Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman La chaleur de glace

La chaleur de glace

Élevée avec un soin infini par Clément Jégou, Odile Ramus a grandi telle une rose protégée du monde. Pourtant, sous cette apparente harmonie se cache un tourment inavouable. L'affection qu'elle éprouve pour cet homme qui a veillé sur elle dépasse de loin la simple gratitude familiale. Clément est son oncle, érigeant une barrière infranchissable entre eux. Condamnée à dissimuler ses sentiments profonds, Odile doit affronter le supplice d'aimer en secret celui qu'elle n'aura jamais le droit d'étreindre.
Chapitres
Partager

Chapitre 1

Pour Odile Ramus, l’affection qu’elle portait à Clément Jégou était un secret qu’elle ne pouvait dévoiler, car Clément était son oncle... Elle était comme une rose qu’il avait nourrie avec soin, mais il était celui qu’elle ne pouvait aimer comme elle en rêvait...

« Professeur, je suis d’accord pour participer à l’expérience de cryogénisation du corps, inscrivez-moi. » La voix d’Odile était calme, presque détachée.

La voix de Gaël s’est fait entendre, inquiète, au bout du fil : « Odile, as-tu bien réfléchi ? Je sais que ton cancer t’a bouleversée, mais il existe encore un espoir. La recherche en est à un stade préliminaire, et peut-être que… »

« Mais j’ai un lymphome, un stade avancé. Il n’y a pas de guérison possible, professeur... »

Gaël a soupiré : « La technologie de cryogénisation de l’équipe de recherche n’est pas encore au point. Ils ne l’ont jamais testée sur un être vivant. Il y a de grandes chances que tu perdes la vie dans le processus même. Réfléchis encore… »

Odile a souri légèrement, un sourire teinté de tristesse : « Non, ma décision est prise. »

Et sans un mot de plus, elle a raccroché.

Quelques minutes plus tôt, un message s’était affiché sur l’écran de son téléphone. La photo montrait Karine et Clément, leurs doigts entrelacés, et à l’annulaire de Karine, un diamant bleu éclatant.

Le joyau scintillait à travers l’écran, sa lumière semblait l’aveugler, la blessant sans retour. Elle a mordillé sa lèvre, mais n’a pas pu retenir les larmes qui montaient. Aujourd’hui, c’était l’anniversaire de Clément, et cet homme qu’elle aimait le plus au monde venait de donner à une autre femme l’anneau qu’elle avait conçu....

« Clément… Est-il vraiment nécessaire que cela se passe ainsi ? Me détestes-tu à ce point ? », s’est-elle dit.

La chaleur du repas sur la table s’était dissipée, comme la chaleur de son cœur, en se refroidissant chaque seconde passée dans le silence.

À deux heures et demie du matin, la porte de la chambre s’est ouverte enfin, et Clément est entré, l’air glacial comme l’hiver extérieur.

« Pourquoi es-tu encore éveillée ? » En la voyant, son regard s’est durci : « Ne t’ai-je pas dit que je devais sortir avec Karine ce soir ? Je ne serai pas là avant longtemps. »

Odile a baissé la tête, ses mains serrées contre ses genoux. Elle est restée silencieuse un instant, le cœur lourd, puis a murmuré d’une voix morne : « … Joyeux anniversaire. »

Il était déjà bien tard. L’heure de son anniversaire était passée.

Clément, visiblement agacé, a fait une grimace : « Tu crois vraiment que je m’intéresse à ça ? Karine est ma petite amie. Elle ne fête mon anniversaire que pour la forme. Et toi, qu’es-tu donc pour moi ? »

Il s’est avancé, d’un ton plus sec : « Odile, je suis ton oncle, tu devrais vraiment comprendre ta place. Il n’y a rien entre nous. Ces pensées… ces désirs insensés dans ton esprit, ils me révulsent. »

Il a claqué la porte derrière lui, son départ aussi froid et brutal que la tempête qui soufflait dehors.

Où allait-il ? Odile l’ignorait, mais elle pensait qu’il devait probablement aller retrouver Karine, sa petite amie.

Elle est restée là, la tête baissée, regardant ses pieds. Dans un souffle à peine audible, elle a murmuré : « Clément… Je suis désolée. Ça ne se reproduira plus. C’est le dernier anniversaire que je passe avec toi. »

La pièce semblait plus froide encore que le congélateur de l’expérience à venir. Odile, depuis toujours, avait craint le froid. Quand elle était enfant, l’hiver, elle courait dans la chambre de Clément, pieds nus, et se blottissait contre lui, son lapin en peluche serré contre son cœur. À l’époque, Clément l’aimait encore, et il ne la laissait jamais dans le froid. Il souriait, la portait dans son lit et lui racontait des histoires jusqu’à ce qu’elle s’endorme…

Sur Twitter, Karine avait partagé une photo d’elle et de Clément, leurs doigts entrelacés. Elle portait la bague « Le Cœur de Sirène » qu’elle avait conçue. Elle annonçait, dans un message au ton presque impérieux : « Nous sommes fiancés ! »

À ce moment précis, Odile a reçu un e-mail : un formulaire électronique de consentement pour l’expérience du groupe de cryogénie humaine. Elle n’avait pas la force de le signer immédiatement. Elle a appelé Clément, mais son appel était renvoyé après quelques secondes. Elle a rappelé. Encore et encore. Cinq appels rejetés avant qu’il daigne enfin répondre.

