
La promesse du désert
Chapitre 3
Au même moment, sa tante entra dans son bureau sans frapper et d'ailleurs, il pensait lui faire part de ce comportement plus tard.
- puisque tu n'es pas prêt à te trouver une épouse du haut de tes trente ans afin d'assurer la lignée royale alors nous abandonnons. Tu sauras quoi dire à ton peuple comme d'habitude alors pourquoi continuer à te forcer la main? Tu es un grand garçon et tu es le sultan. Tu sais toujours quoi faire, pas vrai ? Lui avait dit sa tante.
Il comprit que cette dernière avait écouté leur conversation, ce qu'il n'aimait pas du tout. Réfléchissant à cet abandon beaucoup trop rapide de la part de sa tante et de son conseiller, Rachid secoua frénétiquement la tête de gauche à droite sans les quitter des yeux. Une lueur pleine de malice brillait dans les yeux de sa tante et il voulait en savoir plus afin d'avoir le coeur net.
- je ne suis pas naïf. Qu'est-ce que tu comptes faire car tes yeux te trahissent.
Éclatant de rire, sa tante fit un tour sur elle-même sans laisser tomber son sourire.
- je comprends que tu sois très parano et toujours sur tes garde mais je ne suis pas un danger mon cher neveu. Je suis ta tante qui te veut du bien alors je te prie d'arrêter de chercher des situations là où elles ne sont pas là. Je ne te cache rien voyons.
- je vais faire semblant de te croire. Fini par dire Rachid.
Asma ne répliqua rien et se contenta de prendre place sur le fauteuil en face du bureau. Elle regardait les photos qu'elle lui avait proposé des jours plus tôt afin qu'il fasse un choix.
- je suis très heureuse que tu te sois un peu intéressé à ces filles.
- pardon? Hurla la voix du Sultan si durement mais sans aucun effet sur Asma qui était une femme pleine d'assurance
- je disais que je suis...
- non stop. Tu t'entends parler? Que ces filles qui punissent leurs organismes parce qu'elles veulent être mannequins puissent m'intéresser ? La blague du siècle. Je te rappelle que j'étais avec Selma tout simplement parce qu'elle forçait tout sinon elle n'était que ma maîtresse comme toute les autres.
- es-tu certain d'être en santé fils? Je ne veux pas faire allusion à ce que dit le peuple mais...
C'était la goutte de trop pour Rachid. Aller jusqu'à penser qu'il avait des problèmes de santé c'était trop. Il était bien vrai qu'il avait passé assez de temps sans toucher une femme car même malgré le fait qu'il était marié à Selma, il ne l'avait jamais touché durant leur mariage mais cela n'avait aucunement impacté sur sa virilité... Enfin... Il le pensait.
Et si sa tante avait raison, ne put-il s'empêcher de penser. Devant lui, la femme était égale à un homme, aucune d'elles ne lui faisait de l'effet et il craignait d'être malade.
- Rachid?
- ma tante tout va bien.
- oui je te crois Rachid mais cesse de faire patienter ton peuple et trouve-toi une épouse. Tu ne crois pas en l'amour Rachid mais crois-moi, l'amour nait sous les oreillers. Si cela t'intéresse bien, je pourrais organiser un casting afin de faire venir toutes belles filles du pays, tu pourras faire ton choix tu sais très bien que j'ai des connaissances.
- quelle idée absurde! Je peux tout contrôler alors je saurais me trouver une femme au moment venu. Pour le moment, seul mon devoir de Sultan compte. Le peuple est ma priorité et jamais je ne laisserai autre chose me distraire de mon devoir.
- même pas une femme ?
- même pas une femme.
C'est ce que nous verrons ne put s'empêcher de marmonner Asma tout bas.
- je vais m'en aller fils. Penses-y.
- j'y penserai mon ma tante. Je crois que tu as besoin de repos et j'imagine que tu ne vas pas rester ici.
Alors qu'il ne s'était pas encore calmé, il entendit frapper à son bureau et lorsqu'il ordonna à cette personne d'entrer, la porte s'ouvrit lentement et son air changea tout d'un coup. Il ne s'attendait pas du tout à voir cette tignasse de jeune métisse qui le mettait toujours hors de lui à chaque fois.
- mes sincères salutations votre majesté, dit Djamel en faisait une révérence qui laissait à désirer.
Exaspéré par le comportement enfantin de son cousin, Rachid serra la mâchoire et souffla bruyamment. Sa tante venait tout juste de partir et voilà que son cousin était là. Ce moment était mal choisi pour Djamel pour faire des blagues pareilles car l'heure était grave.
Constatant la mine dure et boudeuse du Sultan, l'invité laissa tomber ses membres le long de son corps et alla prendre place sur le siège.
- tu veux bien te confier à ton cousin? Dit-il dans l'espoir qu'il lui dise quelque chose.
- tu n'es pas sans ignorer la situation actuelle du pays.
- oui tu as parfaitement raison mais je ne te comprends plus mon cher cousin. Tu as toujours su quoi faire peu importait la situation, hier encore tu as lutté sur le champ de bataille pour la cause de ton pays alors qu'est-ce qui t'empêche de faire ce que demande la tradition, une épouse et un enfant c'est tout.
Oui il avait toujours une solution à tout mais là, ce n'était pas du tout facile.
- trouve-toi une femme et tout reviendra dans l'ordre, reprit Djamel
- accroire que c'est facile. Tu es sans ignorer que la dernière reine de ce palais n'a pas pu tenir et s'en est allée, même celle qui avait tout dans ce palais et qui se prennait pour ma femme n'a pas pu supporter. Aucune femme ne voudrait devenir reine à mes côtés.
- mais contacte tes anciennes maîtresses, oui c'est la solution parfaite Rachid, je sais qu'en dehors de Selma tu en avais plusieurs et l'amour n'a jamais été ton truc.
- ces femmes superficielles n'aspirent qu'au pouvoir et à de l'argent, que deviendra mon peuple si j'épouse ce genre de femme ? Certainement le déclin de ce pays.
Ne sachant plus quoi ajouter, Djamel baissa la garde et se contenta de respecter son choix. Il avait grandi avec Rachid et cet entêtement faisait bien partir de lui depuis.
Auteure : Fayole Goumgang Wamba
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