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Couverture du roman La Seconde Chance des Amants Loups-Garous

La Seconde Chance des Amants Loups-Garous

Traquée par son passé, une louve doit solliciter l'aide de l'alpha qui l'a autrefois rejetée pour sauver leurs triplés kidnappés. Tandis qu'ils s'unissent face au danger, leur lien renaît malgré les secrets. L'arrivée d'un nouveau prétendant charismatique et l'opposition de la fiancée de l'alpha compliquent leur quête périlleuse. Entre trahisons et sentiments enfouis, parviendront-ils à surmonter les obstacles pour redevenir partenaires et protéger leur famille ?
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Chapitre 1

La neige crissait sous les pas légers de Cassiopée alors qu'elle s'éloignait du chalet, sa cape de laine rabattue contre son cou pour se protéger du froid mordant. La lune pleine, haute dans le ciel, baignait la clairière d'une lumière argentée, faisant scintiller la glace accrochée aux branches nues des arbres. Tout semblait paisible, figé dans cet hiver sans fin où elle et ses enfants s'étaient terrés depuis cinq ans. Mais cette nuit, un frisson étrange parcourut sa nuque. Pas celui du froid. Celui du pressentiment.

Elle serra le panier qu'elle tenait entre ses doigts engourdis et hâta le pas.

Le vent hurlait dans la cime des arbres, portant avec lui des murmures indistincts. Son instinct lui soufflait un danger imminent, une ombre rôdant à la lisière de son univers protégé. Elle ne pouvait pas ignorer ce que son corps lui criait – être une louve-garou signifiait être en accord avec ses instincts, et les siens étaient en alerte.

Lorsqu'elle poussa la porte du chalet, une chaleur douce l'enveloppa aussitôt. Le bois brûlait dans la cheminée, projetant des ombres vacillantes sur les murs. Trois silhouettes miniatures s'animèrent près du tapis en peau d'ours.

- Maman ! Orion a encore triché !

Sirius, les joues empourprées par la chaleur, croisa les bras, sa bouche plissée en une moue contrariée. Orion, quant à lui, haussa les épaules avec un sourire mutin, dévoilant ses canines en pointe.

- C'est pas vrai ! Il n'a pas lu dans mes pensées, il devine juste bien ! rétorqua Lune en roulant des yeux.

Cassiopée secoua la tête avec tendresse en s'approchant. C'étaient encore des enfants, mais elle savait déjà que leur sang n'était pas ordinaire. Ils avaient grandi avec cette énergie brute en eux, ces dons qu'aucun loup de leur âge ne possédait. Orion, du haut de ses cinq ans, pouvait influencer les animaux sans même un mot. Sirius guérissait à une vitesse anormale. Quant à Lune, elle était capable de créer des cristaux de glace du bout des doigts, un pouvoir qui aurait dû appartenir à une sorcière, pas à une louve.

Et elle savait pourquoi.

Le poids du secret lui serra la poitrine, une douleur lancinante à laquelle elle s'était habituée. Ils étaient les enfants d'un Alpha. Pas n'importe lequel. Lysandre Voss. L'homme qui, il y a cinq ans, avait piétiné son cœur et rejeté leur lien d'âmes sœurs sans même un regard en arrière.

- Il est tard, déclara-t-elle doucement. Filez sous les couvertures, sinon la Dame de la Neige viendra vous chercher.

Les triplés ricanèrent mais obéirent sans trop protester. Elle les borda un à un, déposant un baiser sur leurs fronts avant d'éteindre la lanterne de leur chambre.

Elle était loin d'imaginer que ce serait la dernière nuit paisible qu'ils passeraient ensemble.

***

Le hurlement la tira de son sommeil comme un coup de tonnerre.

Elle se redressa d'un bond, le cœur affolé, ses sens en éveil. L'odeur du sang flotta dans l'air. Un cri enfantin résonna.

- Maman !

