Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman La tour de Verre

La tour de Verre

Porter une armure d'une solidité absolue présente un inconvénient majeur : sa rigidité peut la mener à se briser brusquement, tel du verre fragile. Ce phénomène survient fréquemment lorsque l'équipement s'avère incapable de s'ajuster aux multiples imprévus et aux bouleversements radicaux que réserve parfois le cours d'une existence. Ce récit explore la vulnérabilité cachée derrière la protection et la difficulté de s'adapter face aux changements brutaux du destin.
Chapitres
Partager

Chapitre 3

Je regarde fixement la pare brise teintée du bolide. Non mais qui est ce con? Encore une seconde, et je me faisais ratatiner comme une crêpe! Je n'ai pas à attendre longtemps pour le savoir: Logan sort de la voiture.

Dans son costume, j'ai presque eu du mal à le reconnaître des autres fois: même ses cheveux ont été tirés vers l'arrière. Evidemment, toutes les femmes qui passent par là, se tordent le cou pour continuer à le regarder. Et je ne fais malheureusement pas exception à la règle: il est à tomber. Par un miracle, je réussis à m'arracher à sa contemplation:

- Vous auriez pu m'écraser avec votre tas de ferraille! Où avez-vous donc appris à conduire?

Logan lève lentement un sourcil, l'air de se demander comment cela se fait-il que je puisse lui adresser la parole. Bien malgré moi, je remarque combien il ressemble à sa mère à cet instant.

- Pardon?

- Vous vous garez n'importe comment! Vous auriez pu me tuer, je crie presque.

Génial! Tout simplement génial!

Je m'emporte à cause de son air arrogant: limite je pourrais être une guenon hurlante, qu'il ne serait pas plus impressionné.

- Je ne vous aie pas vu, dit-il en reprenant son chemin.

- Vous ne m'aviez pas vu?! Et vous pensez que je vais croire ces âneries? Vous êtes con ou quoi?

Il s'arrête.

Qu'est-ce qui m'a pris?

Si seulement tu apprenais à fermer ta grande bouche Amanda!

- C'est pourtant ce qui s'est passé, répond-t-il lentement. Et puis vous auriez pu traversé sur le passage piéton, ou lieux de faire n'importe quoi.

Ne voulant pas aggraver mon cas, j'hoche la tête et entre dans la tour. J'ai l'impression que mon cœur bat à cent à l'heure. Il se prend pour qui?

Pour le fils de la femme qui t'emploie, peut-être...

Avec un peu de chance, le temps que Grey l'agent de sécurité vérifie son identité, je pourrais prendre le premier ascenseur. Et ainsi mettre le plus de distance possible entre lui et moi. Je ne pense pas, que l'ascenseur pourrait supporter notre poids en plus de celui de son arrogance...

Puisque c'est ma veine, aucune des sept portes d'ascendeurs ne s'ouvrent! Logan me rejoint et sans un mot, sort son téléphone de sa poche. Je voudrais dire son parfum me laisse de marbre, mais ce n'est pas le cas...je suis sûre qu'il est venu tout près de moi, juste pour me mettre mal à l'aise! Je risque un regard dans sa direction: le regard rivé sur son téléphone, il pianote à vive allure, un sourire sur les lèvres.

A peine une seconde après, son regard croise le mien. Immédiatement, je détourne le regard, les épaules bien droites, je fixe nos reflets déformés sur l'inox des portes de l'ascenseur. Je voudrais tellement retournée dans la sécurité réconfortante de mon bureau! Ce type me met trop mal à l'aise. J'espère que le temps que l'on monte tout en haut, il aura déjà oublié que je viens de le traiter de con...

Les portes s'ouvrent sur Nathan:

- N'est-ce pas là ma russe préférée, dit-il en ouvrant les bras.

En règle générale, je n'aime pas qu'il se montre trop entreprenant par ses gestes. Mais là, je le serre dans mes bras comme je peux, malgré le sac et le café.

- Bonsoir Logan ça fait plaisir de te revoir, dit-il à l'intéressé qui lève à peine les yeux de son portable.

- Nathan, répond-t-il simplement.

Le silence qui en suit ne semble pas mettre Nathan mal à l'aise du tout:

- Bon, tu es toujours d'accord pour déjeuner avec moi demain?

