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Couverture du roman La princesse de la Mafia

La princesse de la Mafia

Maximo DiMarco, exécuteur impitoyable de la Cosa Nostra, est l'homme que cette princesse de la mafia devrait fuir. Pourtant, son protecteur et ami de la famille est le seul à percevoir sa force cachée derrière son image d'héritière insouciante. Entre loyauté et désir interdit, leur lien ébranle toutes les règles du milieu. Face aux secrets dévastateurs et à un passé sombre, leur passion menace d'éclater. Jusqu'où oseront-ils braver le danger pour s'aimer enfin ?
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Chapitre 3

- Cette maison est dingue, vraiment, souffle Monique en avançant lentement dans le couloir. Tout est tellement... harmonieux, et puis- Elle fait glisser ses doigts le long de la rambarde dorée de l'immense escalier en marbre. - ...cher. Elle parle comme si c'était la première fois qu'elle mettait les pieds ici, alors qu'elle connaît cet endroit presque aussi bien que moi. Elle est venue des dizaines, des centaines de fois. Pourtant, à chaque visite, elle regarde autour d'elle avec les mêmes yeux écarquillés. - Mouais, dis-je en haussant les épaules. Je n'y prête plus vraiment attention. Cette maison est gigantesque, impersonnelle par certains aspects, et équipée de tout ce qu'on peut imaginer : des jardins impeccablement entretenus, une piscine, une salle de sport ultramoderne avec un ring de boxe, une salle de cinéma privée, une salle de jeux, une bibliothèque immense. Tout y est. Absolument tout. Ce que Monique perçoit comme du luxe, moi je le vois surtout comme une stratégie bien rodée de mes frères pour que je n'aie aucune raison valable de mettre le nez dehors. - Ta maison est incroyable, insisté-je malgré tout. Et c'est la vérité. Mais si je devais être honnête jusqu'au bout, c'est chez elle que j'aimerais vivre. Une grande maison chaleureuse, quatre chambres, une piscine, et surtout une mère toujours absente. Elle a de l'espace, de l'air, de la liberté. Moi, je vis constamment entourée : deux frères, leurs femmes, des gardes à proximité. L'intimité est un luxe que je ne connais presque pas. Nous montons l'escalier et progressons vers ma chambre. Monique frôle les meubles, effleure les cadres et les œuvres d'art avec une fascination non dissimulée. - Celui-là est nouveau, non ? demande-t-elle en s'arrêtant devant une toile représentant une ballerine. Un Degas. Lorenzo l'a payé une somme indécente. - Oui. C'est Lorenzo qui l'a acheté pour Anya. Je ravale le nœud qui se forme dans ma gorge. - Ça a dû coûter une fortune... Elle a tellement de chance. Je me garde bien de lui répondre que ma belle-sœur, aussi lumineuse et gentille soit-elle, est tout sauf chanceuse. Qu'elle est en train de perdre son combat contre un cancer incurable. Que nous la voyons s'éteindre un peu plus chaque jour. - Vous avez tellement de chance, vous tous, soupire Monique. Être une princesse de la mafia, ça doit être incroyable. Princesse de la mafia. L'expression me fait presque lever les yeux au ciel. Je n'ai jamais su si c'était affectueux ou méprisant quand elle disait ça. Elle m'appelle ainsi depuis le lycée. On est amies depuis des années, et pourtant je ne sais toujours pas déterminer si elle est sincère ou volontairement piquante. Peut-être que c'est justement ce flou qui nous a rapprochées. À l'époque, j'étais comme elle : sûre de moi, insolente, convaincue que le monde nous appartenait. - Tu n'es pas exactement dans la misère non plus, Mo, soupiré-je. Ton père vous a laissées très à l'aise financièrement. - Ce n'est pas une réserve infinie, réplique-t-elle. Pendant un instant, une ombre traverse son regard. Quelque chose de fragile. Puis elle rejette ses longs cheveux blonds en arrière et l'instant disparaît. Sa mère passe sa vie à voyager, à enchaîner les hôtels de luxe et les plages lointaines. Forcément, ça coûte cher. Mais malgré tout, Monique ne se rend pas compte de la liberté qu'elle