
La Vierge coquine et le milliardaire
Chapitre 3
Le soleil du lendemain filtrait à travers les rideaux de l'appartement de Marisa. Elle était encore plongée dans un demi-sommeil, ses pensées embrumées par les événements de la veille. La soirée avait été étrange, presque irréelle, et la tension entre elle et Maryse persistait comme un nuage lourd suspendu au-dessus de leur relation.
Maryse, en revanche, était déjà réveillée depuis longtemps. Installée dans la petite cuisine, une tasse de café noir entre les mains, elle réfléchissait à son prochain coup. La jalousie brûlait en elle, mais derrière cette colère se cachait une détermination glaciale. Nathaniel n'avait pas le droit de lui échapper, et encore moins pour une raison aussi absurde que l'esprit vif et authentique de Marisa. Si elle voulait obtenir ce qu'elle voulait, elle devait agir vite.
Quand Marisa entra finalement dans la pièce, encore vêtue de son pyjama confortable, Maryse releva les yeux avec un sourire presque trop chaleureux.
- Ah, te voilà enfin ! J'ai préparé du café, dit-elle en désignant la cafetière.
Marisa fronça légèrement les sourcils. Ce ton mielleux n'était pas habituel chez Maryse, et cela l'inquiétait.
- Merci, répondit-elle prudemment en se servant une tasse.
Maryse attendit qu'elle s'installe à la table avant de commencer son discours soigneusement préparé.
- Alors, à propos de la soirée d'hier...
Marisa posa sa tasse, un peu sur la défensive.
- Oui ?
- Nathaniel t'a beaucoup parlé, fit remarquer Maryse d'un ton nonchalant.
Marisa rougit légèrement.
- Je suppose, mais ce n'était rien de spécial. Il posait des questions, et je répondais, c'est tout.
Maryse laissa échapper un petit rire.
- Rien de spécial ? Tu plaisantes ? Il était littéralement fasciné par toi !
- Je ne crois pas... murmura Marisa, gênée.
- Écoute, continua Maryse en prenant un air sérieux, c'est évident que ce gars adore les discussions intellectuelles. Il cherche quelqu'un qui peut lui tenir tête sur des sujets comme la philosophie, l'art... toutes ces choses qui t'intéressent.
Marisa haussa un sourcil.
- Et alors ?
Maryse prit une grande inspiration, se préparant à jouer la carte la plus délicate de son stratagème.
- Et alors, j'ai une idée.
Marisa recula légèrement sur sa chaise, méfiante.
- Une idée ?
- Oui, écoute-moi. Tu pourrais... m'aider à me connecter avec lui, dit Maryse, choisissant soigneusement ses mots.
- Comment ça ?
Maryse posa sa tasse, croisant les mains devant elle avec un sérieux calculé.
- Tu sais, il est clair qu'il est attiré par... comment dire... une certaine profondeur intellectuelle. Mais soyons honnêtes, Marisa, il ne cherche pas vraiment à connaître la vraie personne. Ce qu'il veut, c'est une façade, un masque d'intelligence.
Marisa secoua la tête, confuse.
- Je ne comprends pas où tu veux en venir.
Maryse s'approcha légèrement, baissant la voix comme pour partager un secret.
- Ce que je veux dire, c'est que tu pourrais jouer ce rôle pour moi. Juste au début, pour capter son attention. Une fois qu'il est intéressé, je prendrai le relais.
Marisa écarquilla les yeux, abasourdie.
- Attends, tu veux que je... que je fasse semblant d'être toi ?
- Pas exactement, répondit Maryse avec un sourire forcé. Juste... disons que tu pourrais m'aider à initier une connexion avec lui.
Marisa secoua la tête, visiblement mal à l'aise.
- Maryse, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée.
- Pourquoi pas ? demanda Maryse, feignant l'innocence.
- Parce que c'est... c'est malhonnête, et puis, je ne me sens pas à l'aise avec ça.
Maryse soupira, mais elle ne lâcha pas prise. Elle changea de tactique, adoptant un ton plus doux et presque suppliant.
- Marisa, s'il te plaît. Tu sais combien c'est important pour moi. Je ne te demande pas grand-chose. Juste une petite conversation ici et là.
Marisa hésita, ses instincts lui criant de refuser, mais elle voyait la détermination dans les yeux de sa sœur.
- Et si ça tourne mal ? demanda-t-elle finalement.
- Ça ne tournera pas mal, je te le promets, dit Maryse avec un sourire rassurant. Fais-moi confiance.
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Malgré ses doutes, Marisa finit par céder. Les jours qui suivirent furent consacrés à une préparation méticuleuse orchestrée par Maryse. Elle coacha sa sœur sur la manière de parler, les sujets à aborder, et même la gestuelle à adopter.
