
Je me suis réveillée mariée à un multimilliardaire secret
Chapitre 3
Arthur froissa le papier contre sa poitrine pour le cacher de la vue des invités. Il regarda frénétiquement autour de lui, la sueur perlant sur sa lèvre supérieure.
Tout le monde dehors, marmonna-t-il. Puis, il éleva la voix. Diane, Isabelle, Églantine. Dans le bureau. Immédiatement.
Mais les invités... commença Diane.
Ferme-la ! hurla Arthur.
Le silence s'abattit sur la pièce. Arthur attrapa Églantine par le coude. Sa poigne était brutale, mais elle ne broncha pas. Il la traîna vers les lourdes portes en chêne de son bureau. Diane et Isabelle suivirent, l'air perdu et terrifié.
Arthur claqua la porte et verrouilla. La musique de la fête n'était plus qu'un bourdonnement étouffé.
Il jeta le papier sur son bureau en acajou.
Explique ça, exigea-t-il, le souffle court.
Églantine massa son bras endolori. C'est un certificat de mariage, Arthur. Je suppose que tu sais lire.
Isabelle arracha le papier du bureau. Elle le parcourut des yeux, les sourcils froncés. Puis elle poussa un cri strident qui ressemblait à un freinage d'urgence.
Ambre Noel ? Elle regarda Églantine, le visage tordu de dégoût. Tu as falsifié ça. Tu es malade. Tu es complètement folle à lier.
Il y a un sceau en relief, répondit Églantine en s'adossant à la bibliothèque. Vas-y. Appelle l'état civil du Nevada.
Diane lut par-dessus l'épaule d'Isabelle. Sa main vola à sa gorge. Ce n'est... ce n'est pas possible. Il ne sait même pas qui tu es. C'est... c'est Ambre Noel.
Arthur faisait les cent pas. Il passait une main nerveuse dans ses cheveux clairsemés. Il ne regardait plus Églantine avec colère. Il la regardait comme un ticket de loto gagnant qu'il avait failli jeter aux ordures.
Si c'est vrai, marmonnait-il. Si c'est vrai, la fusion... les dettes...
Il fit volte-face vers Églantine. Quand est-ce qu'il arrive ?
Églantine cilla. Quoi ?
Pour venir te chercher. Quand arrive-t-il ? Pourquoi ne rien nous avoir dit ? Nous aurions pu nous préparer.
Églantine réalisa alors l'ampleur de la folie qui régnait dans cette maison. Arthur se fichait des détails ou de la vérité. Il ne voyait que le profit.
Il tient à sa vie privée, mentit Églantine. Les mots sortirent tout seuls. Elle avait besoin de temps.
L'attitude de Diane changea du tout au tout. Elle lissa sa robe. Elle força un sourire qui ressemblait à un rictus de douleur. Eh bien. Cela explique ta distance ces derniers temps, ma chérie. Tu le... protégeais.
Isabelle rejeta le papier sur le bureau. Je n'y crois pas. Flambeau m'en aurait parlé.
Flambeau ne sait même pas de quelle couleur sont ses propres chaussettes, rétorqua Églantine.
On frappa à la porte.
Monsieur Granit ? C'était Héron. Sa voix tremblait.
Quoi ! aboya Arthur.
Monsieur. La sécurité au portail dit... dit que le convoi de Monsieur Noel vient d'entrer.
Le silence dans le bureau devint absolu. On aurait pu entendre une mouche voler.
Arthur laissa échapper un son qui tenait autant du rire que du sanglot. Il est là. Il est vraiment là.
Il se précipita vers Églantine. Il lui attrapa les épaules, ses mains tremblantes de la tête aux pieds. Arrange tes cheveux. Tu ressembles à un cadavre. Diane, donne-lui du rouge à lèvres. Bon sang, pourquoi portes-tu cette robe ?
L'estomac d'Églantine se noua douloureusement. Ce n'était pas censé se passer ainsi. Il n'était pas censé être là.
Ambre n'était pas là pour elle. C'était impossible. Il ignorait son existence. Il était là pour les affaires. Ou pour Flambeau. Ou pour racheter la maison et les jeter à la rue.
Si elle sortait et qu'il l'ignorait... ou pire, s'il la reconnaissait comme l'ennemie jurée de son procès...
Mais elle n'avait pas le choix. Le mensonge était déjà en marche.
Arthur ouvrit la porte à la volée. Venez ! Tout le monde, souriez !
Ils retournèrent dans le hall juste au moment où les immenses portes d'entrée s'ouvraient.
Le vent s'engouffra, glacial et tranchant.
Trois hommes en costume sombre entrèrent d'abord. La sécurité. Ils balayèrent la pièce d'un regard professionnel et indifférent.
Puis, Ambre Noel fit son apparition.
Il était plus grand que dans ses souvenirs. Son costume anthracite tombait avec une précision chirurgicale. Il ne regarda ni les fleurs ni la foule. Il marchait comme s'il possédait l'oxygène de la pièce et qu'il acceptait tout juste de le prêter aux autres.
Le silence dans le hall était lourd. Le silence des proies observant un prédateur pénétrer sur leur territoire.
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