
La Femme qu’il n’a pas reconnue
Chapitre 2
À part Isabelle, qui d'autre pourrait lui arracher ce sourire ?
J'ai tourné les yeux vers le rapport de grossesse posé sur la table. La date indiquait cinq semaines.
Ce soir-là, Didier avait disparu toute la nuit. Il m'avait parlé d'un problème sur les lignes de contrebande du port nord. Mais à présent, je comprenais : il l'avait accompagnée toute la nuit.
J'avais été exclue de leurs plans depuis le début. Ils n'attendaient pas mon consentement, seulement que je sois au courant.
J'avais tant rêvé de ce jour, celui où je passerais l'allée main dans la main avec Didier.
Maintenant, tous ces rêves s'étaient envolés comme des bulles, sans laisser de trace.
Une vibration de téléphone a interrompu mes pensées.
La voix cristalline de Violette, mon ancienne collègue de labo, a résonné : « Nina, je sais que tu vas te marier, mais je dois te demander : es-tu sûre de refuser notre offre ? »
« Tu étais l'élève la plus douée de M. Blanchon. Il espère toujours te voir dans notre équipe. »
« Compte tenu de ton mariage, il propose un arrangement : deux mois de travail pour quinze jours de congé. Tu pourrais ainsi passer du temps avec ton mari. »
Mon professeur, Pascal Blanchon, avait lancé un nouveau programme de recherche chirurgicale à un hôpital de Milan. Il m'avait contactée six mois plus tôt pour me proposer de rejoindre son équipe de recherche médicale.
Mais intégrer cet hôpital signifiait renoncer à toute vie privée, coupée du monde extérieur pendant des périodes allant d'un mois à un an, voire plus.
À l'époque, je n'avais pas supporté l'idée d'être séparée de Didier si longtemps et j'avais décliné l'offre. Mais aujourd'hui, Didier était devenu le père de l'enfant d'une autre femme. Puisqu'il n'avait jamais pris en compte nos sentiments ni notre mariage à venir, notre relation n'avait plus aucune raison d'être.
« Violette, j'ai pris ma décision. Je veux bien rejoindre l'hôpital. Et je n'ai pas besoin de congés spéciaux - suivons simplement le planning normal du projet. »
La voix de Violette débordait d'enthousiasme : « Formidable ! M. Blanchon sera ravi. Quand comptes-tu venir ? Une semaine après ton mariage, peut-être ? Comme ça, tu pourras profiter de ta lune de miel. »
« Non », ai-je répondu doucement, « Le jour même du mariage. »
Mon regard s'est posé sur le calendrier posé sur le bureau : le 10 du mois prochain, entouré d'un épais trait rouge au marqueur.
À l'origine, cette marque me rappelait simplement le décompte des jours restants avant la cérémonie. Mais désormais, cette date était devenue le compte à rebours de ma rupture avec Didier.
Oui. Dans quinze jours exactement, tous les liens entre Didier et moi seraient rompus. Pour toujours !
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