- Il faudrait d'abord que je vois si Pietro ne voudrait pas que nous mangions ensemble...

Il fronce les sourcils, exagérant son air déçu:

- Tu le choisi toujours avant moi!

- Il a la priorité sur toi, Nathan. Je n'y peux rien, je réplique avec un rire.

- Bon, on y va? lance Logan agacé. L'ascenseur risque de remonter.

Je le regarde, abasourdie, puis me concentre à nouveau sur Nathan:

- On se dit à demain?

- Passe une bonne soirée et ne reste pas ici trop longtemps! Comme je te l'ai déjà dit, il serait vraiment dommage que tu nous quittes surtout si tu t'épuises à la tâche...

- Je vais garder ça en mémoire: rentre chez toi, Nate.

Ce n'est que lorsqu'il me lâche que je me rends compte qu'il me tenait tout ce temps par la taille.

Je lance un regard mauvais à Logan, avant de le précéder dans l'ascenseur.

- Vous auriez pu monter depuis tout ce temps, je dis lorsque les portes se ferment.

- En effet, j'aurai pu. Mais vous avez votre badge autour du cou, je ne suis même pas sûr d'avoir le mien dans ma poche. Et il se trouve que de tout ce que mes parents ont essayé de m'apprendre, j'ai retenu que je devais me montrer poli. Voilà pourquoi je vous ai attendu.

- Ouais... si poli que vous avez failli me réduire en charpie, je dis avec hargne.

- Vous traverserez sur les voies réservées, la prochaine fois. De préférence lorsque le feu sera vert pour vous, me raille-t-il.

Je décide de la fermer. Je n'aimerai pas dire quelque chose que je suis sûre de regretter. En sentant l'odeur des pancakes chaud et du caramel, mon ventre grogne de frustration. Dire que je n'ai même pas manger ce midi... Encore quelques minutes, et je pourrais engloutir toute ces bonnes choses!

- Alors comme ça, vous êtes russe? me demande Logan, les yeux rivés sur les chiffres qui indiquent les étages.

Il ne peut pas juste la fermer et faire comme si je n'existais pas? J'apprécierai! Il n'y a pas de doutes: je préfère nettement son frère. Il est agréable, lui! Avec Logan, j'ai l'impression d'avoir du verre pilé sous la langue, et je suis obligée de me taire afin que rien d'idiot ne sorte de ma bouche. Tandis qu'avec Daniel, il m'arrive d'échanger quelques banalités.

- Alors?

- A ce qui parait, je finis par répondre.

- On ne dirait pas, dit-il en me regardant. Vous n'avez pas d'accent.

Non, mais quels préjugés! D'où il sort ce type?

- L'anglais est une langue comme une autre: elle s'apprend..., je réplique avec un accent russe.

Pas besoin de lui apprendre que mes parents et moi sommes nés ici, et que je suis aussi américaine que lui. Je ne vais pas aller expliquer mon arbre généalogique à tous les cons que je croise, si non j'en aurai pour le reste de ma vie! Logan éclate de rire. Bien malgré moi, je dois avouer que qu'il ne me laisse pas indifférente: son visage est carrément transformé!

- Ce n'était pas censé être drôle.

- Pourtant ça l'est, dit-il d'une voix moqueuse.

Dès que les portes s'ouvrent, je me précipite à l'extérieur.

- Enfin libre!

- C'était donc si horrible que ça?

- Vous ne pouvez pas imaginer à quel point! J'ai cru manqué d'air à cause de votre arrogance.

Logan me regarde surpris. Je devrais vraiment la fermer, il serait dommage que je perde mon job à cause de cet imbécile.

- Vous êtes incroyable, dit-il finalement en secouant la tête.

Maintenant il n'arrête plus de sourire...

- Merci du compliment.

Devant la porte du bureau, il me laisse passer en première.

- Après vous.

- Madame, je suis désolée de vous avoir fait attendre, je dis en m'adressant directement à Faith.

- Ce n'est rien, dit-elle en me prenant le café.

Logan se dirige vers sa mère, légèrement tendu. Il n'arbore plus l'animosité de leurs retrouvailles, mais son visage est redevenu froid, dès qu'il a franchi la porte.