« Odile, qu’est-ce que tu veux encore ? » La voix de Clément était impatiente, presque exaspérée.

Odile s’est mordu les lèvres, un moment d’hésitation avant de parler, sa voix douce mais pleine de douleur : « Je voulais juste te féliciter. »

Un ricanement s’est fait entendre de l’autre côté du fil : « Ah, vraiment ? J’espère que tu parles du fond du cœur. Que tu me félicites réellement. »

Odile a baissé les yeux et, après un silence lourd, a posé la question qui la brûlait depuis le début : « Quand aura lieu le mariage ? »

« Le 12 décembre. » La voix de Clément était plus froide que jamais, aussi glacée que la nuit d’hiver.

Ces quelques mots ont suffi à transpercer le cœur d’Odile comme une lame, car le 12 décembre… c’était son anniversaire.

Vous aimerez aussi

Couverture du roman Amoureuse de Boss
8.5
Kamal Jason, milliardaire de 35 ans aussi puissant qu'impitoyable, ne voit les femmes que comme des plaisirs éphémères. Exigeant et colérique, il ordonne le recrutement d'une assistante polyglotte sous deux jours. C'est alors qu'Elsa Paredes, une jeune diplômée de 22 ans issue d'une famille aisée, décide de s'émanciper de la protection paternelle. En quête d'indépendance, elle postule à cet entretien crucial. Entre le patron tyrannique et la jeune femme pieuse, le choc des mondes semble inévitable.
Couverture du roman Épouser mon patron
9.7
Secrétaire dévouée, Mia fait face à une crise : sa sœur est menacée de mort suite à un coup d'État. Pour la sauver, elle doit solliciter l'aide financière de son patron arrogant, Oliver. Ce dernier, pressé par son père de prouver sa maturité pour hériter, exige un mariage en échange des fonds. Ce qui débute comme un arrangement froid devient complexe quand de réels sentiments s'immiscent dans leur simulacre. Entre secrets et sacrifices, leur union forcée se transforme peu à peu.
Couverture du roman La nounou de l'ours
7.9
Engagée comme nounou pour deux fillettes, je crains d'être la pire recrue de l'histoire. Mon patron, un homme aux allures de grand ours, m'attire irrésistiblement. Sa voix grave m'envoûte et son odeur de forêt m'évoque un foyer chaleureux que je n'ai jamais connu. Malgré le danger, je brûle d'envie de franchir la limite professionnelle. Entre mon devoir et ce désir brut qui me consume, cette mission s'annonce périlleuse. Mon attirance pour lui finira-t-elle par me perdre ?
Couverture du roman La traque finale
9.4
Dans une France d'après-guerre meurtrie, une mère bascule dans la noirceur pour retrouver sa fille enlevée. Sa quête vengeresse sème la mort de Marseille à la Forêt-Noire. Parallèlement, Antoine, un fonctionnaire solitaire sous l'emprise de sa mère, s'éprend d'une inconnue croisée dans le tramway. Quand elle s'évapore, il se lance dans une traque trouble, loin des évidences. Entre meurtres et obsessions, leurs destins se lient dans une poursuite où les apparences sont trompeuses.
Couverture du roman La vengeance a bien des visages : le sien, le mien
9.8
Après trois ans de prison pour sauver Cédric de Villiers, son fiancé, l'héroïne découvre sa trahison. Allié à Chloé Lambert, il a orchestré sa chute et provoqué la mort de son père pour voler leur entreprise. Humiliée et laissée pour morte après la profanation des cendres paternelles, elle survit grâce au Dr Axel Fournier. Ce médecin lui offre l'opportunité de renaître dans l'ombre pour préparer une vengeance implacable contre ceux qui ont brisé sa vie et sa famille.
Couverture du roman L'Essentiel : Sa Souffrance
8.7
Après seize ans d'amour, Gabriel n'est plus qu'un monstre aux yeux de son épouse. Sa liaison avec Clara a déjà anéanti leur mariage et causé la perte de leur bébé. Mais l'impensable se produit quand il agresse violemment la petite Léa, sa nièce, pour défendre sa maîtresse. Face à cet acte barbare et à la ruine de son frère, la douleur de l'héroïne se mue en une froide détermination. Finies les larmes : elle jure désormais de lui infliger une souffrance à la mesure de sa trahison.