
L'Alpha et Son Interdite Seconde Chance
Chapitre 3
Tobias se tenait dans l'ombre des arbres, observant la scène qui se déroulait sous ses yeux. Clara était là, face à un groupe de jeunes membres de sa meute, son regard aussi acéré que les griffes d'un prédateur. Ils semblaient mal à l'aise, incertains, et bien que Clara n'ait rien montré de sa frustration, Tobias pouvait sentir la tension qui émanait d'elle. Cela faisait des jours qu'il observait de loin, analysant les rouages de la meute, les dynamiques qui se jouaient sous ses yeux. Il avait du mal à détacher son regard d'elle, à ignorer le lien qui les unissait encore, bien qu'il sache que chaque minute passée ici était une erreur. Mais il n'arrivait pas à partir.
Son esprit était un tourbillon de pensées. L'indifférence de Clara l'avait frappé de plein fouet, et il ne pouvait ignorer la morsure de la honte qui se répercutait dans ses entrailles. Mais l'attrait, ce lien étrange qu'il ressentait encore, le maintenait à l'endroit même où il s'était promis de ne pas revenir. Il voulait comprendre, comprendre pourquoi elle l'avait rejeté si froidement, pourquoi elle était devenue cette Alpha inébranlable, pourquoi il ne pouvait pas simplement l'oublier, malgré tout. Mais il savait que la vérité ne se trouvait pas dans l'ombre. Il devait la confronter à nouveau.
Clara, au milieu de ses lieutenants, tourna son regard vers l'extérieur du camp. Une brise passa, portant son odeur, son parfum sauvage, mais aussi celui de la meute. Tobias se figea, chaque fibre de son corps en alerte. Elle le sentait, elle savait qu'il était là, il n'y avait pas de doute. Et pourtant, elle ne fit aucun geste pour le chasser. Elle savait qu'il était là, mais elle l'ignorait. À son tour, elle avait fait le choix de ne plus le voir. Mais elle avait tort. Il n'était pas prêt à partir.
Les jours suivants furent remplis de tentations et d'observations. Tobias voyait Clara à travers la brume des décisions et des conflits qui agitaient sa meute. Il n'avait pas l'intention de l'aider, pas directement. Il n'avait pas l'intention d'interférer, pas encore. Mais il savait que, si la situation le permettait, il pourrait offrir son aide sans que cela ne soit perçu comme une intrusion. Les jeunes de la meute semblaient hésitants sous la direction de Clara. La pression était forte, trop forte peut-être pour certains, et les tensions montaient. Clara semblait épuisée par ces conflits internes, mais elle ne le montrait pas. Ses yeux, cependant, trahissaient une lassitude qu'elle ne pouvait dissimuler.
Tobias savait qu'il avait la capacité de calmer les esprits, de restaurer l'équilibre dans la meute. Mais il ne pouvait pas se présenter comme un sauveur, surtout pas après ce qu'il avait fait. Il ne pouvait pas se permettre de lui tendre la main. Il se contenta de rester en retrait, observant les tourments internes de la meute, mais ne se permettant pas de s'immiscer dans la résolution des problèmes. Non, il savait que cela n'aurait aucun sens. Mais le désir de la voir réussir, malgré tout, brûlait en lui.
Il passait de plus en plus de temps seul dans les bois, un regard furtif jeté de temps en temps vers la meute. Il s'en voulait de la manière dont il se comportait, de l'espèce de faiblesse qu'il ressentait en elle. Mais chaque jour passé à l'écouter et à la regarder, à observer la distance qu'elle mettait entre eux, lui disait qu'il était encore trop faible. Il voulait y retourner, parler à Clara, lui dire qu'il regrettait tout. Mais il se savait incapable de le faire sans que cela ne semble insensé, même pour lui. Les jours passaient, et il commençait à sentir l'étreinte de la solitude autour de lui.
La confrontation fut inévitable, et elle arriva rapidement. Clara, les yeux durcis par les événements récents, se trouvait encore une fois dans le centre de sa meute, discutant avec ses lieutenants. Tobias se tenait à une distance respectueuse, observant en silence. Mais il n'y avait plus de doute. La tension était palpable entre eux, et cette fois, il savait qu'il ne pouvait pas rester là sans bouger.
Elle tourna la tête, ses yeux se posant sur lui avec une telle intensité que Tobias se sentit tout à coup nu. Il détourna le regard, se mordant la lèvre inférieure pour contenir l'agitation dans son esprit. Elle savait qu'il était là, elle le sentait. Mais elle ne bougea pas. Il aurait donné n'importe quoi pour entendre sa voix, pour entendre ne serait-ce qu'un mot qui briserait le silence qu'il avait créé entre eux. Mais rien ne vint. Ils restaient là, tous les deux, un vide invisible mais insurmontable entre eux.
Les seconds se dispersèrent enfin, laissant Clara seule un instant. Tobias s'avança, lentement, à chaque pas se rapprochant d'elle. Clara le fixa du regard, ses yeux brillants de cette lueur froide, mais aussi d'une certaine tristesse. Il ne savait pas si c'était la douleur de la situation qui la rendait aussi distante ou si elle l'avait réellement effacé de son cœur.
Quand il parla, ce fut d'une voix basse, presque un murmure. « Clara... »
Elle ne répondit pas immédiatement, son regard restant rivé sur lui. L'ombre de l'Alpha qui elle était, qui elle était devenue, éclipsait la moindre lueur de la femme qu'il avait autrefois aimée. Il sentit un pincement au cœur, un éclat de douleur qu'il n'avait pas anticipé. Mais il ne détourna pas le regard.
« Tu ne me hais pas, n'est-ce pas ? » dit-il, une question qu'il n'avait jamais cru devoir poser.
Clara haussait les épaules avec une lenteur réfléchie. « Haïr ? Ce n'est pas la question, Tobias. Ce que je ressens, ce n'est pas de la haine. C'est de la résignation. » Ses mots étaient pleins de gravité. « Résignation d'avoir cru en toi, en nous. Et regretter aujourd'hui que ce soit tout ce que je puisse ressentir. »
Le coup frappa fort. Tobias se redressa, ses poings se serrant malgré lui. L'envie de la prendre dans ses bras, de la tenir contre lui, de la convaincre qu'il était toujours là pour elle, l'envahit. Mais il savait qu'il ne pouvait pas. Il avait fait trop de mal, trop de souffrance s'était accumulée. Il ne pouvait pas la ramener dans son monde.
« Je n'attends rien de toi, Tobias. » Elle tourna les talons, son mouvement aussi net que son rejet. « Rien, sauf peut-être que tu comprennes que nous avons changé. Tous les deux. »
Elle s'éloigna, et lui, seul, demeura dans l'ombre de ses regrets, regardant la silhouette de l'Alpha qui s'éloignait, le laissant là avec ses désirs, ses fautes et cette tentation incessante qui refusait de le quitter.
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