- Bonsoir, maman. Tu es prête?

- Oui.

Je récupère la veste, et le sac de Faith que je lui tend.

- A demain, Madame.

- A demain.

Sans un regard pour Logan, je les accompagne jusqu'à la porte, avant de retourner dans mon bureau. Non mais quel con ce Logan! Il ne s'est même pas excusé pour tout à l'heure! Et dire que j'ai perdu mon sang-froid et que je l'ai traité d'idiot à voix haute... je devrais apprendre à mieux tenir ma langue. Même en sa présence. Je ne suis là que pour le travail. Pas pour créer des problèmes avec ce type!

Logan

Mon regard passe de la serveuse qui n'arrête pas de faire des tours dans les environs de notre table depuis que nous sommes entrés, à ma chère mère.

Elle aimerait que je lui parle un peu plus de moi, mais honnêtement, je ne suis là que parce que Daniel n'a pas arrêté de me casser les oreilles avec cette stupide histoire de réconciliation. Lorsqu'il se met une idée en tête, il est encore plus obstiné que moi: une vraie plaie! Depuis des semaines, Daniel me harcelait quotidiennement: son objectif était que je passe le plus de temps possible avec ma mère. Il a tellement insisté, que je n'ai pas eu d'autre que choix que de lui obéir. C'est le prix de ma paix...

Ce con pacifique bouffeur de céleris qui me sert de frère, n'a pas encore compris que je ne veux rien de tout ça. Cette idée de famille réunie, ne veut plus rien dire pour moi. Jusque là, elle n'a fait que nous créer des problèmes: je ne vois pas pourquoi je devrais feindre toutes ces conneries! J'étais très bien dans mon coin. Et il a fallu que Daniel vienne semer le doute en moi, et tout compliquer par la même occasion!

- Tu as l'air d'aller bien, dit ma mère avec un petit sourire.

Agacé, je reporte mon attention ailleurs. Je fais tâche ici, il n'y a pas à dire: ce n'est pas ma place. La plus part des clients se tiennent sur leurs sièges, comme s'ils voulaient que les idiots de la table d'à côté sachent combien ils sont importants... C'est le milieu de ma mère, pas le mien.

J'aimerai qu'elle le comprenne, et qu'elle me laisse tranquille. Tout chez elle, m'énerve! Et encore, j'ai réellement fait des efforts ces derniers mois: avant, c'était à peine si je supportais de rester au même pièce qu'elle! Chaque acte que ma mère pose, est comme un rappel de pourquoi je ne peux pas lui faire confiance. Je suis constamment en alerte. Un exemple: son attitude envers moi. Non, mais sérieux, je déteste qu'elle essaie de se montrer douce et aimante. Je déteste que l'image de lionne implacable qu'elle sert à tout le monde disparaisse, dès que je suis dans les parages. Elle pense qu'en revêtant ce manteau immonde de culpabilité, ça va faciliter les choses entre nous? Laissez-moi rire...

Si ce n'était pas pour Daniel, je me serai déjà lever pour partir. J'imagine sa tête si je la plantais là, sans un mot d'explication. Je suis sûr que mon frère rappliquerait dans la minute pour me ramener ici et m'obliger à lui demander pardon pour mon...attitude irrespectueuse.

Rien que pour éviter une telle humiliation, je décide de ronger mon frein. Daniel va me le payer, il ne perd rien pour attendre. Je devrais peut-être apprendre à moins suivre ses conseils!

- Oui, je vais bien. Et toi? Pas trop fatiguant, le travail?

Elle sourit de plus belle, elle semble apprécier. Ma mère sait ce que ça me coûte d'avoir le cul cloué sur cette chaise. Or, une fois de plus elle préfère faire comme si tout allait bien.

En regardant ses yeux, je me dis que je déteste aussi notre ressemblance. Je déteste être son portrait en miroir: parce qu'à chaque fois que je me regarde, je la vois elle...ma mère. La femme qui a tué mon père.

Pour le reste du monde, ce n'était qu'un malheureux accident, mais j'étais là. J'ai tout vu.

- Non, ça va. Les choses se passent bien: ma nouvelle assistante, Amanda fait un travail remarquable. Cela va bientôt faire un an qu'elle travaille pour moi, et je ne l'ai pas encore perdu, plaisante-t-elle.

