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Couverture du roman La captive du cheik

La captive du cheik

Léna Santos, peintre espagnole, voit son calme andalou menacé par les projets immobiliers du milliardaire Adrien Delacroix. Pour découvrir la femme derrière une toile fascinante, ce dernier l'approche masqué lors d'un bal. Une valse passionnée unit alors ces deux inconnus. Mais le choc est brutal quand les identités sont révélées : elle déteste cet homme d'affaires, et lui aime sa rivale. Entre chantage potentiel et remise en question, un lourd secret sur le projet pourrait sceller leur destin.
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Chapitre 3

Leur danse continua, chaque mouvement rapprochant un peu plus leurs mondes opposés. Mais alors que la musique touchait à sa fin, un détail attira l'attention de Léna. Sous le masque de l'homme, quelque chose dans ses traits lui semblait familier. Elle tenta de masquer son trouble, mais une vague d'inquiétude la traversa.

- Vous avez un nom, ou devez-je deviner ? lança-t-elle, mi-curieuse, mi-méfiante.

Adrien hésita une fraction de seconde avant de répondre, son sourire s'étirant doucement.

- Appelez-moi... l'Investisseur.

Cette réponse fit sourire Léna, mais elle accentua son malaise. Que faisait un "investisseur" dans une soirée organisée pour défendre les oliviers ?

La lumière des lanternes suspendues dansait sur les murs blanchis à la chaux, projetant des ombres mouvantes qui semblaient palpiter au rythme de la musique. Les préparatifs du bal avaient transformé le vieux domaine en un théâtre éblouissant de couleurs et de sons. Les villageois, revêtus de leurs plus beaux atours, convergeaient vers l'entrée principale, leurs pas résonnant sur les pavés irréguliers. Au loin, le murmure de l'oliveraie formait un contrepoint discret à l'effervescence de la soirée.

Dans la petite chambre de Marina, Léna fixait son reflet dans un vieux miroir piqué de taches sombres. La robe rouge, qu'elle avait d'abord trouvée trop tape-à-l'œil, moulait sa silhouette avec une élégance surprenante. Le tissu fluide caressait ses courbes et tombait jusqu'à ses chevilles en un éclat flamboyant.

- Alors ? demanda Marina, debout derrière elle, les bras croisés et un sourire triomphant aux lèvres.

Léna hésita, tirant nerveusement sur le bord du décolleté légèrement trop plongeant à son goût.

- Je sais pas... C'est un peu... beaucoup, non ? murmura-t-elle, sa voix presque noyée dans le tumulte de ses pensées.

- Arrête. Tu es magnifique. - Marina posa ses mains sur les épaules de Léna et plongea son regard dans le sien à travers le miroir. - Ce soir, tu es l'Estranjera. Mystérieuse, insaisissable, inoubliable.

Léna haussa les sourcils en signe de doute, mais elle n'avait plus vraiment le choix. Marina lui avait mis cette idée en tête depuis le matin : si elle devait aller à ce bal, autant se glisser dans la peau d'un personnage. Et puis, il y avait quelque chose de rassurant dans le fait de porter un masque, comme si cela lui permettait de s'effacer tout en étant au centre de l'attention.

- Très bien, céda Léna en ajustant son masque doré, qui complétait la robe avec une touche d'exotisme. Mais je te préviens, dès que ça devient ennuyeux, je m'éclipse.

- On verra bien, répondit Marina avec un clin d'œil. Maintenant, allons-y avant que tu changes d'avis.

***

De l'autre côté du village, Adrien Delacroix terminait d'ajuster son masque noir dans une chambre cossue qu'il avait louée pour l'occasion. Loin de l'effervescence des préparatifs, il savourait le calme avant la tempête. Diego Alvarez, assis sur une chaise en bois, le regardait avec un sourire narquois.

- Vous êtes sûr de vouloir jouer ce jeu ? demanda Diego, ses yeux pétillants d'une curiosité à peine dissimulée.

- Absolument, répondit Adrien sans détourner les yeux de son reflet. Si je veux comprendre ces gens et leurs motivations, je dois me mettre à leur niveau, ne serait-ce qu'un instant.

Diego haussa les épaules. Il trouvait amusant de voir un homme comme Adrien, habitué aux bureaux luxueux et aux réunions stratégiques, se prêter à ce genre de mascarade. Mais il savait aussi qu'Adrien ne faisait jamais rien au hasard.

- Très bien. Mais un conseil : ne sous-estimez pas les villageois. Ils ont peut-être l'air simples, mais ils sont farouchement attachés à leurs terres. Et au moindre faux pas, ils vous feront payer votre présence ici.

Adrien se contenta de sourire, ajustant le col de son costume sombre.

