
La Revanche d'une Mère Abandonnée
Chapitre 3
Le sol sous moi était brûlant. Chaque inspiration était une torture, un mélange de fumée et de produits chimiques qui me sciait les poumons. J'ai rampé, guidée par un instinct de survie primaire. Mon esprit s'est vidé de tout sauf d'un objectif : la salle de bain.
Dans ma vie passée, j'avais paniqué, j'étais restée dans la chambre. Cette fois, je savais. La salle de bain avait une petite fenêtre et de l'eau.
J'ai atteint la porte, mes mains brûlées au contact de la poignée en métal. J'ai crié de douleur mais j'ai poussé. À l'intérieur, j'ai tourné le robinet de la douche à fond. L'eau froide qui a jailli sur moi a été à la fois un choc et un soulagement. J'ai arraché des serviettes, les ai trempées et les ai plaquées sur mon visage, respirant à travers le tissu humide.
La fumée s'infiltrait sous la porte. Je sentais mes forces m'abandonner. Juste avant de perdre connaissance, j'ai entendu le bruit de la porte d'entrée qui volait en éclats et des voix de pompiers qui criaient mon nom.
« On l'a trouvée ! Dans la salle de bain ! Elle est inconsciente ! »
Le contact de l'air frais sur mon visage a été la première sensation quand ils m'ont sortie. J'ai repris conscience par bribes, voyant des visages penchés sur moi, entendant des ordres criés. On m'a mise sur un brancard.
Mes yeux cherchaient désespérément une seule personne.
Je l'ai vu. Marc. Il était près d'une ambulance, tenant la main de Sophie, qui était assise, une couverture de survie sur les épaules. Elle n'avait pas une égratignure.
« Capitaine Bernard ! » a crié un ambulancier qui me poussait. « Votre femme est gravement blessée, inhalation sévère et brûlures. On l'emmène en priorité ! »
Marc a tourné la tête vers nous. Son regard était glacial. Il a lâché la main de Sophie et s'est approché, non pas de moi, mais de l'ambulancier.
« Non, » a-t-il ordonné d'une voix sèche. « Emmenez Sophie d'abord. Elle est en état de choc. C'est elle ma priorité. »
L'ambulancier, un jeune homme, a paru choqué.
« Mais, Capitaine... votre femme... elle est enceinte... ses blessures sont... »
Marc l'a coupé net, son ton ne laissant aucune place à la discussion.
« J'ai dit d'emmener Sophie. C'est un ordre. Vous croyez qu'une petite brûlure est plus grave qu'un traumatisme psychologique ? Vous remettez en question mon jugement ? »
Sa voix était pleine de mépris. Il a jeté un regard dédaigneux vers moi, comme si j'étais une nuisance.
« Elle fait du cinéma. Elle est plus solide qu'elle en a l'air. »
Ces mots, prononcés devant tout le monde, m'ont humiliée plus profondément que les flammes ne m'avaient brûlée. Les pompiers, les voisins, tous ont entendu. J'ai vu la pitié et l'incompréhension dans leurs yeux. Ils me regardaient, puis regardaient Marc, puis Sophie, qui affichait une mine faussement fragile.
Marc a personnellement aidé Sophie à monter dans la première ambulance. Il lui a murmuré des mots rassurants avant de fermer les portes. Puis, il est monté à l'avant, à côté du chauffeur, et le véhicule est parti en trombe.
Il m'a laissée là, sur mon brancard, au milieu du chaos. Abandonnée. Humiliée.
Un pompier plus âgé s'est approché de moi, un air de compassion sur son visage.
« On s'occupe de vous, madame. Ne vous inquiétez pas. »
Je n'ai pas pu répondre. Des larmes silencieuses ont commencé à couler sur mes joues couvertes de suie, se mêlant à l'eau que les ambulanciers versaient sur mes brûlures. La douleur physique était terrible, mais elle n'était rien comparée à la douleur qui déchirait mon cœur.
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