
J'appartiens au PDG
Chapitre 3
Sienna était restée prostrée dans sa chambre toute la journée, incapable de trouver une échappatoire à l'enfer dans lequel elle avait été plongée. Les mots de sa mère résonnaient encore dans sa tête : **« C'est le prix à payer pour survivre. »** Bianca avait dit ça avec un calme terrifiant, comme si ce qu'elle avait fait était normal, presque justifiable. Sienna serra les poings, ses ongles s'enfonçant dans ses paumes. Non, elle ne pouvait pas laisser les choses se dérouler ainsi. Elle n'était pas une marchandise.
Quand la nuit tomba, elle prit une décision. Elle n'avait aucune idée de comment ni où elle irait, mais elle devait fuir. Elle ne pouvait pas rester ici à attendre que son sort soit scellé par des hommes comme Emilio et sa propre famille.
Elle attendit que le silence s'installe dans l'appartement. Bianca était enfermée dans sa chambre, sans doute indifférente à ce que Sienna pouvait faire. Luca dormait sur le canapé du salon, encore sous l'effet des substances qu'il consommait régulièrement. Ses ronflements lourds étaient la seule chose qui brisait le calme oppressant.
Sienna enfila une paire de baskets usées et glissa un petit sac sur son épaule. Elle avait fourré dedans ce qu'elle avait pu : une bouteille d'eau, quelques vêtements et les maigres économies qu'elle avait réussi à cacher de Luca. Elle jeta un dernier regard à la pièce sombre avant de se diriger vers la porte d'entrée.
Alors qu'elle tournait doucement la poignée pour ne pas faire de bruit, une voix la glaça sur place.
« Tu vas où comme ça, Sienna ? »
Elle se retourna brusquement. Emilio se tenait dans l'ombre du couloir, son regard perçant fixé sur elle. Comment était-il entré sans qu'elle ne l'entende ? Ses deux hommes de main étaient là aussi, bloquant toute issue.
« Je... je vais prendre l'air, » balbutia-t-elle, essayant de masquer la panique dans sa voix.
Emilio s'approcha, un sourire amusé sur les lèvres. Il tapota sa veste d'un geste nonchalant, mais le message était clair : il était armé.
« Prendre l'air ? À cette heure-ci ? Tu me prends pour un idiot ? »
Sienna déglutit, cherchant désespérément une réponse. Emilio ne lui laissa pas le temps.
« Écoute, ma belle, t'es à moi maintenant. Toute tentative de fuite, et c'est pas toi qui va payer, c'est ton frère. T'as compris ? »
Elle sentit sa gorge se nouer. Elle voulait crier, protester, mais elle savait que ça ne servirait à rien. Emilio s'approcha encore, son souffle chaud et désagréable frôlant son visage.
« T'es pas en position de négocier, princesse. Retourne dans ta chambre et fais-toi discrète jusqu'à ce qu'on vienne te chercher. Et crois-moi, si je dois revenir te chercher moi-même, ça ira mal pour toi et pour ta famille. »
Il fit un signe de tête à ses hommes, et ils s'éloignèrent dans l'ombre aussi silencieusement qu'ils étaient apparus. Sienna resta figée un moment, le cœur battant à tout rompre, avant de regagner sa chambre.
Elle referma la porte derrière elle, les larmes coulant silencieusement sur ses joues. Elle était piégée, complètement impuissante.
Le lendemain matin, elle trouva Bianca dans la cuisine, comme si de rien n'était. La tasse de café habituel dans les mains, ses cheveux gris tirés en un chignon strict. Bianca leva à peine les yeux quand Sienna entra.
« T'es encore là ? Je pensais que tu aurais déjà pris tes responsabilités, » lança Bianca, une pointe de sarcasme dans la voix.
Sienna sentit la colère monter. Elle n'en pouvait plus de ce détachement glacial, de cette femme qui semblait totalement insensible à ce qu'elle vivait.
