
L'Amour en Faillite
Chapitre 3
Marc a ouvert la bouche, la culpabilité se lisant enfin dans ses yeux.
"Amélie, je suis désolé. Mais j'aime Chloé, et je ne peux pas la laisser porter l'infamie d'être une maîtresse. Je veux être avec elle au grand jour."
Il était franc. Même à presque trente ans, il avait toujours cette fougue de jeunesse. Quel noble sentiment. Tout le monde dirait que l'amour est invincible.
"J'ai juste une question."
J'ai essuyé mes larmes, j'ai relevé la tête et j'ai répété en souriant : "Juste une toute petite question."
"Est-ce que ta Chloé a découvert aujourd'hui seulement que tu n'étais pas célibataire ?"
Au début, il fronçait les sourcils en disant que sa nouvelle assistante était maladroite et timide, qu'elle ne le satisfaisait pas. Plus tard, il s'est fâché en me montrant le cadeau qu'elle lui avait fait pour la Saint-Valentin, un énorme capybara en peluche. Qui offrirait ça pour la Saint-Valentin ?
Pourtant, cette assistante qu'il réprimandait sans cesse, elle ouvrait de grands yeux innocents et disait : "Mais... je la trouve très mignonne."
Marc avait ri, mais j'avais clairement vu ce jour-là le mélange d'impuissance et de tendresse dans ses yeux.
Finalement, il m'a dit que Chloé l'aimait sincèrement, et qu'une fille aussi simple et innocente méritait le meilleur. Il était donc tout à fait normal qu'il retrouve sa liberté pour se tenir fièrement à ses côtés.
Mais il ne voulait pas que la simple et innocente Chloé porte l'infamie d'être une maîtresse. Alors, quand leur relation s'est approfondie, elle ne savait pas qu'il était marié ?
En entendant ma question, l'expression de Marc est devenue vide un instant, puis il a détourné le regard.
"Amélie, on était... emportés par l'émotion."
"Mais je te garantis qu'on n'a rien fait de déplacé avant ça. On a la conscience tranquille envers toi."
En effet. Rire et plaisanter au bureau, ce n'est pas de l'infidélité. Aider une assistante et la raccompagner chez elle, ce n'est pas de l'infidélité. La défendre quand elle pleure, non plus.
J'ai souri amèrement et j'ai hoché la tête.
"D'accord, nous divorçons."
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