes de crocodile, bien sûr.

Sa voix cristalline résonne dans le restaurant.

— Sayuri-chan! Je suis tellement désolée… Pour moi et Osamu... c'est arrivé si vite... je ne voulais pas… je t'assure… Mais tu sais bien... notre père disait toujours que le cœur a sa propre raison que la raison ignore!

Comment ose-t-elle citer notre père! Elle ne mérite même pas de porter son nom! Elle ne devrait même pas se trouver sans notre arbre généalogique! C,est la fille d'une maitresse!

Je lui jette un regard méprisant avant de me tourner de nouveau en direction de Yoko, la tête haute et ignorant ses paroles.

Je refuse de m'abaisser à son niveau et de me donner en spectacle.

Je l'ignore complètement.

De manière tout à fait prévisible, Osamu me jette un regard plein de reproches devant ma grande froideur. Il est déjà en train de la consoler et de lui dire de ne pas s'en faire… et de ne surtout pas s'excuser! Elle n'a pas besoin de se justifier, car elle n'a rien fait de mal…

ILS n'ont rien fait de mal!

Me tromper pendant que je faisais des études à l'étranger… non bien sûr… Rien de mal à cela, hein! Osamu, je te croyais bien plus loyal… bien plus noble. Je croyais aussi que tu avais bien meilleur goût! Non seulement il m'a trompé, mais qu'il l'ait fait avec ma demi-sœur est encore plus insultant.

Et il n'a pas le plus petit remords visiblement!

La blessure de rejet et la trahison n'en sont que plus grandes!

Je m'efforce de ne rien laisser voir de ma douleur. Durant des années, on m'a enseigné à préserver ma dignité quoi qu'il arrive!

— Je vais aller aux petits coins pendant que tu paies la note… dis-je à Yoko, glissant une liasse de billets dans sa main.

Je sais qu'elle n'a pas les moyens de payer des repas de ce genre tous les jours contrairement à moi, qui reçois une rente très généreuse, tous les mois, depuis la mort de mon père et même bien avant… Quand je tourne les talons, je peux entendre ma demi-sœur se plaindre à mon ex-fiancé de ma grande froideur à son endroit.

Shizuka et sa maman ont toujours aimé me donner le rôle de la méchante demi-sœur qui ne peut accepter le remariage de son père… avec sa maitresse!

Oui parce que je ne suis pas stupide. Shizuka a deux ans de plus que moi… ce qui veut dire que mon père trompait déjà ma mère avec la sienne bien avant sa mort, quand je n'avais que cinq ans... Je doute même que ce soit réellement un accident… Et parfois j'en viens aussi à me demander si la maladie de mon père… son hospitalisation…

Des larmes menacent de couler en y songeant alors j'essaie de me ressaisir avant qu'il soit trop tard. Je bats des cils et je ferme les yeux pour ne plus y penser, prenant une bonne inspiration dans le couloir, tout en me dirigeant hâtivement vers la salle de bain.

Je me bute soudain à une montagne tout en muscle qui sortait des toilettes réservées aux hommes à cet instant précis.

Je trébuche quelque peu dans mes beaux escarpins et je sens une main ferme qui agrippe mon bras pour m'empêcher de perdre l'équilibre. Le nez rivé à ce poitrail musclé, une odeur discrète d'eau de Cologne, un parfum très masculin sans être trop irritant… me monte aux narines.

Je lève les yeux lentement et je suis alors engloutie par les deux obsidiennes sombres de cet inconnu. Il a lui aussi de longs cils très épais, mais son regard est bien plus dangereux, bien plus meurtrier que ne le sera jamais celui de mon ex-fiancé. Il porte un complet veston, mais pas dans le genre de ceux que porte habituellement Osamu, qui font plus jeunes et plus branchés…

Non. Le sien est noir, très élégant… mais aussi très classique. En fait, seuls la coupe et le tissu de grande qualité que je me trouve à toucher quand je reprends pied… seul ce toucher donc, me laisse deviner que cet homme appartient à la classe supérieure… celle

des un pour cent de ce monde… extrêmement riches.

Mais je connais presque tous les hommes d'affaires de la ville de Tokyo, pour avoir assisté dès mes seize ans à des soirées et des galas de charité, à la demande de mon père, que j'accompagnais avec ma belle-mère et ma sœur… Mais j'étais toujours bien plus effacée, bien plus discrète... Quoi qu'il en soit, je ne me souviens pas y avoir jamais vu cet homme.

— Désolés, dis-je, d'une voix toute petite.

Il me fait un petit signe amical, tel un vrai gentleman… Cependant, comme il mets un certain temps à me relâcher, je lui jette un petit regard inquisiteur. Il en parait quelque peu surpris, comme s’il ne s'attendait pas à ce que je le défie. Il faut dire qu'il émane de lui une aura dangereuse. Oui, cet homme n'.est pas du tout ordinaire. Je me sens très soulagée quand il me relâche enfin.

Je me sens comme une petite souris quand je fais rapidement un pas de côté pour l'inviter à passer le premier dans ce couloir trop étroit pour nous deux. Il parait juger mon geste normal. Il n'est peut-être pas aussi gentleman que je le croyais! Avec cet air très arrogant, il fait un pas en avant.

Je ne peux pas m'empêcher de le dévisager des pieds à la tête quand il me dépasse pour retourner sans doute à sa propre table… un sourire fugace apparait sur son visage et il redresse les épaules automatiquement.

Hmph! Non, mais quel narcissique celui-là!

N'empêche qu'il a des raisons de l'être! Ce mec est super bien baraqué, les épaules très larges et il est de très grande taille, une tête de plus que moi qui suis déjà plutôt grande… Il a aussi la peau d'une belle teinte bronzée, mais pas trop… Juste assez pour un Japonais de la haute société… Son visage est aussi très raffiné, avec une petite crevasse au creux du menton, un nez aquilin et un front large. Il a aussi des cheveux noirs un peu en bataille et l'ombre d'une barbe, un «five o'clock shadow» très discret qui lui donne un air encore plus viril.

Je me mords la joue en poussant la porte battant des toilettes des dames. Ce mec serait totalement mon type, si nous étions dans un club... Mais ça, c'est seulement s'il partageait mes préférences, ce qui est extrêmement rare… Et je me suis fait la promesse que plus jamais, oui, plus jamais je n'entrerai en relation avec des hommes qui ne sont parfaitement compatibles avec mes préférences sexuelles… encore moins un autre type comme mon ex-fiancé, ultra vanilla qui ne saurait que faire d'une soumise ultra sassy tel que moi.

Osamu n'a jamais compris mon humour sarcastique... Chaque fois que je me laissais aller un peu trop à ma vraie nature, lors de nos rendez-vous galants, il prenait mes remarques un peu trop sassy pour des insultes!

L'image du bel inconnu me hante dans la cabine des W.C…

Je suis prête à parier que ce type n'est pas du tout vanilla!

Ah! Sayuri! Cesse de fantasmer, allons!

Ce type et moi… nous ne jouons pas du tout dans la même ligue!

C'est une évidence!

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