Je souris.

Uniquement parce que je repense à cette femme.

Un sacré caractère, enfermé dans un corps à l'apparence si douce: tout en courbes. Elle ne fait pas partie de ces femmes qui pensent qu'il faut ressembler à un cure dent, pour plaire aux hommes. Et ça, ça me plait. Ça me plait beaucoup même...

La prochaine fois que je passerais voir ma mère, je pourrais la provoquer encore: juste pour le plaisir de voir sa peau doré prendre cette jolie teinte rouge lorsqu'elle commence à s'énerver.

Amande est une belle femme. Pourtant son caractère de cochon doit réussir à éloigner bien du monde autour d'elle. Et je ne parle même pas de son attitude guindée qui est un véritable supplice!

La dernière fois, je ne l'avais pas vu sur la chaussée. J'étais tellement occupé à essayer de garder le contrôle, rien qu'à l'idée de passer du temps avec ma mère, que je n'ai freiné qu'au dernier moment. Ensuite elle m'a bien soûlé avec ses accusations! Elle m'a même traité de con et a osé qualifier ma voiture d'un tas de ferrailles!

Un tas de ferrailles, ma caisse?

Plus tard devant les ascenseurs, le disque rayé que lui a servi ce crétin de Nathan a fini de m'énerver: un coup, elle me hurlait dessus parce qu'elle n'a pas traversé au bon endroit, et l'instant d'après, elle minaudait devant ce lourdaud qui ne pouvait pas s'empêcher de tripoter...

- Tu m'écoutes?

Je sursaute légèrement:

- Quoi? Excuse-moi. J'ai eu un instant...d'égarement, je dis en suivant la serveuse des yeux.

Jolie chute de rein...

- Elle est mignonne, dit ma mère en se penchant vers moi un sourire complice sur les lèvres.

Elle pose sa main sur la mienne. Je dois me retenir de ne pas avoir un mouvement de recul. En fermant brièvement les yeux, j'ai même un flash-back où je revois encore ses mains recouvertes du sang de mon père, entrain de glisser sur ma peau... Le souvenir de l'odeur métallique du sang qui avait empli l'air ce jour là, me revient en mémoire. J'en ai envie de vomir. Et comme à chaque fois que j'y pense, ces souvenirs restent très durs à gérer pour moi.

Lorsque que je repense à cette journée, j'ai l'impression de redevenir ce petit garçon complètement terrorisé qui assistait à cette scène, complètement impuissant.

- Ouais, elle l'est. Mais il faut qu'elle arrête de roder par ici: on dirait un coyote...

Ma mère éclate de rire:

- Tu es tellement dur, Logan! Tu ne fréquentes donc personne? Pas de...petite-amies?

Des femmes, j'en fréquente plus qu'il ne le faut. Or je ne reste jamais assez longtemps après, pour savoir si on sort finalement ensemble ou pas. Voilà comment je fonctionne.

- Non. Je n'ai pas encore trouvé la bonne.

Phrase bateau.

Celle-là même que l'on sort à tout bout de champ, pour justifier à la face du monde le fait que l'on soit célibataire. Car vaut mieux pour les autres être un romantique caché, qu'un type qui ne croit tout simplement pas en ce genre de chose.

- Eh bien , j'espère faire sa connaissance lorsque ça sera le cas.

Son téléphone sonne pour la énième fois.

Ma mère le récupère, l'éteint, et le range dans son sac. Elle fait des progrès, dit donc! Au moins elle me prouve que j'ai toute son attention.

- Et toi alors? Comment se passe le travail, me demande-t-elle.

- Très bien, merci.

- Tu enseignes toujours à l'Hunter High School?

Cela ne m'étonnerait pas, qu'elle connaisse même la couleur de mon boxer... Ma mère aime tellement tout contrôler, qu'elle se tient informée sur tout ce qui concerne nos vies, mes frères et moi.

- C'est exact. J'enseigne toujours là-bas.

- Je suis contente pour toi. Et fière aussi. Cet établissement fait partie des meilleurs lycées de l'État et du pays. 90% de ses étudiants finissent par intégrer la Ivy League. C'est un atout de poids sur ton CV.