Cassiopée bondit hors du lit, ses pieds nus frappant le parquet. Lorsqu'elle ouvrit la porte de la chambre des enfants, la vision qu'elle découvrit lui coupa le souffle.

Des ombres masquées se tenaient là, enveloppées dans des manteaux noirs. Sirius se débattait dans les bras d'un inconnu, hurlant de toutes ses forces. Lune pleurait, luttant contre un autre assaillant qui la maintenait fermement. Orion, en état de choc, avait les yeux écarquillés.

- Lâchez-les ! rugit-elle en avançant.

Elle n'eut pas le temps de bouger davantage. Quelque chose de dur frappa violemment son crâne. Une douleur éclata dans son esprit. Tout devint flou.

Elle s'effondra au sol, sa vision se noyant dans l'obscurité.

Le dernier son qu'elle perçut fut le cri de ses enfants.

Puis plus rien.

***

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, la douleur explosa dans son crâne. L'air était glacé, l'odeur du bois brûlé imprégnait encore la pièce.

Elle roula sur le dos, cherchant à reprendre son souffle.

Puis, tout lui revint en mémoire.

- Orion ! Lune ! Sirius !

Un silence oppressant lui répondit.

Cassiopée se redressa d'un bond, ses muscles protestant sous l'effort. La chambre des enfants était vide. Les draps en désordre, les jouets éparpillés sur le sol, et cette odeur persistante qui ne lui appartenait pas.

Son regard tomba alors sur un morceau de papier, posé en évidence sur la table. Ses doigts tremblants le saisirent.

Un message y était inscrit, griffonné d'une main ferme et impitoyable :

* »Cherche Lysandre Voss. Il est leur père. »*

Ses doigts se crispèrent sur la feuille, la rage et la panique s'entremêlant en elle dans un tourbillon infernal.

Lysandre Voss.

L'homme qu'elle avait fui.

L'homme qui ne savait même pas que ses enfants existaient.

Et le seul qui pouvait l'aider à les retrouver.

Les souvenirs amers sont des chaînes invisibles. Ils vous entravent, vous coupent le souffle, vous rappellent ce que vous avez perdu quand vous osez croire que vous avez tourné la page. Cassiopée n'avait jamais cherché à oublier cette nuit-là. Parce qu'oublier signifiait trahir. Et elle ne trahirait jamais ses enfants, même si le prix à payer était de porter en elle la douleur d'un rejet qu'elle n'avait jamais mérité.

La pleine lune brillait haut dans le ciel cette nuit-là, projetant une lumière fantomatique sur la clairière. L'herbe, encore humide de la pluie du matin, collait à ses chevilles nues alors qu'elle se tenait devant lui, le cœur battant à tout rompre. Lysandre Voss. Alpha en devenir. Son compagnon.

Elle avait senti le lien la brûler de l'intérieur depuis le premier instant où son regard d'acier avait croisé le sien. C'était une évidence. Ils étaient faits pour être ensemble. Il n'y avait jamais eu de doute, jamais d'hésitation. Jusqu'à cette nuit-là. Jusqu'à ces mots qui avaient arraché son monde en lambeaux.

- C'est impossible, Cassiopée.

Sa voix avait été froide, tranchante comme une lame qu'on enfonce dans la chair. Elle s'était redressée, cherchant son regard, cherchant l'éclat d'amour qu'elle avait toujours cru y voir.

- Ce n'est pas impossible. Je porte ton enfant.

Elle s'attendait à du choc, peut-être même de la peur. Mais pas à ce silence glacial, à cette expression fermée qui effaça tout ce qu'ils avaient construit.

- Non.

Un simple mot. Brutal. Irrévocable.

- Non ? répéta-t-elle, sa voix tremblante.

Il détourna le regard, croisant les bras comme s'il érigeait une barrière entre eux.

- Ce n'était qu'une erreur. Nous sommes jeunes, Cassiopée. Je ne peux pas... Je ne veux pas de ça.

Son souffle se coupa.

