
Ils supplient pour une chance qu'ils ont déjà manquée
Chapitre 4
Je finis de ranger mes affaires.
Une valise suffit à tout contenir.
Je laisse tout le reste. J'ai écrit un mot à notre domestique pour qu'elle s'en débarrasse.
Quand je descends avec ma valise, j'entends mon père et les autres rentrer.
Ils vont à l'autre bout du salon et ne me voient pas. Mais j'entends leurs voix.
« Heureusement qu'elle a peu mangé, l'allergie est légère. Sinon, je ne pardonnerais jamais Maria. »
« Elle est dans l'excès. Il faut qu'elle s'excuse. »
Kelly dit doucement : « Ce n'est pas la peine. Elle ne l'a sûrement pas fait exprès. »
Léo la console : « Kelly, tu es trop gentille. Tu ne devrais pas l'être envers quelqu'un qui te veut du mal. »
« Tu ne voulais pas le jardin qui est en son nom ? Dis-lui de te l'offrir en guise de dédommagement. »
Mon père fronce les sourcils et s'apprête à parler quand Kelly fait un sourire surpris, « vraiment ? J'ai toujours voulu visiter ce jardin, mais Maria n'a jamais accepté. »
Mon père sourit en entendant cela, il l'autorise.
Mon cœur se serre, je me demande à quoi je m'attendais.
Tout le monde se fiche de moi dans cette famille. Ils veulent même donner le jardin que ma mère m'a offert à Kelly.
Je m'approche et dis d'une voix basse : « Puisque tu le veux, je te le donne. »
Kelly remarque immédiatement ma valise, elle rigole à voix haute, ne pouvant plus contenir sa joie.
Mais Léo me regarde d'un air méfiant, il fronce les sourcils : « Aussi facilement ? Tu essaies encore de piéger Kelly ? »
« Il faut d'abord nettoyer et inspecter le jardin. S'il est sans danger, Kelly pourra y entrer. »
Je réponds immédiatement : « Je vais y aller de suite. »
Mon frère ricane : « Qui a dit que tu le rangerais ? »
Kelly fait semblant d'avoir peur, elle se cache derrière mon père.
« Maria, ne t'énerve pas, je ne veux plus de ton jardin, d'accord ? Je voulais juste aller voir. »
Je la regarde calmement, sans aucune expression faciale, « puisque tu le veux, il est à toi. De toute façon, je ne reviendrai plus jamais. »
De la joie défile dans les yeux de Kelly.
Le visage de mon père s'assombrit, il dit : « Tu ne reviendras plus jamais ? »
« Ce n'est qu'un jardin, et tu ne veux pas le donner à Kelly ? On accepte déjà que tu traînes dehors. Maintenant, tu ne veux même plus rentrer à la maison ? J'ai vraiment raté ton éducation ! »
« Tu es comme ta mère, des femmes instables ! »
Mon cœur se brise, la douleur m'envahit.
Comment peut-il dire ça de maman et moi ?
J'argumente douloureusement : « Non, je pars parce que... »
« Casse-toi ! »
Mon père me crie dessus et me coupe la parole, « casse-toi immédiatement ! Je ne sais pas ce que tu complotes, mais on ne sera que plus heureux sans toi à la maison ! »
« À partir d'aujourd'hui, Kelly est ma seule fille. Elle est mille fois plus gentille que toi. »
Je ne dis rien de plus et je sors avec ma valise.
Il recommence à neiger.
Le froid me donne des frissons.
Je voulais rentrer prendre un parapluie, mais on me plaque la porte à la figure.
La voix ironique de mon frère sonne, « ne reviens pas puisque tu veux partir. On n'accueille pas les mendiants ici. »
Je souris amèrement et me plonge dans la nuit enneigée.
Les flocons glacés tombent sur ma peau, je marche difficilement.
Je n'ai presque pas de sous sur moi, et l'école est fermée. Je ne sais pas où aller.
Quand je mets le pied en dehors du portail de la villa, Joël m'arrête.
« Maria, tu ne peux pas t'excuser envers Kelly pour demander son pardon ? »
« Kelly est gentille, pourquoi tu ne veux pas l'accepter ? »
Gentille ?
Pourquoi je ne voudrais pas l'accepter malgré sa gentillesse ?
Parce qu'elle est fausse. Elle fait semblant. Elle est méchante et jalouse.
Mais je ne vais rien dire.
Je remarque que Joël, cet homme que j'aimais autrefois plus que tout, est comme un étranger pour moi à l'heure actuelle.
Je n'ai plus rien à lui dire.
En remarquant on silence, Joël me secoue par les épaules : « Maria, tu ne peux pas te rattraper ? Tu as seulement à t'excuser envers Kelly et promettre que tu ne lui ferais plus jamais de mal, et on se marie après, d'accord ? »
Je le fixe et je secoue la tête : « Se marier ? Non, impossible. On a rompu depuis longtemps. »
Il est irrité par mon regard alors il me pousse au sol : « Je voulais te donner une chance, mais tu es trop têtue ! Continue à être méchante, le karma te rattrapera ! »
Puis il part sans se retourner.
Je me relève et m'éloigne avec ma valise.
C'est difficile d'appeler un taxi durant les jours de neige. La neige trempe rapidement mes vêtements. Mais je réussis à faire du stop par chance.
J'offre une grosse somme au chauffeur pour le remercier.
Au moment où je monte, je remarque une voiture qui s'approche. C'est celle de mon frère.
Il appuie fortement sur l'accélérateur en criant mon nom.
Le chauffeur demande : « Tu le connais ? »
Je secoue la tête : « Non, partons. »
La neige continue à tomber, le monde devient entièrement blanc.
Quand on croise la voiture de mon frère, je remarque son expression paniquée.
Je dois me tromper.
Comment est-ce possible qu'il fasse cette tête pour moi ?
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