
L'Amour Brisé, L'Envol Retrouvé
Chapitre 3
Marc se tenait là, resplendissant dans son costume sur mesure, un véritable paon faisant la roue. Il était le centre de l'attention, le héros de la soirée. Isabelle, mon Isabelle, se tenait à ses côtés, rayonnante, son bras possessivement passé sous le sien. Ils ressemblaient à un couple de pouvoir, l'architecte de génie et son protégé talentueux.
Une femme élégante s'est approchée d'eux en souriant.
"Isabelle, votre mari est absolument charmant ! Vous formez un couple magnifique."
Isabelle n'a pas corrigé l'erreur. Elle a simplement souri, un sourire poli qui n'atteignait pas ses yeux, laissant l'ambiguïté flotter dans l'air. Mon estomac s'est noué. J'étais là, à quelques mètres, le véritable compagnon, le père de sa fille, et j'étais invisible. Pire, j'étais une gêne.
Marc a joué le jeu à la perfection.
"Vous êtes trop aimable. Tout le mérite revient à Isabelle. C'est elle, le génie."
Ses mots étaient humbles, mais son regard était triomphant. Il savourait chaque seconde de cette mascarade. C'est alors que son fils, Thomas, s'est approché. Il portait un costume miniature, une réplique exacte de celui de son père. Il a regardé ma fille, Sophie, qui se cachait derrière ma jambe, intimidée par tout ce faste.
"Pourquoi t'es habillée comme ça ?" a demandé Thomas d'un ton méprisant. "Maman Isabelle dit que les gens comme vous ne devraient pas venir dans des endroits comme ça."
Le silence est tombé. Les quelques personnes à proximité ont entendu. "Maman Isabelle". Les mots ont résonné dans ma tête. Sophie a baissé les yeux, ses petites épaules s'affaissant. Isabelle est devenue blême. Elle a fusillé Thomas du regard, puis s'est tournée vers moi, sa panique se transformant en colère.
"Jean-Luc ! Qu'est-ce que c'est que ce cirque ?"
Marc a immédiatement tenté de calmer le jeu, posant une main apaisante sur le bras d'Isabelle.
"Calme-toi, chérie. Ce n'est qu'un enfant. Il ne sait pas ce qu'il dit."
Son regard vers moi était plein de haine. Il essayait de me faire porter le chapeau. C'était de ma faute si j'étais venu, de ma faute si la vérité embarrassante de leur petite dynamique familiale était exposée.
Isabelle, visiblement secouée, a suivi son exemple et a reporté sa fureur sur moi.
"Regarde ce que tu as fait ! Tu ne pouvais pas rester à ta place, ne serait-ce qu'une soirée ? Il fallait que tu viennes tout gâcher !"
Je n'ai pas répondu à ses accusations. Je ne suis pas entré dans son jeu. J'ai regardé Isabelle droit dans les yeux, ignorant Marc et son fils. Ma voix était calme, dénuée de toute l'émotion qui bouillonnait en moi.
"Je ne suis pas venu pour me disputer, Isabelle."
J'ai pris une profonde inspiration, gardant mon calme face à son hostilité.
"Je suis juste venu récupérer quelque chose."
Ma demande, simple en apparence, a semblé les déconcerter. Ils s'attendaient à des cris, à une scène. Pas à ça.
"Je veux juste récupérer la boîte à musique de Sophie."
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