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Couverture du roman L'alpha de minuit

L'alpha de minuit

Acculée par une dette colossale de plus de 18 000 euros, Élisa sombre dans le désespoir jusqu'à ce qu'une offre d'emploi providentielle change son destin. Le poste d'assistant personnel, grassement rémunéré et incluant le logement, semble être l'issue idéale à ses problèmes financiers. Pourtant, en postulant, la jeune femme ignore qu'elle s'apprête à servir Soren Blackwood. Cet homme mystérieux et redoutable cache un secret ancestral : il est un Alpha, un être n'ayant rien d'humain.
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Chapitre 2

Le temps passa, et Élisa se retrouva prise dans un enchevêtrement de pensées contradictoires. Le travail occupait une grande partie de ses journées, et son esprit, habituellement discipliné, se retrouvait distrait par des pensées incessantes sur Soren. Mais il n'y avait pas que ses pensées qui la troublaient. Son corps, lui aussi, réagissait d'une manière qu'elle ne comprenait pas. Chaque regard de Soren la faisait frémir, chaque sourire furtif suffisait à faire battre son cœur plus vite. Et, au fond d'elle, une sensation de danger croissait, aussi insidieuse que fascinante.

Un jour, alors qu'elle s'apprêtait à quitter le bureau après une réunion avec Soren, il la surprit en lui posant une question qu'elle ne s'était pas attendue à entendre.

"Élisa," dit-il, sa voix basse et veloutée, "comment vous sentez-vous ? Vous avez l'air d'être... ailleurs ces derniers temps."

Elle hésita un instant avant de répondre, se sentant soudainement vulnérable sous son regard perçant.

"Je suis... un peu fatiguée, c'est tout," mentit-elle, essayant de dissimuler la vérité. Elle ne pouvait pas lui avouer qu'elle luttait contre une attraction qu'elle ne comprenait pas.

Soren la regarda intensément, un silence s'installant entre eux. Puis, dans un souffle, il ajouta :

"Je crois que vous ne me dites pas toute la vérité, Élisa. Mais je ne vais pas insister. Vous avez vos raisons."

Le ton de sa voix changea légèrement, devenant plus froid, comme si un masque invisible venait de se poser sur ses traits. Élisa se sentit déstabilisée, prise entre son désir inexplicable et la peur croissante qu'il ne la pousse trop loin dans ce jeu dangereux.

Elle tourna les talons, bien décidée à quitter le bureau et à se calmer. Mais en s'éloignant, elle sentit une fois de plus cette présence derrière elle, comme une ombre silencieuse qui la suivait. Soren ne disait rien, mais elle savait qu'il la regardait, observait chaque mouvement qu'elle faisait.

Cette nuit-là, ses rêves furent agités. Des images floues et intenses traversaient son esprit, des visions d'un monde qu'elle ne reconnaissait pas. Un monde sombre, peuplé de créatures qui ressemblaient à des hommes, mais qui étaient bien plus que cela. Des ombres de loups aux yeux perçants et aux crocs acérés la hantaient, et au milieu de ce chaos, Soren apparaissait. Mais ce n'était pas l'homme qu'elle connaissait, celui au regard glacial et au visage impassible. Non, ce Soren-là avait quelque chose de sauvage, d'animal, une puissance palpable qui émanait de lui comme une aura menaçante.

Élisa se réveilla en sursaut, le cœur battant la chamade. Elle était trempée de sueur, ses draps enchevêtrés autour d'elle. Ce rêve l'avait laissée profondément perturbée, et il n'était pas difficile de comprendre pourquoi. Le lien invisible qu'elle sentait avec Soren devenait de plus en plus tangible, et chaque instant passé près de lui semblait l'enfoncer un peu plus dans cette spirale d'attirance et de confusion.

Au travail, les journées continuèrent de défiler à une vitesse folle. Chaque interaction avec Soren semblait renforcer la tension, mais elle était aussi accompagnée de petites étincelles d'espoir, comme des fragments de lumière au milieu de l'obscurité. Élisa se rendait bien compte que quelque chose changeait entre eux, quelque chose de plus fort que ce qu'elle pouvait contrôler.