possède. Moi, j'échangerais volontiers cette cage dorée contre un peu plus d'indépendance. Elle s'affale sur mon lit, les jambes contre le mur, faisant tourner un tube de gloss entre ses doigts. - Lex nous rejoint à dix heures. Elle vient avec ce connard de Nyx. Je roule des yeux en continuant de me maquiller. Pour Monique, tout homme qui ne lui tourne pas autour est forcément un abruti. - Il a l'air sympa pourtant. - Beurk. Il a une queue de cheval. - Lex aime les mecs aux cheveux longs. Et puis je doute qu'elle s'intéresse à lui pour sa coiffure. Je souris en repensant à ce que Lex m'a confié récemment. - Tu crois qu'il est bien monté ? demande Monique avec sérieux. - Peut-être. - Non. Certainement pas. Je lève un sourcil, amusée. - Comment tu peux le savoir ? Tu l'as vu ? - Pas besoin. Je connais son genre. - Et ce serait ? - Les gentils mecs. Ils sont gentils parce qu'ils ont des petites bites. Je la fixe dans le miroir, sidérée. - Donc selon toi, un mec est gentil uniquement s'il est mal équipé ? Elle hausse les épaules. - Ou alors il ne sait pas s'en servir. - Ton raisonnement est complètement tordu, lâché-je sèchement. Je me sens étrangement sur la défensive pour Lex. Elle n'a jamais été aussi heureuse, et c'est sans doute pour ça que Monique est aussi venimeuse. - Détends-toi, Jo. Depuis quand tu es devenue aussi chiante ? Je ferme les yeux un instant pour me calmer. Peut-être qu'elle n'a pas tort. Ce genre de discussions faisait partie de notre quotidien avant. Mais on a grandi, non ? - Lex est heureuse, c'est tout. Et si elle l'aime bien, la taille n'a aucune importance. - Pas que tu t'y connaisses vraiment, ricane-t-elle. Je regrette aussitôt de lui avoir confié que j'étais encore vierge. Depuis, elle s'est donné pour mission de me « sauver ». Je lui lance mon éponge à maquillage. - Juste parce que toi, tu as enchaîné plus de mecs que tu ne peux en compter... Elle se redresse avec un sourire carnassier. - Jalouse ? - Pas du tout. - T'inquiète, ce soir on va te trouver un bon coup. - Ce n'est pas mon objectif principal, soupiré-je en reprenant mon mascara. - Mais si une belle occasion se présente ? - Selon la personne à qui elle est attachée... peut-être. Elle éclate de rire. - Imagine la tête de tes frères si tu ramenais un type rencontré en boîte. - Plutôt mourir. - Tu peux toujours venir chez moi. Et rester dormir. - Pas ce soir. Je garde Gabriella demain matin. Elle grogne. - Ce n'est pas ton enfant. J'adore m'occuper de ma nièce. Elle a cinq mois et je fonds complètement. Et puis ça permet à Dante et Kat de souffler un peu, ce qui rend mon frère beaucoup plus agréable. - Ça m'évite des sermons, dis-je. Et si on va dans cette nouvelle boîte demain, j'ai intérêt à le garder de bonne humeur. - D'accord. Alors ce sera pour demain. - Tu es obsédée par le sexe. - Non. Je m'inquiète pour toi. Vingt-deux ans et toujours vierge, ce n'est pas normal. Je regarde mon reflet. Suis-je bizarre ? Elle a peut-être raison sur un point : il faudrait que ça change. Avant que je ne ruine l'économie mondiale en piles. - Qui sera avec nous ce soir ? Max sera là ? demande-t-elle avec un sourire aguicheur. - Henry et Ash. Pas Max. Je ne peux pas sortir sans protection. C'est la règle. - Ash est canon pourtant. - Il a l'âge de mon père. - Justement. Je fronce le nez. Elle lève les yeux au ciel. - Évidemment, il n'est pas Maximo. Elle prononce son prénom comme une incantation. - Arrête. Je lisse ma robe. - Ça va comme ça ? Elle m'observe attentivement. - Max approuverait. Je la pousse en riant. - Arrête de parler de lui. - Tu baves littéralement quand tu le vois. - N'importe quoi. Il est comme un frère. - Si tu le dis. Son sourire me met mal à l'aise. Max serait exactement son genre. Grand, sombre, dangereux. Le fantasme absolu. Et même si ce n'était pas le cas, elle coucherait avec lui juste pour me provoquer. Note mentale : rappeler à Max que mes amies sont strictement interdites.

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