
La possession de l'Alpha
Chapitre 2
Chapitre 2
Mireille s'étira dans son lit, profitant de la douceur des draps et du silence profond de la maison. La veille avait été intense, et l'atmosphère rigide qu'imposait Dante pesait sur elle. Elle soupira, décidée à ne pas laisser son séjour se transformer en une cage dorée. Elle avait trois mois devant elle, trois mois où elle pourrait faire ce qu'elle souhaitait, du moins dans les limites raisonnables. Dante ne pouvait pas tout contrôler, n'est-ce pas ?
Après une douche rapide, elle se prépara et descendit dans le grand salon. Le silence régnait, et elle eut l'impression d'être la seule âme vivante dans cette immense maison. Elle posa la main sur un meuble, laissant ses doigts caresser le bois poli. Tout ici respirait l'élégance et la richesse, un univers très éloigné du sien. Elle se sentait étrangement curieuse de découvrir cet endroit et de mieux comprendre Dante. L'idée lui semblait absurde, mais elle ne pouvait pas ignorer cette envie de savoir qui il était réellement. Après tout, elle n'avait connu que l'ami de son frère, toujours un peu distant, réservé.
Elle s'aventura d'abord dans le salon, examinant les étagères et les tableaux qui ornaient les murs. Un cadre attira son attention : une photo de famille. Dante, plus jeune, avec ses parents. Ils étaient tous souriants, l'air heureux. Elle observa le visage du Dante adolescent, une expression de douceur qu'elle n'avait jamais vue chez l'homme autoritaire qu'il était devenu. Il semblait insouciant, les yeux brillants de curiosité. Elle se surprit à sourire en imaginant ce garçon-là, si différent de l'homme strict qui l'avait accueillie avec des règles et un regard perçant.
Puis, presque sans s'en rendre compte, elle se retrouva devant une porte entrouverte, donnant sur un bureau. La pièce dégageait un parfum de cuir et de bois, un espace masculin, ordonné, avec des étagères remplies de livres, des classeurs bien alignés, et un bureau imposant couvert de papiers et d'un ordinateur portable. C'était sans doute là que Dante passait ses journées, travaillant sur ses projets, organisant ses affaires. Elle sentit une étrange fascination pour cet espace, comme si, en explorant ce bureau, elle pouvait découvrir des bribes de l'homme derrière la façade.
Elle entra prudemment, ses pas étouffés par le tapis moelleux. Elle passa les doigts sur les reliures des livres, des ouvrages qui semblaient vieux et précieux. Puis son regard tomba sur une autre photo, posée discrètement dans un coin du bureau. Elle montrait une petite fille, sans doute la sœur de Dante, une jeune fille rieuse avec des boucles brunes. Mireille sentit une vague de tendresse en voyant ce cliché, imaginant le lien fort que Dante devait entretenir avec sa sœur. Elle se demanda soudain pourquoi il n'avait jamais mentionné cette part de sa vie à son frère, pourquoi il s'était toujours contenté de jouer les amis distants.
- Que fais-tu ici ?
La voix froide de Dante résonna derrière elle, la faisant sursauter. Elle se retourna brusquement, prise en flagrant délit, son cœur battant à tout rompre. Dante se tenait dans l'encadrement de la porte, les bras croisés, le visage fermé.
- Je... je voulais juste... explorer un peu, balbutia-t-elle, se sentant soudain idiote.
Il s'avança lentement vers elle, son regard dur comme la pierre. Elle recula instinctivement, réalisant qu'elle avait peut-être dépassé une limite.
- Ce bureau est un espace privé, Mireille, dit-il d'une voix basse mais tranchante. Je t'interdis d'y entrer sans mon autorisation.
Elle sentit une vague de colère monter en elle. Pourquoi fallait-il toujours qu'il soit si autoritaire, si... tyrannique ?
- Excuse-moi, Dante, mais je ne savais pas que certaines pièces étaient interdites. C'est ridicule, je ne suis pas une enfant, lança-t-elle, croisant les bras pour affronter son regard.
Il la fixa, son expression s'assombrissant davantage.
- Que tu sois une enfant ou non, ici, tu respectes mes règles. Et ma première règle, c'est que tu ne mets pas les pieds dans mon bureau sans ma permission. Est-ce que c'est clair ?