Un après-midi, alors qu'ils se retrouvaient tous les deux dans le bureau de Soren pour discuter d'un projet important, l'atmosphère entre eux était électrique, comme si l'air lui-même était chargé d'énergie. Élisa s'efforça de se concentrer sur le travail, mais chaque mouvement de Soren, chaque léger geste, semblait la distraire. Lorsqu'il se pencha vers elle pour lui expliquer une nouvelle stratégie, leur proximité la fit frémir. Ses yeux rencontrèrent les siens, et pour un instant, elle eut l'impression que le temps se suspendait.

Soren, comme s'il sentait l'intensité de l'instant, se redressa brusquement et s'éloigna d'elle. Son visage était impassible, mais son regard trahissait une certaine agitation intérieure.

"Élisa," dit-il d'une voix basse, "vous devez comprendre quelque chose. Ce que vous ressentez n'est pas... ordinaire. Vous n'êtes pas simplement attirée par moi. Il y a autre chose. Quelque chose qui dépasse le cadre de cette entreprise."

Elle cligna des yeux, ne sachant pas comment réagir. Ce qu'il venait de dire, cette révélation inopinée, ne faisait qu'ajouter à son malaise. Était-ce une simple observation ? Ou bien était-ce une vérité qu'il essayait de lui faire accepter, malgré elle ?

Il se tourna alors vers la fenêtre, son dos tourné à elle, et laissa un silence pesant s'installer.

"Vous ne pouvez pas fuir cela, Élisa," murmura-t-il, presque pour lui-même. "Ce lien entre nous est... inévitable. Mais, avant de le comprendre, vous devez accepter une réalité bien plus grande que vous ne l'imaginez."

Élisa resta là, figée. Un frisson parcourut son échine alors qu'une seule pensée traversa son esprit : ce qu'il venait de dire n'était pas une simple métaphore. Il y avait quelque chose de réel dans ses paroles. Quelque chose de plus grand, de plus dangereux, et d'indescriptible qui la liait à lui.

La peur, le désir, et le doute se mélangèrent dans son esprit, la poussant à se demander si, en acceptant cet emploi, elle n'avait pas mis le pied dans un monde qu'elle ne pourrait plus jamais quitter. Un monde où Soren Blackwood n'était pas simplement son patron, mais bien plus que cela... un homme, ou quelque chose d'autre, dont le pouvoir et la nature dépassaient tout ce qu'elle avait pu imaginer.

Et pourtant, malgré tout cela, une part d'elle ne pouvait s'empêcher de se sentir attirée par lui, comme un papillon s'approchant d'une flamme, consciente du danger mais irrésistiblement attirée par l'inconnu.

Les jours qui suivirent furent empreints d'une atmosphère lourde, presque palpable. Élisa ne pouvait plus se concentrer, ni sur son travail, ni sur sa vie en dehors de l'entreprise. Le regard de Soren la hantait constamment, et chaque rencontre avec lui semblait ajouter une couche de mystère et de tension à leur relation. Mais au fond d'elle, une question persistait : pourquoi avait-il prononcé ces mots ? Pourquoi avait-il insinué qu'il y avait plus entre eux que ce simple lien de travail ?

La réponse, ou plutôt le manque de réponse, la tourmentait. Elle se retrouvait souvent à l'écart, ses pensées lointaines, tout en sentant une présence invisible la suivre. C'était comme si la ligne fine entre la réalité et quelque chose de plus grand s'effritait sous ses pieds. Et puis, un matin, ce fut l'événement qui fit basculer les choses.

Ce jour-là, Élisa se rendait au bureau comme à son habitude. Rien n'avait semblé différent, à part une légère brume qui enveloppait la ville. En entrant dans l'immeuble, elle eut l'impression que quelque chose n'allait pas. L'air était chargé, comme si une tempête intérieure se préparait. Lorsqu'elle arriva au bureau de Soren, elle trouva la porte ouverte, ce qui était rare. Elle entra sans frapper, s'attendant à le trouver comme d'habitude, plongé dans ses papiers.

Mais ce qu'elle découvrit à l'intérieur la figea sur place.

Soren était là, mais il n'était pas seul. Deux autres hommes se tenaient près de lui, dans l'ombre de l'office, leurs silhouettes imposantes et leurs yeux perçants fixés sur elle. L'atmosphère était lourde, menaçante même. Un frisson parcourut la nuque d'Élisa alors que ses yeux croisaient ceux de Soren. Elle remarqua alors une différence, une intensité accrue dans son regard. C'était comme s'il était sur le point de se transformer, comme si quelque chose de primitif et de sauvage bouillonnait en lui.