Elle se rend compte de la bourde qu'elle vient de commettre, un peu trop tard.

Je retire ma main de la sienne et m'enfonce dans mon siège. Chassez le naturel... et il revient au galop! Ma mère a toujours eu du mal avec l'idée que je voulais enseigner. Moi-même au départ, je pensais me tromper sur ce que je voulais faire de ma vie. Mais voilà: des années plus tard, j'aime vraiment ce que je fais. Même si à première vue, ce n'est pas ce que les gens attendraient d'une personne "comme moi"...

Heureusement que je me contrefiche royalement de ce que les autres peuvent penser de la manière dont j'ai décidé de mener ma vie!

- Je...je suis désolée. Ce n'est pas ce que je voulais dire...

Oh bien sûr que c'est ce qu'elle voulait dire! Sauf qu'elle sait combien je déteste quand elle essaie de me conformer à ses attentes: parce qu'elle a encore trop peur que je ne m'en aille.

- Ce n'est pas grave, maman. Ce n'est pas parce que j'ai une situation plus que confortable là-bas, que je penses y passer le reste de ma carrière.

Elle se détend, mais son visage reste crispé.

J'ai tout intérêt à ce que notre déjeuner se passe bien: ma mère est du genre à passer ses nerfs sur les autres, lorsque les choses ne déroulent pas en sa faveur. Et quoi de mieux que ses employés pour subir sa colère? Je ne suis pas une âme charitable, mais pas un sans cœur non plus, on va dire.

Pietro l'a déjà vu dans ses pires jours, alors que pour Amanda, je ne suis pas encore sûr.

Elle me plaît: il serait dommage qu'elle ne s'enfuit en courant, lorsqu'elle se rendra compte de qui est vraiment ma mère.

Enfin pour changer de sujet, je lui dis que j'ai parlé hier avec Joshua.

- Il m'a invité à passer Thanksgiving avec eux.

Mon frère aîné est le genre de personne à qui j'ai envie de coller une droite, à chaque fois que je le vois...

- C'est une excellente idée! Les enfants seront heureux de te revoir. Tu leur a beaucoup manqué, à eux aussi .

- Ils m'ont manqué également.

Joshua est le parfait toutou de notre mère. Cependant, je le remercie pour une chose: comme il a toujours voulu prendre la tête de Clayton Corporation (et qu'il a bossé comme un dingue, y consacrant sa vie), Daniel et moi avions pu faire ce qui nous passionnait.

Notre mère aurait quant à elle, souhaité que nous régnons tous les trois à la tête de l'affaire familiale.

Je ne pense pas que ça aurait marché, même si je l'aurai voulu: Joshua et moi nous serions entre-tués. Un véritable carnage!

À cause de nos différents, je n'ai même pas pu voir mon neveu et ma nièce aussi souvent que je ne l'aurai souhaité. Sa femme est une sainte. Je ne sais toujours pas ce que Nathalie fait avec un type comme Joshua!

Daniel lui, est un pacifiste toujours en clin à chercher un terrain d'entente entre les différents parties. Déformation professionnelle me direz-vous.

De plus son métier arrange très bien ma mère, pour qui le poste qu'occupe Daniel est une porte d'entrée dans la sphère politique. Une prise de choix donc. Alors que moi, professeur?... La bonne blague!

Elle a donc dû enterrer son rêve de voir ses trois enfants au sommet de la Clayton Tower.

Quand Joshua a su que j'étais "de retour", il s'est empressé de reprendre contact avec moi.

Et ce séjour à Silicon Valley, où se trouve le cœur de l'entreprise, est un moyen d'enterrer la hache de guerre. En m'invitant chez lui, Joshua montre ainsi patte blanche à notre mère.

Tous les trois, nous savons depuis l'enfance que notre mère a toujours affiché une nette préférence à mon égard, aux dépends de me mes frères. Ce qui n'a jamais dérangé Daniel outre mesure.

Joshua lui, était le préféré de notre père. Mais il s'en moquait. La seule qu'il voulait impressionner, la seule dont il réclamait l'attention, c'était notre mère.

C'est à se demander s'il ne lui voue pas un culte. A l'idée d'imaginer mon frère dans une pièce remplie de photos de notre mère, sa déesse, courbé à lui faire des prières, je ne peux pas me retenir: c'est à mourir de rire!