« Mes responsabilités ?! » hurla-t-elle. « Tu veux dire te sacrifier parce que ton fils est un idiot incapable de prendre soin de lui ? Tu te rends compte de ce que tu as fait, maman ? Tu m'as vendue ! À Emilio ! Comment peux-tu être aussi... aussi monstrueuse ?! »
Bianca ne cilla pas. Elle posa sa tasse avec un calme calculé, regardant Sienna comme si elle n'était qu'une enfant capricieuse.
« Tu crois que c'était facile pour moi ? » répliqua-t-elle. « Tu crois que j'ai toujours eu le choix ? Regarde autour de toi, Sienna. Tu vois dans quel trou on vit ? J'ai fait ce que j'avais à faire pour survivre. Et maintenant, c'est ton tour. »
Sienna était abasourdie. Elle se leva brusquement, faisant racler sa chaise contre le sol.
« Survivre ?! C'est ça, ta justification ? T'es la pire mère qu'on puisse imaginer. Tu sais quoi ? Peut-être que Luca et moi, on aurait été mieux sans toi. »
Bianca la regarda avec un mélange de colère et de dédain.
« Fais attention à ce que tu dis, jeune fille. Tu ne sais rien de ce que j'ai traversé pour vous garder en vie. Rien. »
Sienna éclata de rire, mais il n'y avait rien de joyeux dans ce son.
« Oh, je sais exactement ce que t'as traversé, maman. J'ai tout vu. Mais cette fois, c'est pas une excuse. T'as dépassé les bornes. »
Bianca resta silencieuse, mais son regard froid était plus parlant que n'importe quel mot.
Cette nuit-là, Sienna ne parvint pas à trouver le sommeil. Ses pensées tournaient en boucle, un mélange de peur, de colère et de désespoir. Elle n'entendit les bruits de pas dans le couloir qu'au dernier moment.
La porte de sa chambre s'ouvrit brusquement, et Emilio entra, accompagné de ses deux hommes.
« C'est l'heure, ma belle, » dit-il avec un sourire cruel.
Sienna recula instinctivement, cherchant quelque chose pour se défendre, mais la pièce était vide de tout objet utile.
« Vous pouvez pas faire ça ! » cria-t-elle, sa voix tremblant de rage et de peur.
« Oh, mais on peut. Et crois-moi, ce sera plus facile pour toi si tu coopères, » répliqua Emilio en s'avançant.
Ils la traînèrent hors de la chambre, ses protestations et ses coups désespérés résonnant dans l'appartement. Bianca apparut dans l'embrasure de sa porte, mais elle ne dit rien. Elle regarda simplement, ses bras croisés, comme si tout cela ne la concernait pas.
« Maman, aide-moi ! » cria Sienna, mais Bianca détourna les yeux.
Ils l'entraînèrent jusqu'à une voiture noire garée devant l'immeuble. Emilio ouvrit la portière arrière et la poussa à l'intérieur.
« Bienvenue dans ton nouveau monde, » murmura-t-il avant de refermer la porte.
Le moteur démarra, et Sienna sentit la panique l'envahir. À travers la fenêtre, elle aperçut Luca, debout dans l'entrée de l'immeuble, son visage blême et immobile. Il ne fit rien.
Dans la voiture, Emilio s'installa à côté d'elle, un sourire satisfait sur le visage.
« Tu vas apprendre à te tenir tranquille, ma belle. À partir de maintenant, t'es un objet précieux, et je m'assurerai que tu restes en bon état. »
Sienna sentit la rage monter, mais elle était impuissante. La voiture s'enfonça dans les rues sombres de la ville, s'éloignant de tout ce qu'elle avait connu.
Après ce qui sembla une éternité, les lumières changeèrent. La voiture s'arrêta devant un immense manoir, illuminé par des projecteurs. À travers la fenêtre, Sienna aperçut des silhouettes élégantes et des éclats de rire.
« On y est, » annonça Emilio avec un sourire malsain.
Sienna sentit son cœur se serrer alors que la portière s'ouvrait.
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