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Couverture du roman Il les a choisis, j'ai tout perdu

Il les a choisis, j'ai tout perdu

Damien et moi avions tout construit depuis l'orphelinat, érigeant un empire technologique. Mais mon mari a sacrifié notre union pour une femme manipulatrice. Alors que j'espérais le reconquérir avec ma grossesse secrète, son beau-fils m'a violemment frappée à l'hôpital. En plein calvaire, j'ai supplié Damien de me secourir. Pourtant, il a choisi de consoler l'enfant, m'abandonnant à mon agonie. Après cette trahison fatale, je lui adresse mon divorce et les restes du fils qu'il a tué.
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Chapitre 1

Mon mari, Damien, et moi, nous nous sommes extirpés ensemble du système des foyers d'accueil.

Partis de rien, nous avons bâti un empire du logiciel.

Il était mon héros, l'homme qui avait juré de toujours me protéger.

Mais il est devenu obsédé par l'idée de « sauver » une mère célibataire manipulatrice, vidant nos comptes en banque et détruisant notre mariage.

Je pensais que le bébé que je portais en secret pourrait être le pont qui le ramènerait à moi.

Puis, lors de mon premier rendez-vous prénatal, son fils m'a attaquée.

Il a violemment cogné sa tête contre mon ventre.

Un univers de douleur a explosé en moi.

Je me suis effondrée, saignant sur le sol froid de l'hôpital.

J'ai supplié Damien de m'aider.

Son regard a oscillé entre mon visage blême et l'enfant qui hurlait.

Il a fait son choix.

« Reprends-toi un peu », a-t-il dit froidement, en prenant le garçon dans ses bras.

Il s'est éloigné, me laissant perdre notre enfant, seule.

Il a laissé mourir notre premier bébé, et maintenant notre second.

Son amour n'était qu'un mensonge.

Alors, je lui ai envoyé un dernier cadeau en souvenir de moi : les papiers du divorce, et un petit bocal contenant le corps du fils qu'il a abandonné.

Chapitre 1

Point de vue d'Adeline Chevalier :

L'appel qui a fait exploser ma vie est arrivé à 15h17, un mardi.

J'étais en pleine réunion du conseil d'administration, présentant les projections de croissance trimestrielles de notre entreprise de logiciels, quand mon téléphone a vibré sur la table en acajou poli.

Numéro masqué.

Je l'ai ignoré.

Il a vibré à nouveau, avec insistance.

« Excusez-moi un instant », ai-je dit, ma voix douce et professionnelle, en mettant le téléphone en silencieux.

Mais il a sonné une troisième fois, suivi d'un SMS.

*Police Nationale - Lyon. Affaire urgente concernant votre mari, Damien Fournier. Veuillez appeler immédiatement.*

Une vague de froid glacial m'a submergée, si intense que j'ai dû m'agripper au bord de la table pour ne pas tomber.

Les visages des membres du conseil se sont brouillés, devenant une tache floue.

Mon cœur battait à tout rompre contre mes côtes, comme un oiseau frénétique pris au piège.

Damien.

Mon esprit a envisagé mille scénarios terrifiants.

Un accident de voiture sur l'autoroute.

Un malaise soudain.

Quelque chose de terrible était arrivé.

Il devait être arrivé quelque chose.

Je ne me souviens pas d'avoir mis fin à la réunion.

Je ne me souviens pas du trajet en voiture.

Mon premier souvenir clair est l'odeur stérile et antiseptique du commissariat, une odeur qui me raclait l'intérieur du nez et ravivait des souvenirs que j'avais passé ma vie à essayer d'enterrer.

« Je suis ici pour Damien Fournier », ai-je dit à l'agent à l'accueil, la voix tendue. « Je m'appelle Adeline Chevalier. Je suis sa femme. »

Le regard de l'agent a eu une lueur étrange.

De la pitié, peut-être ?

Mon estomac s'est noué.

Il m'a indiqué un couloir, menant à une petite pièce bondée.

Et c'est là que je l'ai vu.

Damien n'était pas en garde à vue.

Il n'était pas blessé.

Il se tenait au milieu de la pièce, les larges épaules voûtées, son bras enroulé de manière protectrice autour d'une femme qui sanglotait contre sa poitrine.

Brittany Morel.

La serveuse du café en bas de la rue.

La mère célibataire à l'histoire triste que Damien s'était mis en tête de « sauver » depuis six mois.

Les voir ensemble ne m'a pas seulement fait mal.

C'était au-delà de ça.

C'était un épuisement profond, qui touchait à l'âme.

Le sentiment de courir un marathon pour s'entendre dire sur la ligne d'arrivée qu'il faut tout recommencer.

Je menais cette bataille depuis des mois.

Les appels tard dans la nuit.

Les prêts « d'urgence » qu'il lui faisait depuis notre compte joint.

La façon dont il parlait de ses difficultés, la voix empreinte d'une chevalerie déplacée qui était une gifle pour moi, la femme qui s'était battue à ses côtés pour sortir des foyers d'accueil.

J'ai marché vers eux, le claquement de mes talons sur le lino rythmant ma colère.