- Qu'est-ce qui te fait rire? me demande-t-elle avec un sourire bienveillant.

- Une histoire stupide. Rien de spécial...

Nous parlons ensuite des vacances à venir et de l'actualité. Elle évoque ses nouveaux projets, qui ne sont pas que professionnels: elle vient d'acheter une propriété dans le Vermont et elle voudrait que toute la famille passe une partie de l'été là-bas. Elle m'explique, qu'elle voudrait nous réunir tous le plus souvent possible.

Continuez à regarder !
L'histoire devient intense ! Passez sur l'application pour continuer la lecture
Débloquer tous les épisodes
Ouvrir le site officiel

Vous aimerez aussi

Couverture du roman De vengeance et l'amour
8.8
Mattie, 16 ans, cache un secret pesant : elle communique avec les défunts depuis une agression maternelle traumatisante. Enfant placée, elle refuse d'être marginalisée, mais le spectre de Sally, sa sœur adoptive, change la donne. Alors que tous croient à une fugue, Mattie sait que Sally a été assassinée. Pour honorer leur lien, elle s'allie à un jeune policier afin de démasquer le coupable. Désormais traquée par ce tueur en série, elle doit agir vite pour ne pas devenir la prochaine victime.
Couverture du roman Entre loup et sorcière
9.4
Olivia ignore qu'elle est la sorcière blanche d'une ancienne prophétie. Pourtant, Derek, l'Alpha des loups-garous, l'attend depuis dix-huit ans : elle est son âme sœur. Alors qu'elle découvre ses pouvoirs, le couple doit affronter des mages noirs résolus à les détruire. Entre la gestion d'ex-partenaires furieux et l'apprentissage de la magie, Olivia parviendra-t-elle à sauver le monde surnaturel ? Leur lien sacré sera mis à rude épreuve face à cette horde d'ennemis.
Couverture du roman Il était une fois... Marrakech la juive - Tome II
8.4
Dans ce second tome, Marie entreprend un pèlerinage nostalgique au cœur d'une Marrakech autrefois habitée par une communauté juive florissante. Entre le Mellah, les souks et les ruelles secrètes, elle cherche les traces d'un passé disparu. Ce récit illustré évoque l'exil vers d'autres continents sans jamais oublier la Koutoubia, les dunes de Mogador ou les saveurs d'antan. Thérèse Zrihen-Dvir dépeint avec émotion cet héritage traditionnel, entre affections et luttes pour la survie.
Couverture du roman Il m'a noyé, j'ai brûlé son monde.
8.4
Après un accident, Antoine a créé Aethelgard, un univers virtuel où je n'étais plus handicapée. Mais ce sanctuaire cachait une trahison atroce : il me droguait pour me garder dépendante tout en vivant avec ma kinésithérapeute. Après m'avoir humiliée et laissée pour morte dans une fontaine, il pensait m'avoir brisée. Grave erreur. Désormais guérie et animée par une rage froide, je retourne dans son monde numérique. Il a volé mon passé, je vais réduire son empire et son futur en cendres.
Couverture du roman IMPOSTURE
8.2
Issue d'une famille pauvre, Mira se sacrifie pour les siens avant d'être bannie par son père. Elle rejoint alors un réseau d'escrocs qui la transforme en une redoutable manipulatrice de riches héritiers. Cependant, elle finit par s'éprendre de l'une de ses cibles. Malgré un mariage clandestin, son passé la rattrape. Entre trahisons, mensonges et déceptions, elle doit désormais lutter pour sa survie quand ses secrets éclatent, menaçant de détruire sa vie entière.
Couverture du roman La loi et le chaos - Tome 1: Les gardiens du temple et de Saladin
8.7
Désormais sevré de ses addictions, Silas Kern découvre la difficulté de passer de lecteur passionné à auteur accompli. En quête d'utilité, il trouve sa voie dans l'écriture après avoir reçu le pardon de l'Église. Suite à la rédaction de son ouvrage sur le Graal et le Christ, il confronte ses doutes face à sa cousine. Silas ne se voit pas en messie, mais aspire à devenir le prophète de son vécu. Ce récit explore la spiritualité et son rôle au sein de notre organisation sociale.