- De *ça* ?

Son regard devint plus dur.

- De toi.

Elle sentit le sol s'ouvrir sous ses pieds. Ce n'était pas réel. Ça ne pouvait pas l'être.

- Tu mens. Je suis ta...

- *Non*.

Le hurlement s'échappa d'elle avant qu'elle ne puisse le retenir.

- *TU MENS !*

Son cri fendit la nuit, mais Lysandre ne broncha pas. Il se détourna simplement, l'abandonnant à son désespoir. Et ce fut à cet instant qu'elle sut. Qu'elle comprit que peu importe ce qu'elle dirait, peu importe combien elle l'aimait, il ne reviendrait pas sur sa décision.

Alors elle était partie.

Elle avait fui la meute, fuyant aussi son propre cœur brisé, jurant de ne jamais revenir.

Mais aujourd'hui, elle n'avait plus le choix.

Elle se leva d'un bond, chassant les souvenirs qui s'accrochaient à elle comme des ronces. Lysandre était peut-être la dernière personne qu'elle voulait revoir, mais il était aussi le seul qui pourrait l'aider.

Elle attrapa un sac de voyage, le bourrant de vêtements, d'armes, et d'une carte usée qu'elle consulta avec attention. Mais même si elle savait où il se trouvait, elle savait aussi que se présenter devant lui n'était pas une option. Il ne l'écouterait pas.

Elle avait besoin de plus. D'un moyen de le localiser sans erreur. D'un moyen qui ne pouvait pas être contesté.

Elle se dirigea vers une boîte de fer cachée sous le plancher et en sortit un médaillon d'argent. Un artefact ancien, imprégné de magie interdite. Son cœur se serra alors qu'elle le prenait entre ses doigts.

Cet objet lui permettrait de retrouver Lysandre où qu'il soit. Mais il y avait un prix. L'utiliser, c'était comme allumer un feu dans l'obscurité : non seulement elle le repérerait, mais d'autres le feraient aussi.

Elle ferma les yeux, inspirant profondément.

Puis elle ouvrit le médaillon.

Une onde de pouvoir se déversa dans la pièce, faisant vibrer l'air autour d'elle. Une douleur aiguë lui vrilla la tête, et une image s'imposa dans son esprit : un manoir imposant, des terres bordées de forêts denses, une silhouette masculine debout devant une large fenêtre.

Lysandre.

Elle n'eut pas le temps d'assimiler l'information qu'un bruit retentit derrière elle. Un craquement. Une présence.

Elle se retourna d'un bond, ses griffes déjà sorties.

Une femme se tenait là, appuyée contre un arbre. Elle était grande, élancée, sa chevelure sombre contrastant avec la pâleur de sa peau. Ses yeux brillaient d'une lueur espiègle, mais c'était la cicatrice sur sa joue qui attira l'attention de Cassiopée. Une marque en forme de lune croissante, un signe qu'elle n'avait vu qu'une seule fois dans les vieux livres : une cicatrice de survie, une preuve qu'on avait échappé à un destin funeste.

- Belle démonstration, murmura l'inconnue.

Cassiopée ne relâcha pas sa garde.

- Qui es-tu ?

La femme sourit, dévoilant des canines acérées.

- Une amie potentielle.

- J'en doute.

L'inconnue haussa les épaules.

- Moi aussi, au début. Mais je crois que nous avons un ennemi commun.

Cassiopée fronça les sourcils.

- Comment tu me connais ?

- Tu viens d'utiliser un artefact qui brille comme une étoile dans la nuit. Ce n'est pas très discret.

Un frisson parcourut Cassiopée.

- Qui es-tu ?

La femme s'approcha lentement, tendant une main.

- Élodie. Et je crois que tu vas avoir besoin d'aide.

Cassiopée fixa cette main tendue. Elle ne faisait confiance à personne. Mais elle n'avait pas le luxe d'être seule.

Alors, après un instant d'hésitation, elle la serra.

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