"Élisa," dit-il d'une voix plus grave que d'habitude, "tu as besoin de comprendre ce que nous sommes."

Elle ouvrit la bouche, prête à poser une question, mais aucun son ne sortit. Ses instincts lui criaient de partir, de fuir, mais une force invisible la retenait. Les deux hommes dans l'ombre s'avancèrent lentement. Ils n'étaient pas humains. Du moins, pas comme elle les connaissait. Leurs yeux brillaient d'une lueur étrange, et un sourire légèrement carnassier déformait leurs lèvres.

L'un d'eux prit la parole. "C'est le moment, Soren. Elle doit savoir."

Élisa recula d'un pas, son cœur battant à tout rompre. Elle sentait l'air se charger d'une énergie qu'elle ne comprenait pas, mais qui était, en quelque sorte, familière.

Soren se tourna vers elle, un éclat particulier dans ses yeux, celui d'un prédateur prêt à bondir. Mais il ne le fit pas. Au lieu de cela, il se rapprocha d'elle, lentement, et posa une main sur son épaule. Sa chaleur semblait se propager à travers elle, et un frisson de confusion et de désir la secoua.

"Tu n'es pas comme les autres, Élisa," murmura-t-il. "Tu le sens, n'est-ce pas ?"

Elle n'osait répondre. Ses pensées se mêlaient, se heurtaient dans un tourbillon désorientant. Pourquoi était-elle ici ? Pourquoi cette sensation de danger devenait-elle plus forte à chaque instant passé à ses côtés ?

Soren s'éloigna légèrement, se tournant vers les deux hommes. "Elle n'est pas prête. Mais elle le sera bientôt."

L'un des hommes haussait les épaules. "Elle doit comprendre qu'il n'y a pas de retour possible, Soren."

Élisa se sentit de plus en plus perdue. "Qu'est-ce que vous voulez dire ? Qui êtes-vous ? Qu'est-ce qui se passe ici ?" demanda-t-elle, sa voix brisée par la peur qui montait en elle.

Soren se tourna vers elle et, cette fois, il la regarda non pas comme un patron, mais comme quelque chose de plus ancien, plus ancien encore que l'humanité. Ses yeux s'éclairèrent, et dans un souffle presque imperceptible, il murmura :

"Je suis l'Alpha, Élisa. Et toi... toi tu es bien plus que ce que tu penses. Bien plus que ce que tu imagines."

La pièce sembla se rétrécir autour d'elle alors que ses jambes tremblaient. Chaque fibre de son être lui criait de fuir, mais une autre partie d'elle, plus profonde, plus ancienne, était attirée par lui, par la certitude qu'elle se trouvait devant quelque chose qui changerait sa vie à jamais.

L'un des hommes s'avança et se pencha vers elle, avec un sourire presque... cruel. "Ne t'inquiète pas, Élisa. Tu n'as pas besoin de comprendre tout de suite. Mais sache une chose : ton destin est lié à celui de Soren. Et il n'y a pas de retour en arrière."

Elle sentit son cœur se serrer. Un frisson glacé dévalait son échine. Son regard se tourna à nouveau vers Soren, qui la fixait avec une intensité dévorante. Ses mains étaient moites, ses pensées en chaos total. Quelque chose d'ancien, de primitif, naissait en elle. Et elle savait, au fond, que rien ne serait jamais pareil.

Soren approcha doucement, et avant qu'elle puisse réagir, il la saisit par le bras, la maintenant près de lui. "L'heure est venue, Élisa. Tu fais maintenant partie de ce monde, un monde où les règles sont écrites par ceux qui sont bien plus puissants que toi."

Elle sentit une chaleur étrange se répandre dans son corps, une chaleur qui n'avait rien de celle qu'un humain pourrait ressentir. Elle tenta de se libérer, mais ses forces la trahissaient. La peur, la confusion, et le désir se mêlaient en elle, tandis que Soren la conduisait plus loin dans cet inconnu dont elle ne pourrait plus jamais s'échapper.

Et dans le fond de ses yeux, elle lut une vérité qui la terrifia : le lien entre eux n'était pas une simple attirance. C'était un lien ancestral, marqué par le sang et la bête, un lien qu'elle n'aurait jamais pu fuir, même si elle l'avait voulu.

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