
Je me suis mariée avec l’oncle de mon fiancé
Chapitre 4
Le plan était tombé à l'eau, et avec lui, s'était envolée ma toute dernière attache à Benoit.
J'ai poussé un long soupir et j'ai eu un soulagement énorme. J'ai retenu à grand-peine l'envie de pleurer.
Ce soir, ce serait ma première rencontre avec Charlie.
J'avais le cœur palpitant de nervosité. Après tout, dans ma vie antérieure, il avait été mon oncle.
J'ai pris une profonde inspiration, me préparant pour le mieux.
Même si je ne pouvais pas le rendre amoureux de moi, au moins qu'il ne me déteste pas.
J'ai repris mon calme. Je me suis recoiffée et rajustée avant de sortir.
Une fois arrivée au parking souterrain, j'ai entendu des gémissements saccadés.
J'ai suivi instinctivement le bruit et j'ai vu une voiture noire se balancer violemment, haut et bas.
J'ai jeté un œil à la plaque d'immatriculation.
C'était la voiture de Benoit.
Par la vitre entrouverte, j'ai aperçu Cécile, le regard perdu, se cambrant au rythme de Benoit.
Il s'est soulevé avec régularité, poussant les soupirs rauques.
Je n'éprouvais plus le moindre sentiment pour lui, et pourtant, cette scène obscène m'a donné la nausée.
Cécile m'a remarquée, et avec un sourire provocateur, elle l'a embrassé avec passion.
Leur respiration haletante et les bruits de salive résonnaient dans l'immensité du garage.
J'ai réprimé mon haut-le-cœur et suis partie presque en courant. J'étais prête à quitter et rejoindre le dîner familial.
Au moment où je tournais les talons, un râle a retenti. Les deux sont sortis de la voiture.
« Mais Jade ! » a crié Cécile avec un faux air d'étonnement, les joues encore empourprées.
Benoit était mal à l'aise quand il a entendu mon nom.
Je n'ai marqué aucune pause. J'ai écrasé l'accélérateur.
Au moment de passer devant lui, j'ai vu un bout de dentelle accroché à sa ceinture.
Sur la route, j'ai pris le temps de m'arrêter dans un centre commercial.
J'y ai acheté des cadeaux pour la famille Gautier. Et j'en ai spécialement préparé un pour Charlie.
Quand je suis arrivée à la maison des Gautier, je suis tombée sur Benoit.
Il s'est précipité vers moi, prêt à s'expliquer.
Mais au moment où il a vu le cadeau dans mes mains, son expression a changé : la gêne a laissé place à un sourire suffisant, puis à une moquerie méprisante.
« Je croyais que tu faisais la tête. En fait, tu es allée m'acheter un cadeau ?
Tu n'as vraiment rien dans le ventre. »
Il a tendu la main pour prendre la boîte. Je l'ai évité aussitôt.
« Ce n'est pas pour toi. »
Il a allumé une cigarette d'un geste lent, et a dit d'un ton détaché :
« Tu nous as vus, non ? En fait, c'est Cécile qui est ma femme légitime. Tout aurait dû lui appartenir.
Si tu te tiens bien, j'aurais peut-être la bonté de te satisfaire une ou deux fois. »
Il m'a toisée de la tête au pied. J'ai eu la chair de poule, la nausée est revenue d'un coup.
C'était écœurant.
Au moment où j'allais partir, il m'a retenue brusquement par le bras et m'a avertie, les sourcils froncés :
« Mon oncle va rentrer ce soir. Tiens-toi bien !
Après le dîner, tu viendras avec moi présenter tes excuses à Cécile.
Si tu veux toujours m'épouser, sois obéissante. »
Il est parti sans attendre ma réponse, je le regardais s'éloigner et j'ai laissé échapper un rire moqueur.
Très vite, il comprendrait si j'allais l'épouser ou pas.
Je suis entrée dans la salle à manger. Les membres de la famille Gautier étaient déjà installés, à l'exception de Charlie.
Il restait une place vide à côté de Benoit, mais je suis passée devant sans m'arrêter.
J'ai choisi plutôt celle à côté du siège d'honneur.
Voyant cela, Benoit s'est levé d'un air exaspéré et est venu s'asseoir à ma gauche.
« Jade ! Le siège à côté est réservé pour mon oncle !
Dégage, retourne à ta place. Ne sois pas ridicule ! »
J'ai réprimé ma colère. Au moment où j'allais répliquer, une voix grave m'a interrompue :
« Désolé pour le retard. »
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