Damien a levé les yeux, et ils se sont écarquillés en me voyant.

Il a instinctivement serré Brittany plus fort contre lui, la protégeant comme si la menace, c'était moi.

« Adeline », a-t-il commencé, la voix basse, suppliante. « Ce n'est pas ce que tu crois. »

Je n'ai pas dit un mot.

J'ai continué à marcher jusqu'à être juste devant lui.

J'ai regardé sa main, posée au creux des reins de Brittany, un geste de réconfort et de possession.

Puis j'ai frappé.

Le son de ma paume heurtant sa joue a claqué comme un coup de feu dans la pièce silencieuse.

C'était net, propre, et absolument satisfaisant.

« Espèce de connard », ai-je sifflé, les mots ayant un goût de poison. « Une descente de police dans un hôtel miteux ? C'est la nouvelle œuvre de charité sur laquelle tu travailles ? »

Il m'a dévisagée, la main sur sa joue qui rougissait, le choc et la culpabilité se livrant bataille dans ses yeux.

Les policiers dans la pièce se sont figés.

Les sanglots de Brittany se sont étranglés.

J'ai levé la main pour le frapper à nouveau, pour effacer cette expression de confusion pathétique de son visage.

Mais cette fois, Brittany a bougé.

Elle s'est jetée en avant, se plaçant entre nous et encaissant ma deuxième gifle.

Elle n'était pas aussi forte que la première, mais suffisante pour faire tourner sa tête sur le côté.

Ses pleurs ont instantanément redoublé d'intensité, se transformant en gémissements bruyants et théâtraux.

« Pourquoi vous le frappez ? » a-t-elle crié, se tenant le visage. « Il essayait juste de m'aider ! »

Elle s'est tournée vers moi, des larmes coulant sur son visage parfaitement maquillé.

« Vous ne savez même pas ce qui s'est passé ! Vous débarquez ici et vous commencez à agresser les gens ! »

J'ai failli rire.

C'était tellement, ridiculement Brittany.

La demoiselle en détresse perpétuelle.

« Dégage de mon chemin », ai-je dit, ma voix dangereusement basse.

Damien m'a attrapé le bras, sa poigne ferme.

« Adeline, arrête ! Calme-toi et laisse-moi t'expliquer ! »

Il m'a repoussée, violemment.

J'ai trébuché, ma cheville s'est tordue, et une douleur aiguë a parcouru ma jambe.

J'ai eu le souffle coupé, me rattrapant contre un mur.

Pendant une fraction de seconde, j'ai vu une lueur de regret dans ses yeux, un éclair de l'homme que je connaissais.

Mais elle a disparu aussi vite qu'elle était apparue.

Brittany a saisi l'occasion, se précipitant à ses côtés, sa voix un gémissement pathétique.

« Damien, je suis tellement désolée. Je t'avais dit que je n'aurais pas dû t'appeler. Je t'ai causé tellement de problèmes. Ta femme... elle doit me détester. »

Ses mots ont jeté de l'huile sur le feu.

J'ai vu l'expression de Damien se durcir, la brève lueur de culpabilité remplacée par un masque froid et protecteur.

« Elle ne comprend pas, Brittany. Ce n'est pas ta faute », a-t-il dit, sa voix apaisante.

Il m'a regardée, ses yeux maintenant remplis de déception.

« Adeline, ta jalousie est hors de contrôle. L'ex de Brittany la harcelait. Il a tout manigancé pour lui attirer des ennuis. J'essayais juste de la sortir d'une situation dangereuse. »

J'avais imaginé une centaine de raisons différentes pour cet appel.

Une affaire qui a mal tourné.

Un accrochage.

J'avais même, dans mes moments les plus sombres, imaginé une autre femme.

Mais jamais, au grand jamais, je n'aurais pensé que ce serait encore elle.

Les disputes, les nuits blanches, le sentiment d'être une étrangère dans mon propre mariage, tout est revenu en force.

Chaque fois qu'il la défendait.

Chaque fois qu'il me faisait passer pour la folle.

« J'en ai marre de tout ça », ai-je dit, le combat s'évanouissant en moi, remplacé par un vide glacial. « Je suis tellement, tellement fatiguée. »

Il m'avait fait une promesse.

La dernière fois, quand j'avais trouvé les reçus d'une chambre d'hôtel et fait mes valises, il avait pleuré.

Il m'avait suppliée.

Il avait juré qu'il couperait tout contact avec elle, que j'étais la seule.

Et comme une idiote, je l'avais cru.

C'était il y a un mois.

L'air dans la pièce semblait épais, il m'étouffait.

Son besoin constant, suffocant, d'être son sauveur était un poids que je ne pouvais plus porter.

Je l'ai regardé, lui, l'homme que j'avais aimé depuis que nous étions des enfants effrayés, blottis l'un contre l'autre dans un foyer, et pour la première fois, je n'ai ressenti qu'un profond sentiment de libération.

« C'est fini, Damien. »

Les mots étaient à peine un murmure, mais ils m'ont semblé être le son le plus fort du monde.

« Je te laisse partir. »

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