- Rappelle-toi, Nathaniel aime les femmes qui ont confiance en elles, dit Maryse en faisant les cent pas dans le salon. Tiens-toi droite, regarde-le dans les yeux, et surtout, n'hésite pas à le contredire si c'est nécessaire.
Marisa, assise sur le canapé, se sentait comme un acteur répétant un rôle qu'il ne comprenait pas totalement.
- Je ne suis pas sûre d'être capable de tout ça, murmura-t-elle.
Maryse s'arrêta et la regarda fixement.
- Bien sûr que si. Tu es brillante, Marisa. Tu n'as juste jamais appris à le montrer.
Ces mots, bien que prononcés pour manipuler, touchèrent une corde sensible chez Marisa. Elle sentit une pointe de fierté, mêlée à une profonde appréhension.
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Le moment de vérité arriva lorsque Nathaniel envoya un message à Maryse, ou plutôt, à la « fausse Maryse » qu'il croyait avoir rencontrée. Il proposait un rendez-vous dans un café intime du centre-ville.
- C'est parfait, déclara Maryse en lisant le message.
Marisa, qui se tenait près d'elle, sentit une boule d'angoisse se former dans son estomac.
- Et qu'est-ce que je suis censée faire exactement ?
Maryse posa une main rassurante sur son épaule.
- Juste être toi-même, mais avec un peu plus de... confiance.
Marisa hocha la tête, mais son cœur battait à tout rompre. Elle savait qu'elle s'engageait sur un terrain glissant, et une petite voix au fond d'elle-même lui disait que rien de bon ne sortirait de cette mascarade.
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Le jour du rendez-vous, Marisa s'installa à une table près de la fenêtre, ses mains tremblantes autour de sa tasse de thé. Nathaniel arriva peu après, vêtu d'un manteau sombre qui accentuait son allure élégante.
- Bonjour, dit-il avec un sourire chaleureux en prenant place en face d'elle.
- Bonjour, répondit-elle timidement.
Nathaniel entama la conversation avec une aisance naturelle, posant des questions sur ses lectures récentes, ses opinions sur des sujets variés. Marisa, malgré sa nervosité, se surprit à apprécier l'échange. Il était attentif, curieux, et son intérêt semblait sincère.
Cependant, à chaque compliment qu'il lui adressait, elle ressentait une pointe de culpabilité. Ce n'était pas elle qu'il admirait, mais l'image que Maryse avait créée.
Vers la fin de leur rendez-vous, Nathaniel se pencha légèrement vers elle, un sourire au coin des lèvres.
- Vous êtes vraiment fascinante, Maryse. J'aimerais beaucoup qu'on se revoie, en tête-à-tête.
Ces mots résonnèrent comme un coup de tonnerre dans l'esprit de Marisa. Elle acquiesça mécaniquement, incapable de trouver une réponse appropriée.
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De retour chez elle, elle retrouva Maryse, impatiente de connaître les détails.
- Alors ? Comment ça s'est passé ? demanda-t-elle avec un éclat dans les yeux.
Marisa, épuisée par le poids de son mensonge, murmura :
- Il veut me revoir.
Maryse éclata de rire, triomphante.
- Parfait. Tout se déroule exactement comme prévu.
Mais au fond, Marisa se demandait combien de temps elle pourrait continuer ce jeu avant que la vérité n'éclate.
Marisa se tenait devant le miroir de la chambre de Maryse, son regard hésitant scrutant la version d'elle-même que sa sœur avait façonnée. Elle portait une robe noire sobre mais élégante, ajustée avec une précision chirurgicale. Ses cheveux, habituellement laissés libres, avaient été soigneusement relevés en un chignon sophistiqué, à l'image de ce que Maryse aurait choisi.
Maryse, assise sur le lit en tailleur, la jaugeait avec un mélange de satisfaction et d'impatience.
- C'est parfait, déclara-t-elle enfin. Tu es exactement comme je l'imaginais.
- Exactement comme *toi*, tu veux dire, corrigea Marisa, sa voix teintée d'ironie.
Maryse haussa les épaules, feignant l'innocence.
- Détail. Ce qui compte, c'est que tu sois crédible. Nathaniel doit voir en toi ce qu'il cherche, rien de plus.
Marisa détourna les yeux, une boule d'angoisse grandissant dans sa poitrine.
- Et si je dis quelque chose qu'il ne croit pas ? Si je fais une erreur ?
Maryse se leva et posa une main ferme sur l'épaule de sa sœur.
- Tu ne feras pas d'erreurs. Tu es intelligente, Marisa. Et si jamais quelque chose dérape, improvise.
Ces mots, bien qu'intentionnellement rassurants, ne firent qu'alourdir la tension que Marisa ressentait.
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