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Couverture du roman La malédiction de Pygmalion

La malédiction de Pygmalion

Face à lui, Ellie rayonne de vie. Ses yeux gris pétillent tandis que son rire mélodieux résonne, sa silhouette se devinant sous sa robe trempée par l'effort. Subjugué par cette vision sublime, il ne peut s'empêcher de lui avouer son admiration pour sa beauté. Pourtant, ce compliment provoque une réaction brutale : l'expression d'Ellie s'assombrit, mêlant colère et déception. Menaçant de le mutiler s'il ose réitérer ses propos, elle s'enfuit brusquement, le laissant seul.
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Chapitre 1

Dans mon rêve, il faisait nuit et je me trouvais dans le hall de ce qui ressemblait visiblement à un musée. Les murs s'agitaient et j'avais froid. Les tableaux accrochés murmuraient et les mots qui revinrent plusieurs fois étaient "tu vas mourir".

Je n'avais pas peur et repris ma composure malgré la température ambiante. J'avançais à pas lents, de la buée blanche se formant à chaque expiration. Je frottais mes mains pour me réchauffer. Les murmures se transformèrent en cris étouffés qui me lancèrent des insultes et sorts divers. Je les ignorais, les écouter me conduirait à ma perte, même dans le monde réel.

Ma marche me mena enfin devant une peinture, peinture qui ne m'était pas totalement étrangère. Il y était représenté une femme, très belle femme, debout sur un coquillage au bord d'une plage, nue, sa peau satinée n'avait aucun défaut, ses longs cheveux roux virevoltant. Il y avait d'autres personnes sur le tableau mais la jeune femme attirait particulièrement mon attention.

"La naissance de Vénus" est le titre inscrit sur l'illustration. Un frisson d'horreur m'envahit et je recula de quelques pas. Les murs hurlaient maintenant et me sommaient de partir d'ici. Le tableau semblait prendre vie car la femme sur le coquillage me regardait et souriait. Son sourire n'était pas bienveillant, il était moqueur, hautain et dédaigneux.

— Je vais te tuer, usurpatrice !

J'ouvris mes yeux et regarda autour de moi. La pièce dans laquelle je suis maintenant est plongée dans la pénombre et cela me rassura. Je me redresse de mon lit. Le cri de la femme rousse résonne encore dans ma tête. Je me lève et ouvre les rideaux pour laisser passer les lueurs matinales dans ma chambre.

Les rues sont encore calmes et personne n'est dehors. Je me pince la joue pour vérifier si je ne suis pas encore dans un autre rêve, la douleur en dit le contraire.

Je respire un coup et attache mes cheveux bruns en une queue de cheval et descend au rez-de-chaussée. Ma grande sœur est déjà éveillée, prête à aller au travail et ayant fini de faire le petit-déjeuner pour nous deux dans la cuisine. Son téléphone joue une musique classique.

— Bonjour ! Dit-elle d'un ton allègre.

Je ne réponds pas et m'assoie à table. Je mange et elle me regarde, les yeux rieurs.

— Tu as reçu un message ? Demande t-elle entre deux bouchées.

— Non.

Elle finit de manger, se leva et prit son sac pour sortir.

— N'oublie pas de verrouiller la porte avant d'aller en cours aujourd'hui. Laisse les clés sous le pot de fleur, je vais rentrer plus tôt que toi aujourd'hui.

— D'accord. À ce soir.

Elle me sourit et s'en alla. Je termine mon repas à mon tour et débarrasse pour aller m'apprêter.

Mon arrivée au campus ne passe jamais inaperçue. D'autres me saluent, certains se contentent de chuchoter à mon passage. Avec le temps, j'ai pris l'habitude et ma composure reste de marbre face à tout ça. Je ne me dirige pas directement en classe, je vais m'assoir sur les bancs publics dans la grande cour en attendant le début des cours. Ma tête tourne toujours à cause de mon cauchemar et les hurlements bourdonnent encore à mes oreilles.

Je reste tranquille et observe les alentours, les allers et venus des élèves. Ils discutent, rient à gorges déployées et jouent. D'autres groupes d'élèves me regardent et ricanent quand ils passent près de moi. Je soupire et tire sur ma jupe.

Je continue ma ronde lorsque je le vois arriver de loin. Je me lève précipitamment et rentre dans le bâtiment à toute allure. Je devais me cacher, fuir. Au fond de moi je savais que c'est impossible.

Il a été plus rapide que moi et m'attrape par le bras. Il me plaque violemment contre un mur pour relever ma tête.

Ses mains s'agrippent fermement à mes avant-bras et je ne peux pas me débattre.

— Tu es très jolie ce matin, roucoule t-il. Comme chaque jour d'ailleurs. Tu voulais me fuir ?

Je regarde autour de nous et personne ne bouge. Le temps s'est arrêté et il n y a que nous deux qui sommes encore en capacité de mouvoir.

— Pourquoi tu as arrêté le temps ? Tu ne voulais pas qu'ils te voient me harceler ? Dis-je provocatrice.

Il rit jaune et appuie sur mes bras ce qui m'arrache un geignement de douleur.

— Tu partais pour aller où ?

Je ne dis rien et le regarde avec mépris. Le garçon brun au teint morbide ne souriait pas. Il me regarde, agacé et énervé.

— Jude, lâche moi !

Il me relâcha et croisa les bras. Son accoutrement tout de noir lui donnait des airs lugubres. Il me jaugea des pieds à la tête et secoua la tête.

— Éliane, c'est par respect que je n'ai pas encore pris ton âme. Même les jolies filles comme toi n'échappent pas à la mort.

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