- Ne vous inquiétez pas pour moi. Je saurai rester... discret.

***

La cour du domaine semblait vibrer sous le poids de l'animation. Des tables ornées de nappes blanches étaient disposées autour de la piste de danse, chargées de plats traditionnels et de carafes de vin local. Les rires et les discussions se mêlaient aux accords d'un orchestre jouant un tango langoureux. Les invités, masqués et élégants, déambulaient avec une aisance feinte, chacun cherchant à deviner l'identité de l'autre.

Léna entra dans la cour, suivie de Marina, et sentit immédiatement le poids des regards se poser sur elle. La robe rouge, combinée au masque doré, la faisait ressortir comme une flamme dans une mer de costumes plus sobres. Elle marcha avec une assurance qu'elle ne se connaissait pas, mais à l'intérieur, son cœur battait à tout rompre.

- Respire, murmura Marina en la poussant doucement vers le centre de la cour. Personne ne sait qui tu es, et c'est ça qui est génial.

Léna hocha la tête, tentant de se convaincre. Elle observa la foule, cherchant des visages familiers, mais les masques rendaient cette tâche impossible. Cela la rassurait autant que cela l'inquiétait.

Au même moment, Adrien pénétra dans la cour, son regard perçant balayant l'assemblée. Il cherchait quelque chose, ou peut-être quelqu'un, mais il ne savait pas encore quoi. Son masque noir dissimulait ses traits, et son costume impeccable le faisait passer pour un invité quelconque. C'était exactement ce qu'il voulait.

Son attention fut immédiatement captée par une silhouette en rouge. Elle se tenait près de la piste de danse, parlant à une autre femme vêtue de bleu. Adrien sentit une étrange attirance, presque magnétique, pour cette femme qu'il n'avait jamais vue auparavant. Ou peut-être l'avait-il vue, mais il n'en avait aucun souvenir.

Il s'approcha lentement, se frayant un chemin parmi les convives. Lorsqu'il fut à quelques pas de Léna, il tendit la main et dit d'une voix calme mais assurée :

- Puis-je avoir cette danse ?

Léna se tourna, surprise, et ses yeux rencontrèrent ceux d'Adrien à travers leurs masques respectifs. Elle hésita un instant, mais il y avait quelque chose dans son regard qui la poussait à accepter. Peut-être était-ce l'aura de mystère qu'il dégageait, ou simplement l'envie de jouer le jeu jusqu'au bout.

- Avec plaisir, répondit-elle finalement, sa voix teintée d'un mélange d'amusement et de curiosité.

Ils se dirigèrent vers la piste de danse, où la musique changea pour une valse lente. Adrien posa une main légère sur la taille de Léna, tandis qu'elle glissait la sienne sur son épaule. Leurs mouvements étaient hésitants au début, mais ils trouvèrent rapidement un rythme harmonieux.

- Vous êtes nouvelle ici, n'est-ce pas ? demanda Adrien, brisant le silence.

- On peut dire ça, répondit Léna avec un sourire énigmatique. Et vous, qui êtes-vous ?

Adrien hésita une fraction de seconde avant de répondre.

- Juste un investisseur curieux.

Léna arqua un sourcil sous son masque. Il y avait quelque chose de troublant dans cette réponse, mais elle choisit de ne pas insister.

- Curieux, en effet, murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour lui.

La danse continua, et une étrange tension s'installa entre eux. Ils parlaient peu, mais leurs regards se croisaient souvent, chargés d'une émotion qu'ils ne pouvaient pas encore nommer. Adrien, habitué à contrôler chaque situation, se sentait déstabilisé par cette femme qui semblait à la fois proche et insaisissable. Quant à Léna, elle était intriguée par cet homme qui semblait cacher bien plus qu'il ne laissait paraître.

Alors que la musique touchait à sa fin, Adrien resserra légèrement sa prise sur la taille de Léna et lui murmura :

- Peut-être que ce bal n'est pas si ennuyeux, après tout.

Léna sourit, mais avant qu'elle ne puisse répondre, une voix retentit derrière eux, brisant l'instant.

- Léna ! Où es-tu ? C'est toi, là-bas ?

Léna se figea. C'était la voix de Diego Alvarez, qu'elle connaissait bien. Elle se dégagea doucement de l'étreinte d'Adrien, son cœur battant plus vite que jamais. Elle ne voulait pas que Diego la voie avec cet homme, pas maintenant, pas ici.

- Je dois y aller, murmura-t-elle à Adrien, sans lui donner d'explications.

Avant qu'il ne puisse la retenir, elle disparut dans la foule, laissant Adrien seul sur la piste de danse, son esprit empli de questions sans réponses.

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