
La lune rousse
Chapitre 2
Une fois dans la cour, j'ai baissé la tête et j'ai commencé à me diriger vers l'entrée du bâtiment. Les membres de ma famille n'étaient pas au courant de ce qui s'est passé quand ils m'ont déposée là-bas. Cependant, je ne pouvais pas leur raconter quoi que ce soit. Je devrais moi-même y faire face. Eh bien, ce n'était pas comme si j'étais seule à cet endroit.
Alors que j'étais sur le point de monter les marches de l'entrée, j'ai entendu quelqu'un appeler mon nom. Je me suis arrêtée et j'ai regardé autour de moi, à la recherche de la personne. Je savais de qui il s'agissait, étant donné que seules deux personnes dans cette école m'appelaient par mon vrai nom.
Dominique.
Nous étions amis depuis que nous avions commencé le lycée. Je me suis toujours souvenue de notre première rencontre. Ce jour-là, je prenais calmement mon déjeuner, et lui, cinglé qu'il était, avait décidé d'essayer de me voler mon déjeuner. Je lui avais donné un coup de poing au visage et il m'avait plaquée au sol, ce qui nous avait coûté d'être collés tous les deux. C'était intéressant d'être collé avec lui. Je ne savais pas qu'une personne pouvait lancer une balle de crachat si loin qu'elle atteignait l'intérieur du nez d'un professeur endormi. Je ne savais pas ce que je ferais si je le perdais comme meilleur ami.
« Joyeux anniversaire, Jeanne! », a-t-il crié en me tirant dans son étreinte, me serrant étroitement dans ses bras. A mon tour, j'ai enroulé mes bras autour de son cou, en souriant. Il s'est retiré avant de s'incliner de façon spectaculaire et m'a tendu un cupcake rouge velours avec un glaçage à l'Oreo. Miam!
« Merci, Domi », ai-je dit en lui donnant un autre câlin avant de prendre une petite bouchée du délicieux petit gâteau.
« Et voici ton cadeau... »
« Domi, je t'ai dit que je ne voulais pas de cadeau. » J'ai pleurniché en faisant la moue devant lui tout en croisant mes bras sur ma poitrine, tenant toujours le cupcake.
« Oui tu l'as toujours dit, mais quand est-ce que j'ai commencé à t'écouter? » Il a marqué un point. Peu importe combien de fois je lui avais dit de ne pas m'acheter de cadeaux, il le faisait toujours. J'ai levé les mains en signe de capitulation, en lui lançant un regard espiègle. Il a souri avant de fouiller dans son sac et d'en sortir une petite boîte noire. Il a ouvert la boîte, ce qui m'a fait sursauter. A l'intérieur se trouvait un petit bracelet avec un demi-cœur sur lequel on pouvait lire « Meilleurs... »
« Domi, c'est tellement magnifique. Merci! », ai-je dit en mettant le bracelet sur mon poignet avant de le serrer à nouveau dans mes bras. J'ai reculé, puis j'ai demandé l'autre moitié. Il m'a fait un clin d'œil avant de sortir ses clés de voiture et de me les montrer. J'ai souri en voyant que l'autre moitié était sous forme de porte-clés, sur lequel on pouvait lire le mot « Amis ».
Il a ensuite commencé à mettre les deux moitiés ensemble, montrant l'ensemble : « Meilleurs amis ».
« Je l'adore! Merci beaucoup Domi. »
C'était honnêtement l'un des meilleurs cadeaux que j'avais jamais reçus. Dominique et moi avons toujours eu ce truc de se surpasser pour offrir des cadeaux. A vrai dire, par ce dernier, il m'avait battue à plate couture. J'avais besoin d'améliorer mon jeu.
« Si jamais tu me manques, tu peux juste regarder ça, et te rappeler que je serai là à t'attendre, quand tu reviendras », a-t-il dit sincèrement en rangeant ses clés.
« Je ne pourrais jamais t'oublier, Domi. Tu ferais malheureusement en sorte que je ne t'oublie jamais », ai-je dit d'un ton taquin quand nous avons entendu la cloche sonner. Nous nous sommes regardés avant de monter les escaliers et d'entrer dans l'école. Nous nous sommes dirigés vers nos casiers, avons pris nos livres avant de nous rendre dans nos classes respectives. Marcher toute seule était un peu difficile pour moi. Cependant, je n'étais pas une « mauviette », mais j'avais choisi de ne pas me battre contre les gens, ou me plaindre en disant que les gens me harcelaient tout le temps. Mais cela arrivait seulement quand Dominique n'étais pas là.
J'ai finalement atteint la salle de classe et j'ai remarqué que j'étais la première personne à arriver. J'ai roulé les yeux, sachant que ce n'est pas surprenant. J'ai pris mon siège à l'avant et j'ai attendu que la cloche sonne. J'ai jeté un œil à ma gauche, à travers la fenêtre, pour remarquer une voiture de luxe se garer dans la cour de l'école. Un homme en est sorti et j'ai immédiatement reconnu qui c'était. C'était bel et bien l'Alpha Georges de la Combe. Même moi, je ne pouvais pas nier qu'il était beau gosse, mais malheureusement, il le savait aussi. Il couchait avec tout ce qui bougeait et qui avait des seins. Et c'était un fait, pas une simple opinion personnelle. Je me suis détournée de lui en entendant la cloche sonner.
Les gens ont commencé à entrer dans la classe, suivis par l'enseignant. Je me suis grattée la nuque en sentant ma louve commencer à sauter d'excitation. C'était étrange. Je pouvais la sentir en moi mais elle n'avait pas encore dit un mot ; je ne connaissait même pas son nom. J'ai juste haussé les épaules, ne voulant pas m'occuper de cette folle louve pour le moment. Le professeur a fait l'appel avant que la cloche de la première heure ne sonne. J'ai récupéré mes affaires avant de sortir de la salle et de me diriger vers mon premier cours. Cela a pris un peu plus de temps car j'ai été bousculée deux fois par un groupe de sportifs. J'ai juste ignoré ces abrutis avant d'entrer dans la salle de classe.
J'ai pris mon siège, qui était étonnamment au fond, et j'ai attendu que le professeur commence la leçon. Alors que tout le monde remplissait la salle, j'ai simplement ignoré les commentaires grossiers qu'ils me lançaient, étant habitué à tout cela maintenant.
Quand est-ce que ces gens grandiront-ils? Est-ce trop demander?
Le professeur est finalement entré dans la salle de classe et a commencé la leçon, discutant de quelque chose que nous avions déjà appris. Je ne comprenait toujours rien. On passe toujours à une nouvelle classe, mais on nous apprend toujours les mêmes choses. Bien sûr, toutes les classes ne sont pas comme ça, mais la plupart le sont. Cela devenait extrêmement ennuyeux. Ne pourraient-ils pas nous apprendre quelque chose de différent pour une fois?
J'ai immédiatement arrêté de fulminer dans ma tête quand j'ai senti le parfum le plus délectable qui soit. C'était une combinaison de menthe et de chocolat. Mes deux odeurs préférées combinées. Puis, ma louve a annoncé le seul mot que je redoutais depuis le moment où je me suis réveillée ce matin.
« Compagnon. »
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