Elle déglutit, ses mains tremblantes de colère. Pour qui se prenait-il ? Elle n'était pas une de ses employées ou une invitée gênante. Elle avait accepté de rester ici parce que son frère lui avait demandé, mais elle n'était pas prête à obéir à chaque caprice de Dante.
- Non, Dante, ce n'est pas clair, répondit-elle en défiant son regard. Je suis là pour trois mois, et si tu penses que je vais passer tout ce temps à marcher sur des œufs pour ne pas te froisser, tu te trompes.
Il haussa un sourcil, visiblement surpris par sa réplique.
- Tu crois que tu peux me défier, Mireille ?
Elle se redressa, le menton levé, cherchant à ne pas se laisser impressionner par sa stature imposante.
- Je ne te défie pas, Dante. Je te rappelle juste que je suis une adulte. Tu n'as pas besoin de me dicter chaque pas. Ce bureau, c'est quoi ? Ta cachette secrète ? Ton sanctuaire ? C'est ridicule, vraiment.
Il s'approcha encore plus près, son visage maintenant à quelques centimètres du sien. Elle pouvait sentir son souffle chaud contre sa peau, et malgré elle, une vague de frisson la parcourut. Il la fixait intensément, ses yeux noirs rivés dans les siens, et elle comprit qu'il ne laisserait pas passer cette affront sans réagir.
- Fais attention, murmura-t-il, sa voix étrangement douce et menaçante à la fois. Je te conseille de ne pas jouer avec moi, Mireille.
- Et moi, je te conseille d'arrêter de jouer au tyran, répliqua-t-elle, défiant toujours son regard. Parce que je ne vais pas rester docilement dans mon coin à obéir à tes caprices.
Il esquissa un sourire en coin, un sourire qui ne dégageait aucune chaleur, mais plutôt une sorte d'amusement froid.
- Très bien, princesse. Si tu veux jouer, on va jouer. Mais souviens-toi que tu es sur mon terrain, ici. Et que chaque décision a des conséquences.
Elle sentit ses joues rougir malgré elle, emportée par la fierté et la frustration. Elle savait qu'elle prenait un risque en lui tenant tête ainsi, mais elle refusait de se soumettre aveuglément. Il pouvait bien tenter de l'intimider, mais elle n'allait pas lui donner la satisfaction de baisser les yeux.
- Fais comme tu veux, Dante, lâcha-t-elle en se détournant, bien décidée à ne pas lui montrer à quel point il l'avait troublée.
Elle quitta la pièce sans un regard en arrière, le cœur battant encore à tout rompre. Dans le couloir, elle inspira profondément, cherchant à calmer la tempête d'émotions qui l'agitait. Elle se sentait piégée entre l'agacement et une étrange attirance qu'elle n'arrivait pas à s'expliquer. Dante exerçait sur elle une sorte de magnétisme, un mélange de fascination et de peur qui la troublait au plus haut point.
Une fois dans sa chambre, elle s'effondra sur son lit, repassant leur échange dans son esprit. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle lui avait tenu tête ainsi. Mais elle ne regrettait rien. Elle n'avait pas à se plier à ses règles, et elle tenait à lui montrer qu'elle était capable de résister à son autorité.
Pourtant, malgré ses résolutions, elle ne pouvait pas nier l'effet qu'il avait sur elle. Son regard intense, sa voix grave... Tout chez lui la déstabilisait. Elle sentait son cœur battre plus fort rien qu'en repensant à sa proximité, au parfum boisé qu'il dégageait.
Elle se redressa et se força à penser à autre chose. Elle n'allait pas se laisser troubler par lui. Dante était un homme autoritaire, exigeant, peut-être même »yrannique, mais elle »ouvait supporter ça pendant trois mois. Après tout, elle n'avait qu'à éviter de s'attirer ses foudres et tout irait bien.
Mais au fond d'elle, elle savait que cela n'allait pas être aussi simple. Dante exerçait une emprise sur elle, une emprise invisible mais bien réelle. Et elle craignait, malgré elle, de ne pas pouvoir y résister.
Vous aimerez aussi





