
J'ai dû cohabiter avec Alouqua et Alastor
Chapitre 3
Pour ceci, elle ne s’excusa pas. Pour elle, il n’y avait aucune règle et elle était libre de faire ce qu’elle voulait. Aucune réflexion d’ailleurs, les conséquences qui découlaient de ses actes lui importaient peu, et dire qu’elle pouvait éprouver des remords reviendrait à dire qu’aucun aveugle ne voudrait recouvrer la vue. Totalement dépourvue d’empathie. D’ailleurs, difficile de faire comprendre à Marcelle que son attitude était fortement dangereuse, croyez-vous pouvoir discuter avec Alastor ? J’ai vu le mythique filmL’exorcisteet bien, c’est à peu près ça, la tête ne tournait pas à 360° mais pour le reste on en est pas loin. Elle pouvait changer de personnalité en fonction de la personne qui se trouve en face d’elle.
Elle n’avait aucune remise en question, ni de conversation, elle avait commencé sans que je le comprenne tout de suite, un long travail de sabotage de notre couple, avec la complicité de sa mère. En s’appliquant dans une provocation quelle que fois vulgaire, me mettant à l’écart, ignorant ma présence, pour ne s’adresser qu’a son père, et ne m’incluant dans aucun de leurs projets.
Très vite, Marcelle murmura de doux mots en ma présence, n’hésitant pas à me présenter comme : la femme de ménage, auprès du meilleur ami de son père, ou me susurrant ouvertement que j’étais la énième petite amie de son père, et que j’allais certainement pas rester longtemps, et donc que j’étais juste de passage. J’eus le droit à : « t’as rien à me dire toi », annonçant ainsi la température des prochaines semaines. Ce auquel je ne répondais pas tout du moins au début. Je pensais même que pour agir ainsi elle devait énormément souffrir, et au fil du temps, je changeais d’avis, elle ne souffrait pas, elle voulait juste me faire chier… Commencèrent alors pour moi les semaines de galères et les semaines d’oxygène. Marcelle me déclarait ouvertement la guerre, et avait deux fonctionnements, en fonction ou non de la présence de son père, elle pouvait faire preuve d’une grande insolence en poussant ces actes très loin. Les semaines de galères commençaient avec un peu de chance les lundis matin, ou certaine fois les dimanches soir ce qui pourrissait carrément le dimanche, jour Saint ne pouvant pas, forcément convenir à un démon. À cette époque je travaillais de nuit, je partais à 22 h et rentré à 7 h 30 les matins, et me couchais directement. Les lundis matin s’annonçaient tous identiques, et empiraient avec le temps. Tout comme dans les films de possession, ça commence crescendo, pour s’accélérer, et finir par devenir invivable, sans les couverts qui volent et les chaises qui bougent. D’ailleurs, il aurait peut-être mieux valu.
Une fois couchée, j’avais l’avantage de m’endormir très vite, le réveil était tout aussi brutal ! imaginez-vous être réveillés par deux démons ! Alouqua déposait sa fille Alastor tous les lundis matin devant la porte du garage de la maison, vers 8 h, pour que celle-ci, munie de ses clés, et de sa perversité, ouvre la porte du garage, avec le plus de bruit possible, sans compter sur la complicité d’Alouqua, qui elle ouvrait sa bouche aussi grande que la porte du garage avec tout autant de bruit, puis la refermer ; l’ouvrait à nouveau pour cela elle n’hésitait à la claquer, pour recommencer, provoquant ainsi les aboiements du chien, je me réveillais en sursaut, pourquoi n’arrivait-elle pas à fermer la porte correctement les lundis matin quand elle déposait ses affaires personnelles ainsi que ce de Alexandro ? Alors que les soirs de la semaine où je n’étais plus seule, elle n’avait aucune difficulté pour ouvrir et fermer cette porte. Elle montrait aussi de réelles Difficultés à fermer sa bouche quand son père n’était pas présent, comme les lundis matin.
Imaginez les échanges entre deux démons ! cette voix d’outre-tombe qui vous glace, que l’on pouvait entendre du haut de la rue, d’ailleurs il est vrai que les démons ont une voix de merde. Aucune discrétion, c’était pas non plus leur but… Commença lentement mais sûrement un long combat mené par ces démons ne me ménageant aucunement. Il y eut aussi ces moments de bonheur : les vacances scolaires, Humour ! où là, appliquant d’autres méthodes, Marcelle, la porte de sa chambre grande ouverte, tout comme sa gueule, échangeait sur son téléphone portable à l’aide de l’interphone avec sa mère, pour que je puisse grandement profiter de la superficialité de leurs échanges, riant à gorge déployée, et que je ne puisse ainsi pas me reposer, et voilà mon sommeil écourté par les voix de deux démons, remake de l’exorcisme avec un son digne des meilleures enceintes, ce qu’elle avait très bien compris puisque je finissais par m’en plaindre à son père et qui n’a pourtant eu aucun effet sur cette nigaude. Juste à les conforter dans le fait qu’elles arrivaient à me déranger.
Échanges avec une mère qui semble n’avoir rien d’autre à faire que d’appeler tous les jours, voire plusieurs fois par jour ses enfants, celle-ci jouant de sa maladie, qui lui touchait les os, maladie caractérisée par une fragilité osseuse. Et j’avoue que certains lundis matin, j’ai souhaité que celle-ci se casse en deux et tombe en poudre devant le garage, et ainsi j’aurais pu me reposer tranquille.
Pour moi cette maladie était une excuse à sa fainéantise, ainsi qu’à son comportement et ce handicape ne s’arrêtait pas aux os, il touchait aussi le cerveau, vu l’attitude de celle-ci, le Level ne montait pas bien haut, elle souffrait d’une anémie du cerveau, me faisais penser de par son attitude à une personne arriéré. Le plus grave était qu’elle se servait de sa maladie pour nourrir une peur chez ses enfants, celle de perdre leur mère, attitude plus que mal saine, destructrice, ses enfants grandissaient en croyant que leur mère pouvait mourir à chaque instant, aucune inquiétude, je peux confirmer de sa bonne santé ! Ce qui n’est pas très saint pour leur équilibre mental de ses enfants. Bien entendu, ces échanges qui avaient lieu pendant mes heures de sommeil, par interphone, ont duré pendant presque deux ans, temps qu’il a fallu pour que son père arrive à mettre fin à cette mascarade et à cet acharnement, et temps que j’ai réussi à tenir sans souffrir de séquelles, juste l’envie de coller à Marcelle la tête dans les toilettes.
Je me souviens d’un réveil brutal, où une voix et des rires me sortirent de mon sommeil, je regardai l’heure sur mon portable, il était tout juste 10 h, je n’avais donc pas plus de 2 h de sommeil, en me levant juste à côté de ma porte se trouvait l’antre du démon, elle était là, porte grande ouverte, installée sur son lit, portable à la main, je la regardais fixement, elle, grand sourire, rigolait aux éclats, tout en me fixant, l’envie de la sortir de son lit et de l’encastrer dans le mur me frôla l’esprit… j’entendais une autre voix avec laquelle elle échangeait. La colère me submergeât, je fermais la porte de sa chambre en la claquant (la porte valait mieux) et descendis pour me calmer, avant de décider de remonter finir ma nuit. Lorsque je me trouvai en haut face à la porte de sa chambre, que celle-ci avait pris soin d’ouvrir à nouveau en grand, pour continuer sa conversation.
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